À bord du Poudlard Express, Molly avançait lentement dans le couloir étroit du train, son regard vif sautant d'un compartiment à l'autre. La rumeur joyeuse des conversations l'enveloppait, portée par les éclats de rire, les voix qui se croisaient, les portes qui s'ouvraient et se refermaient dans un ballet continu.
Derrière les vitres, elle apercevait des élèves de tous âges : certains riaient à gorge déployée, les bras chargés de Chocogrenouilles et de Patacitrouilles fraîchement achetées ; d'autres, plus âgés, échangeaient comme de vieux amis qui reprennent un dialogue interrompu la veille. Ils avaient cette aisance naturelle de ceux qui connaissaient déjà les règles du jeu, les visages à saluer, les rivalités à entretenir ou à oublier.
Plus discrets, les premières années, tout comme elle, marchaient d'un pas hésitant, le regard incertain, cherchant un compartiment libre où ils pourraient, peut-être, rencontrer leur premier ami de Poudlard.
Mais Molly n'était pas là pour cela.
Elle se souvenait parfaitement des instructions de son grand-père.
S'éloigner, trouver un endroit à l'écart, et surtout être seule.
Alors elle poursuivit sa route, resserrant les doigts sur la poignée de sa valise. La cage de sa chouette grinçait doucement derrière elle, bringuebalant au rythme du train, tandis que son sac rempli de fournitures la cognait par moments à la jambe. Elle s'enfonçait dans les wagons les moins animés, là où les rires s'atténuaient et les voix devenaient des échos étouffés.
Enfin, tout au bout du dernier wagon, elle trouva ce qu'elle cherchait.
Un compartiment oublié, à moitié plongé dans l'ombre. Les coussins des sièges étaient éventrés par endroits, laissant dépasser une mousse fatiguée. La lumière du plafonnier clignotait faiblement, créant une ambiance tremblante, presque irréelle. Une fine couche de poussière recouvrait la vitre, rendant la vue vers l'extérieur floue, délavée, comme si le paysage n'appartenait plus tout à fait au présent.
Mais surtout... il était vide.
Un sourire discret mais satisfait naquit sur les lèvres de Molly.
Sans attendre, elle poussa la porte coulissante, entra et la referma d'un geste décidé. L'air sentait un peu le renfermé, comme une pièce que personne n'aurait ouverte depuis longtemps.
Avant de s'asseoir, elle jeta un dernier coup d'œil dans le couloir.
Personne.
Parfait.
Elle posa son sac, sa valise, et la cage sur la banquette d'en face. Puis, sortant lentement le pendentif que Harry lui avait confié, elle le laissa reposer dans le creux de sa main.
Le sablier brillait doucement, presque impatient.
Elle inspira profondément, et tendit la main vers le collier.
Le collier autour du cou, le cœur battant plus fort qu'elle ne l'aurait voulu, Molly prit une grande inspiration.
Et elle commença à tourner le sablier.
Une fois. Deux fois. Trois.
Le temps, imperceptiblement, sembla se tendre autour d'elle. L'air se densifiait, chaque cliquetis de la rotation paraissait résonner au-delà du réel.
Dix. Vingt. Trente.
Une chaleur étrange naquit au creux de sa poitrine, vite suivie d'un frisson. Comme si chaque rotation l'arrachait un peu plus au présent. Ses doigts picotaient, ses oreilles bourdonnaient, et sa vision se brouillait légèrement, pas de peur, mais de vertige, de déracinement.
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Bon Retour
FanfictionMolly Potter, fille d'Albus Severus Potter et petite-fille du légendaire Harry Potter, avait grandi bercée par les récits des exploits de son grand-père. Depuis son plus jeune âge, elle connaissait son histoire sur le bout des doigts, chaque bataill...
