Premier Cours de Potion

373 28 1
                                        


   Escortée en pleine nuit à travers les couloirs silencieux du château, marchant aux côtés du Directeur de Poudlard en personne, Molly ressentait une impatience grandissante mêlée à une légère appréhension alors qu'ils approchaient de la Salle Commune des Gryffondor. Depuis toujours, elle avait entendu d'innombrables récits sur cet endroit emblématique où son grand-père et ses amis avaient passé tant de moments mémorables, et l'idée d'en franchir enfin le seuil elle-même lui procurait une excitation qu'elle peinait à contenir.

Alors que leurs pas résonnaient faiblement sur le sol de pierre, ils arrivèrent enfin devant un large tableau enchâssé dans le mur, représentant une femme en robe rose aux joues empourprées, légèrement affalée sur son cadre, visiblement au bord du sommeil tant l'heure était avancée. Molly, fascinée par l'ampleur et la présence du portrait, ne put retenir une exclamation émerveillée, un léger « Oh ! » s'échappant de ses lèvres avant qu'elle n'ait eu le temps de s'en empêcher.

Le bruit suffit à tirer la Grosse Dame de son assoupissement, et, dans un sursaut légèrement dramatique, elle se redressa en papillonnant des cils, avant d'afficher un sourire extatique à la vue du Directeur.

— Directeur ! Quelle magnifique surprise ! s'exclama-t-elle d'une voix chantante et perçante qui résonna dans le couloir déserté.

Molly, surprise par la vivacité soudaine du tableau, ne put s'empêcher d'étouffer un léger rire nerveux tandis que Dumbledore, toujours aussi imperturbable et plein de courtoisie, répondit avec une certaine solennité :

— Caput Draconis.

Aussitôt, dans un mouvement fluide et presque théâtral, le tableau pivota sur ses gonds invisibles, révélant une ouverture creusée dans la pierre, menant à un tunnel étroit dont l'entrée était baignée dans une lumière tamisée et chaleureuse.

Dumbledore, posant un regard bienveillant sur Molly, lui adressa un dernier sourire empreint de douceur, avant de lui souhaiter, d'une voix empreinte de cette sérénité rassurante qui lui était propre :

— Fais de beaux rêves, Molly Parkins.

Molly, touchée par cette dernière attention, lui répondit d'un sourire sincère, puis, sans hésiter une seconde de plus, s'engouffra dans le passage secret, sentant son cœur battre plus fort sous l'effet de l'anticipation.

Lorsqu'elle atteignit l'autre côté du tunnel, elle se retrouva face à l'un des endroits les plus fascinants qu'elle ait jamais vus. La Salle Commune des Gryffondor s'étendait devant elle, grande et majestueuse, baignée d'une lumière dorée et apaisante qui contrastait avec l'obscurité du couloir qu'elle venait de quitter. Les murs, recouverts d'épais tapisseries rouges aux motifs complexes, représentaient des créatures fantastiques telles que des lions fiers et imposants, des licornes élégantes entourées d'une verdure luxuriante, et d'autres symboles médiévaux tissés avec un fil d'or qui scintillait doucement sous la lueur du feu. La cheminée monumentale, creusée directement dans la pierre du château, projetait une chaleur agréable dans la pièce, ses flammes dansant et crépitant joyeusement, illuminant le centre de la salle d'une lueur vibrante et réconfortante. À ses côtés, deux grandes statues de lions assis, sculptées avec un réalisme saisissant, montaient la garde, donnant à l'ensemble une impression de noblesse et de sécurité, comme si l'esprit même de Gryffondor imprégnait les lieux.

Molly, submergée par l'atmosphère envoûtante de la pièce, sentit son excitation s'apaiser légèrement, laissant place à une vague de soulagement profond.

Il n'y avait personne.

Elle était seule dans cet espace sacré, protégée des regards curieux, et c'était exactement ce dont elle avait besoin après cette journée bouleversante. Elle n'était pas encore prête à affronter les autres élèves, à répondre aux questions inévitables sur son retard, sur son absence dans la liste officielle des nouveaux inscrits. Elle avait besoin de ce moment, juste quelques instants de répit, pour réaliser pleinement où elle était, ce qui venait de lui arriver, et ce que son avenir, ou plutôt son passé, lui réservait désormais.

Bon Retour Où les histoires vivent. Découvrez maintenant