Rogue et Molly

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Les jours passaient, et la solitude s'infiltrait dans chaque parcelle du quotidien de Molly, s'accrochant à elle comme un manteau trop lourd qu'elle ne pouvait retirer. Depuis sa conversation avec Dumbledore, son esprit était en perpétuelle ébullition, cherchant une faille, un moyen, une excuse, peu importe quoi, pour se rapprocher de Severus sans qu'il ne la repousse une fois de plus.

Elle savait que ce n'était pas qu'une lubie, pas un simple attachement né d'une admiration passagère. C'était lui. Il faisait partie de son histoire, de sa vie, et elle refusait d'être une spectatrice silencieuse de son propre destin.

Elle devait lui parler. Elle devait comprendre.

Ce soir-là, alors qu'elle quittait la bibliothèque, les bras chargés de livres qu'elle n'avait même pas ouverts, errant dans les couloirs du château sans vraiment prêter attention à où elle allait, son regard fut attiré par un mouvement furtif au loin.

Une cape noire, flottant avec grâce et discrétion, disparut à l'angle d'un couloir.

Son cœur rata un battement.

Severus ?

Sans réfléchir, elle accéléra le pas, puis se mit à courir, ses chaussures résonnant contre le sol de pierre. Elle devait le rattraper. Elle ne pouvait pas le laisser partir, pas encore, pas une fois de plus.

Alors, lorsqu'elle l'atteignit enfin, elle ne réfléchit pas.

Elle agissait.

Ses doigts agrippèrent fermement le tissu noir de sa robe et, d'un mouvement brusque, elle le tira vers elle.

Dans sa précipitation, les livres qu'elle portait chutèrent violemment au sol, éparpillant des feuilles volantes autour d'eux.

Elle releva les yeux, retenant un soupir de soulagement en découvrant ce visage qu'elle aurait pu reconnaître entre mille.

Le teint pâle, les cheveux légèrement gras encadrant ses traits marqués, ces yeux d'ébène qui s'élargirent un bref instant sous le choc avant de retrouver leur habituel masque d'impassibilité.

Severus Rogue.

Son Severus.

Un sourire instinctif se dessina sur son visage, une chaleur fugace s'installant dans sa poitrine.

Mais l'expression de Severus se ferma instantanément.

Il redressa les épaules, esquissa un léger mouvement de recul, puis jeta un regard rapide autour d'eux.

Des élèves s'étaient arrêtés, intrigués par la scène.

Il n'aimait pas ça.

— Monsieur, je dois vous parler !

Sa voix trahissait son urgence, sa crainte que tout lui échappe une fois de plus.

Elle sentait ses mains trembler légèrement, pas de peur, mais d'une détermination fiévreuse qu'elle peinait à contenir.

Elle savait qu'elle risquait de tout perdre, qu'il pourrait l'ignorer, lui dire des mots qu'elle ne voulait pas entendre...

Mais elle refusait d'être une lâche.

Pas cette fois.

Severus la fixa, ses traits crispés, la mâchoire serrée, et sa voix, tranchante, fendit l'air comme une lame :

— Mademoiselle Parkins, lâchez immédiatement ma robe.

— Pas tant que vous ne répondez pas à mes questions !

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