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                                    Avant que les premières feuilles d'automne ne commencent à tapisser les sentiers de la campagne anglaise, Molly prit une décision audacieuse. Depuis des semaines, elle vivait repliée dans l'ombre, cachée dans le manoir sécurisé d'un ancien Directeur de Poudlard, suivant de loin l'évolution des ténèbres qui s'abattaient sur le monde sorcier. Mais aujourd'hui, elle savait qu'elle devait quitter temporairement son sanctuaire, ne serait-ce que pour s'assurer que les Weasley allaient bien, qu'Arthur, Fred et George s'étaient remis des événements de la dernière bataille, et surtout, pour obtenir des nouvelles de l'Ordre.

Prenant toutes ses précautions, elle laissa son Passeur de Temps bien caché dans sa valise, un choix qu'elle fit avec prudence, car elle ne voulait prendre aucun risque. Fumseck, fidèle à son rôle de gardien, resta dans le manoir, déployant ses ailes dorées dans la vaste demeure, veillant à ce qu'aucune menace ne s'en approche.

Puis, en un battement de cœur, elle disparut dans un éclair, transplanant directement devant le Terrier, la maison bringuebalante des Weasley, lieu chaleureux où tant de rires et de souvenirs avaient pris racine. À peine eut-elle posé le pied sur la terre humide que, comme par enchantement, Molly Weasley surgit du seuil de la porte, son visage éclairé d'un immense sourire, révélant un mélange de soulagement et de joie sincère.

— Ma petite Molly ! Viens dans mes bras ! s'exclama-t-elle en ouvrant les bras avec tendresse, une émotion palpable dans sa voix. Arthur m'a tout raconté ! Oh, merci Molly ! Merci !

Avant même qu'elle ne puisse répondre, elle se retrouva enveloppée dans l'étreinte chaleureuse de la mère de Ron, une étreinte qui sentait la sécurité et l'amour maternel, une étreinte qui lui rappela soudainement sa propre mère, Élise, qu'elle n'avait pas vue depuis si longtemps. Les larmes lui montèrent aux yeux, mais elle les ravala avec dignité, savourant ce moment de réconfort si rare dans ces temps troublés.

Un bruit de pas précipités retentit derrière elles, et Arthur Weasley, l'air à la fois surpris et ravi, apparut à son tour, un large sourire illuminant ses traits fatigués.

— Molly ?! Je suis tellement heureux de te voir !
— Bonjour, Monsieur, répondit-elle, esquissant un fin sourire poli, bien que son cœur se serrait légèrement à l'idée de mentir sur sa véritable identité.
— Pas de "Monsieur" entre nous, voyons ! s'exclama-t-il avec chaleur, sa voix trahissant l'inquiétude qu'il avait portée ces derniers jours. Tu nous as sauvé la vie et j'étais si inquiet après toute cette pagaille...
— Je vais bien, assura Molly d'un ton doux, bien que son regard trahissait les épreuves qu'elle avait traversées. J'ai réussi à m'enfuir et je n'ai aucune blessure.

Molly Weasley attrapa son bras avec douceur, l'invitant à entrer dans la maison sans plus attendre, son sourire ne quittant pas ses lèvres.

— Viens, ma petite. Fred sera ravi de te voir lui aussi !

Alors qu'elles traversaient le jardin en direction de la porte, Molly ne put s'empêcher de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

— Et George... comment va-t-il ?

Un soupir mélangé d'exaspération et de soulagement échappa à la mère de famille alors qu'elle levait les yeux au ciel.

— Oh, il va mieux, Merlin soit loué ! répondit-elle, la voix pleine de soulagement, bien que son regard laissait entrevoir l'inquiétude d'une mère qui ne cessera jamais d'avoir peur pour ses enfants. Il continue à faire des farces avec Fred... alors j'imagine que son état n'est pas si grave, n'est-ce pas ?

Molly ne put s'empêcher de sourire légèrement, reconnaissant l'âme farceuse des jumeaux, même dans les pires moments.

                                      Dès qu'elles passèrent le seuil du Terrier, Molly Weasley appela ses fils d'une voix autoritaire, leur ordonnant de descendre immédiatement. Quelques instants plus tard, Fred et George apparurent dans l'encadrement de la porte, l'un portant un air d'incrédulité soulagée, l'autre arborant un sourire joueur malgré la fatigue évidente. Ce fut Fred qui brisa le silence en premier, s'avançant vers elle avec un soupir de soulagement.

Bon Retour Où les histoires vivent. Découvrez maintenant