Le retour vers le Labyrinthe se fit dans un silence de mort, pesant et oppressant, où chaque pas résonnait comme une lourde sentence sur la terre encore imprégnée des cris et des larmes. Molly et Severus marchaient côte à côte, sans un mot, sans même se toucher, mais elle sentait sa présence comme un ancrage, une ombre protectrice, une barrière fragile entre elle et l'horreur qui venait de se dérouler sous ses yeux. Les hurlements déchiraient encore la nuit, des silhouettes s'agitaient dans tous les sens, et l'air était chargé d'une tension insoutenable, comme si le monde venait de basculer dans une nouvelle ère, une ère où plus rien ne serait jamais comme avant.
C'est alors qu'une silhouette surgit devant eux, la robe flottant sous l'effet de sa course précipitée.
— Severus !
Le professeur McGonagall, le visage décomposé, s'arrêta à quelques mètres d'eux, sa respiration courte et saccadée. Ses mains tremblaient, et dans ses yeux d'ordinaire si fermes et résolus, brillait une détresse profonde, une douleur muette qui en disait bien plus que n'importe quel mot.
— Cédric Diggory est mort... souffla-t-elle, sa voix se brisant sous le poids du chagrin.
Le souffle de Molly se coupa brusquement, tandis qu'à ses côtés, Severus s'immobilisait comme figé par un sortilège. Elle sentit, plutôt qu'elle ne vit, l'onde de choc qui le traversa tout entier, ses poings se crispant imperceptiblement.
Un silence lourd s'abattit, oppressant, presque irréel.
— Maugrey Fol Œil... Ce n'était pas lui... C'était Barty Croupton Junior... Il a manipulé le Tournoi... Il a envoyé Harry droit vers...
Minerva s'interrompit, sa gorge se serrant sous l'émotion.
Severus cligna des yeux lentement, son visage d'ordinaire impassible se tordant sous une rage contenue, une colère froide et brûlante à la fois, une incompréhension féroce qui peinait à se frayer un chemin entre les multiples pensées qui s'entrechoquaient dans son esprit. Et sans un regard en arrière, sans une parole pour Molly, il se détourna d'elle, suivant McGonagall à grandes enjambées vers le château, ses pas martelant le sol avec une urgence qu'elle ne lui avait jamais connue.
Elle n'essaya même pas de le suivre.
Restée seule au milieu du tumulte, Molly sentait son esprit se brouiller, sa vision vaciller, et sa gorge se nouer sous un trop-plein d'émotions qu'elle ne pouvait plus contenir. Elle fit quelques pas incertains, s'éloignant de la foule en deuil, de l'horreur du moment, de cette réalité qu'elle aurait tant voulu changer. Ses jambes la guidèrent presque d'elles-mêmes jusqu'aux jardins, là où, seule avec elle-même, elle pourrait laisser exploser le chagrin qui l'étouffait depuis des semaines.
Elle s'assit sur un banc en pierre, le regard perdu dans l'obscurité, les épaules lourdes, les membres tremblants. Et enfin, elle laissa ses larmes couler, libres, incontrôlables, traçant de longues sillons brûlants sur ses joues glacées par la nuit.
Elle pleura pour Cédric, pour ce garçon au sourire éclatant, à l'innocence brisée, à l'avenir réduit en cendres par un monstre revenu des enfers.
Elle pleura pour Harry, seul face à l'indicible, portant sur ses épaules le fardeau d'un monde aveugle, accusé à tort par ceux qui refusaient d'admettre la vérité.
Elle pleura pour Severus, cet homme condamné à l'ombre, obligé d'enfiler un masque qu'il détestait, de jouer un rôle qu'il exécrait, marchant sur un fil entre deux mondes, risquant chaque jour un peu plus sa vie pour des gens qui ne le comprendront jamais.
Et enfin, elle pleura pour elle-même, pour ce futur lointain qui lui semblait désormais si irréel, si inaccessible, pour sa famille qu'elle ne reverrait peut-être jamais, pour cette mission qui lui échappait de plus en plus, comme le sable fin entre ses doigts.
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Bon Retour
أدب الهواةMolly Potter, fille d'Albus Severus Potter et petite-fille du légendaire Harry Potter, avait grandi bercée par les récits des exploits de son grand-père. Depuis son plus jeune âge, elle connaissait son histoire sur le bout des doigts, chaque bataill...
