Chapitre 13 : Ricochet

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Lorsque ma voix s'éleva, il était déjà trop tard. J'entendis un bruit d'os brisé à l'instant même où le poing de Priam entra en collision avec le nez de Ben. Son autre main le tenait par le col comme s'il pesait un poids plume.

Je tentai de me relever mais mes jambes ne répondaient pas. Tous mes membres ne faisaient que trembler, encore conscients de ce que Ben avait essayé de me faire.

J'étais en état de choc.

Mes yeux observèrent son corps basculer en arrière et se faire épingler au mur. Mon cri alerta une foule de curieux, aussi sûrement interpelée par l'entrée fracassante du boxeur dans les toilettes. Je vis plusieurs hommes entrer à sa suite, prostrés derrière moi. Ils sifflaient  et commentaient, croyant certainement qu'il s'agissait d'une petite bagarre entre deux gars bourrés. Néanmoins, plus je regardai le corps arqué du boxeur, ses muscles gonflés d'adrénaline et surtout - surtout - son regard où brûlaient des flammes monstrueuses, plus j'avais la méchante impression que tout cela risquait de très mal finir.

Prise d'un élan de panique, je réussis à me mettre debout. Je pus mieux voir la scène une fois sur mes deux jambes. Le visage tuméfié de Ben ne ressemblait plus qu'à un amas de bleus et de sang ruisselant, mais derrière toute cette violence, je le vis à nouveau esquisser un sourire suffisant.

— T'as raté ta chance, sale taré, siffla-t-il en le fixant avec un air de défi dans les yeux. 

—  Elle est à moi ! éructa Priam. À moi !

Ma main atterrit sur son épaule. À peine le frôlai-je que son regard de démon me fusilla. Ce regard était terrifiant. Il me donnait l'impression d'être son plus grand ennemi, et je reculai sans même m'en rendre compte. Je sus à cet instant ce que ça faisait d'être haïe au plus profond de l'être d'un autre homme.

— Reste là où tu es, Belle.

Sa voix s'était transformée en un murmure rauque, plein de souffrance, de peur et de colère.

— Non, arrête. Ca ne résoudra rien.

— Il t'a touché sans ton consentement, répondit-il d'un ton glaçant alors que sa main gauche tenait toujours Ben comme une poupée de chiffon.

— Ça n'a plus d'importance. Sortons d'ici, s'il te plait.

J'affichai un regard suppliant, pensant qu'il serait touché par ma proposition. Ses émotions semblaient sur le point de faire un feu d'artifices. Tout était en train d'éclater, sa perception des choses se voyait complètement altérée. Mais qu'est-ce que je croyais ? Sa phase d'euphorie le transformait en bombe à retardement. J'avais cru que tout se passerait parfaitement bien ce soir, mais il avait suffi que Ben jette l'étincelle pour que tout explose.

— Laissez-moi passer ! Laissez-moi passer, je vous dis, bordel ! Mes amis sont coincés là !

La tête brune d'Eden apparut et mon sang se glaça. Quand elle nous vit, elle se figea sur place et nous regarda à tour de rôle ; moi, déconfite et encore sous le choc, Priam, le regard fou et les poings en sang et Ben, couvert de sang et de vomi, le regard vitreux et béat. Interdite, elle comprit. J'en fus convaincue à l'instant où des larmes lui montèrent aux yeux.

Je ne savais plus où donner de la tête. Priam refusait de m'écouter. Il s'était de nouveau concentré sur Ben et de la fumée semblait s'échapper de ses narines.

— Si tu la retouches encore une fois, je te tue, gronda-t-il d'une voix si grave qu'elle m'en donna des frissons de terreur.

— Tu crois que tu me fais peur ?

K.O 2 || RUPTUREDes histoires addictives. Découvrez maintenant