Je déglutis sans savoir quoi dire. Le revoir me faisait l'effet d'une gifle. Pourquoi était-il là ?
Ma main se posa lentement sur mon coeur qui battait tellement fort que j'en avais mal à la poitrine. J'avais presque oublié la puissance et l'autorité de sa beauté singulière. Elle me donnait envie de reculer et de soustraire mon regard au sien. C'était un regard dominant qui vous percez à vif. Il y avait quelque chose de cinglant à l'intérieur, comme s'il était en colère, voire furieux contre une chose trop fugace pour être saisie.
— Belle...
Sa voix me ramena sur Terre. Je secouai indistinctement la tête en m'empressant de refermer la porte. Si j'écoutais réellement mon cœur, je le laisserais parler, car, il devait bien avoir des choses à dire pour être venu jusqu'ici, non ? Mais, évidemment, s'il le faisait, je serais trop faible pour tenir le choc... pour résister. Mon bouclier se trouvait déjà fissuré depuis hier soir. Je ne pouvais pas laisser une telle chose se produire.
Il avait épuisé ses chances.
Cependant, au moment de fermer la porte, une résistance se manifesta. Je baissai le regard vers le bout de sa chaussure qui dépassait et m'empêchait de verrouiller la serrure. Nouvelle déglutition. Ses doigts se plièrent sur l'embrasure et malgré toute ma force, il repoussa la porte comme si de rien n'était.
— Laisse-moi te parler, Belle. Je t'en pris.
Il finit d'accomplir son geste, claquant la porte d'entrée contre le mur dans un bruit tonitruant. Je sursautai sans pouvoir m'empêcher de serrer les poings d'affliction.
— J-J'aimerais que tu partes, bégayai-je. S'il te plaît.
Il fit un pas dans ma direction en secouant la tête. Ses yeux ne quittaient pas les miens, affreusement immobiles et intenses tandis que la pièce semblait rétrécir. Mes jambes se resserrèrent instinctivement ; on aurait dit un prédateur prêt à bondir.
— Est-ce que... Est-ce que les fleurs t'ont plu ?
— Je ne veux pas en parler.
— Elles représentent tout le temps pendant lequel j'ai pensé à toi. (Ses yeux vagabondèrent sur les dizaines de bouquets qui foisonnaient dans le salon.) Je voulais que tu penses à moi comme je le faisais pour toi.
— C'est égoïste ce que tu as fait.
De nouveau il avança. Le bout de ses pieds frôlèrent un court instant les miens mais, avant que son corps chaud s'entrechoquât avec le mien, je reculai d'un pas.
— Égoïste ? Pourquoi ? murmura-t-il. Je n'ai pas le droit de te montrer combien tu me manques ?
— Tu ne comprends pas.
Il attrapa soudain mes mains et m'attira à lui. Je faillis trébucher en criant, puis son odeur m'embauma de partout. Elle me paralysa dans une sorte de faiblesse contre laquelle il était impossible de lutter. Tout mon corps se mit à trembler. C'était soudainement le chaos. Sa voix résonnait dans mon crâne, me martelant insensiblement. Ses doigts me frôlaient, mais il ignorait son pouvoir et l'emprise qu'il avait sur moi. J'étais une prisonnière qui ne savait plus distinguer consentement ou viol. Je ne savais plus si j'aimais ou détestais la force qu'il usait pour me maintenir près de lui. Je ne savais plus rien, et j'avais mal de vouloir que ce moment ne s'arrête jamais. Je me haïssais.
— Explique-moi alors si je ne comprends pas, dit-il. Explique-moi ce que je dois faire pour que tu acceptes de me redonner une chance.
Je fermai les paupières, luttant, luttant encore et encore contre le désir de le serrer dans mes bras.
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K.O 2 || RUPTURE
Romance« Trop beau pour être vrai » Belle n'avait jamais nourri autant de convictions dans ces quelques mots après avoir quitté le stade de Lancaster. Alors que les révélations viennent d'éclater et que de profonds espoirs sont partis en fumée le temps d...
