Quand je revins jusqu'au café où Eden m'attendait, j'étais nerveuse et encore bouleversée. Je ne savais plus ce que je ressentais, mes idées s'étaient embrouillées au point où tout ce qui m'entourait n'avait plus d'importance à mes yeux, sauf deux billes vert émeraude que j'aurais rêvé de revoir en chair et en os.
Il y a deux heures à peine, j'étais encore en train de panser une plaie à vif et voilà que maintenant, j'aurais tout donner pour la rouvrir si un proxénète dangereux ne me recherchait pas.
Je ne savais plus quoi penser, plus quoi faire. Je ne savais plus rien du tout, surtout quand j'osais regarder le billet du match entre mes mains. Il me criait « Viens ! Viens me voir ! » et là, c'était encore plus le fouillis dans mon esprit.
Heureusement, pour l'heure, Gabriel m'avait offert à penser lors de cet interlude. Quand je me plantai face à ma colocataire qui surfait sur les réseaux, j'avais déjà réfléchi à ce que j'allais dire.
— Priam m'a-t-il envoyé des fleurs cette semaine ?
Aussitôt, les joues de Eden rougirent. Elle leva la tête vers moi, mais baissa son regard aussitôt le mien rencontré.
— Des fleurs ?
— Eden. S'il te plaît.
Ma voix tremblait. Je ne sus si c'était de colère, de tristesse ou simplement de culpabilité à l'égard de Priam qui avait dû être dévasté en les voyant revenir.
— On voulait bien faire, lâcha-t-elle d'un coup en me regardant cette fois-ci sans ciller. Il t'avait fait souffrir...
— Ce n'était pas à vous de prendre cette décision.
— Mais tu étais si altérée par toute cette histoire ! s'écria-t-elle en se levant de sa chaise. On avait peur que cela puisse te faire encore plus de mal.
Mes poings se serrèrent et je dus me faire violence pour contenir en simples pensées ce que m'inspiraient ses excuses. En l'espace de quelques secondes, j'étais bouillante de haine et je compris seulement maintenant que la haine était devenue mon principal moteur après ma rupture. Ce n'était pas la première fois que je parlais si durement. Je me sentais même capable d'actes que j'aurais répudiés un peu plus tôt. Qu'étais-je devenue ? Qu'est-ce qui avait dysfonctionné à ce point ?
Je flambai comme si une bombe avait explosé dans mon système, et au fond de moi, je savais que je n'aimerais pas les répercussions de ces élans de colère. Alors, promptement, je fis volte face et commençai à m'éloigner.
— S'il te plaît, Belle ! Ne m'en veux pas, cria-t-elle dans mon dos. C'était pour ton bien.
Je me retournai brutalement.
— Tu sais combien je déteste qu'on prenne des décisions à ma place.
Parce qu'on l'avait trop souvent fait, voulus-je vociférer. Parce qu'on m'avait trop imposé des choix qui n'étaient pas les miens et qui m'avaient blessé au-delà d'un simple bouquet de fleurs.
Des choses qui m'avaient détruite.
— Où vas-tu ? demanda Eden en me poursuivant à grandes enjambées.
— Je rentre à la maison. Avec un peu de chance, Ben sera là. J'ai besoin d'explications.
Désormais à mon niveau, je la vis grimacer.
— Tu sais qu'il n'a jamais voulu te faire de mal.
— Je sais. (J'avais ralenti alors que l'adrénaline s'était atténuée). Je verrai avec lui.
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K.O 2 || RUPTURE
Romantiek« Trop beau pour être vrai » Belle n'avait jamais nourri autant de convictions dans ces quelques mots après avoir quitté le stade de Lancaster. Alors que les révélations viennent d'éclater et que de profonds espoirs sont partis en fumée le temps d...
