Chapitre 9 : Contrecoup

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Quand je sortis de l'enceinte du stade, il faisait toujours nuit. Le trafic s'était ralenti, les rues étaient un peu plus vides, calmes, mais loin d'inspirer leur sérénité ordinaire... L'air frais qui battait mon visage ne m'apporta qu'un léger réconfort au moment de descendre les quelques marches menant à l'artère principale sur laquelle débouchait le stade. 

Doggson m'avait interrogée après avoir réquisitionné une loge dans les coulisses, nous servant de salle d'interrogatoire sur-mesure. Je dus revivre au détail près ce qu'il s'était produit sur le toit, expliquer mot pour mot chaque chose dite, chaque menace, chaque mauvais présage. Je l'avais minutieusement informé de l'état d'esprit de Clyde, des flammes qui avaient brûlé dans ses yeux lorsqu'il m'avait raconté le calvaire insensé qu'il avait traversé en prison, puis le moment où il avait appris mon évasion. J'avais également appuyé sur son désir de vengeance et l'allusion à Aria. Bien sûr, l'inspecteur avait confirmé mes doutes : Aria était en danger, mais les informations manquaient encore pour émettre de réelles hypothèses. 

Conclusion : le plan avait échoué. Les forces de l'ordre, ayant été prises de cours, n'avaient pu arrêter Clyde, qui, encore une fois, possédait une longueur d'avance. Comme toujours. Nous apprîmes plus tard que ses hommes de main se cachaient aussi dans le stade et ne m'avaient pas quitté du regard. Cela avait donc permis à Clyde de me retrouver facilement. Bien sûr, si j'étais restée à ma place, tout se serait passé comme prévu... Cependant, Doggson aurait dû prévoir mon incapacité à me confronter à mon traumatisme, il aurait dû prévoir un plan de secours, n'importe quoi, tant que je restais surveillée. La faille se trouvait là. 

Le seul point positif était que la police possédait désormais un motif suffisant pour se remettre à sa poursuite. Il n'avait pas respecté les mesures de protection à mon égard, autrement dit, pas le droit de s'approcher de moi... Le FBI le poursuivrait, mais serait-ce suffisant pour l'arrêter à temps ? 

— Belle ! Par ici. 

Je vis Ben garé près du trottoir en face. Son corps étriqué dans un trench coat bleu marine qui lui seyait parfaitement était accoudé contre sa portière. Il me fit signe d'un main tremblante de froid. Son regard était anxieux, fatigué – peut-être aussi éreinté que le mien. 

— Je t'avais dit de ne pas m'attendre, dis-je en arrivant à son niveau. Il est tard. 

— Et alors ? rétorqua-t-il en haussant un sourcil, autoritaire. Tu crois sincèrement que j'aurais pu te laisser rentrer seule après ce bordel ? 

J'allais ouvrir la bouche pour répondre, mais sa gorge émit un bruit de déglutition angoissé en fermant les yeux, les traits contractés, la bouche grimaçante. 

— Kate nous a avertis, Eden et moi. Tu peux me dire ce qu'il se passe ? 

Ses yeux se mirent à briller. J'entrouvris la bouche en sentant mon cœur bondir. 

— Un mec t'a vraiment attaqué ? balbutia-t-il alors. 

—  Ben... 

—  Tu le connais ? Qui est-ce ?

Un silence, puis :

— Putain, pourquoi toi ? 

Ses mains voyagèrent jusqu'à ses cheveux, les relevant frénétiquement en arrière. Il se redressa, commença à faire les cents pas devant moi d'un démarche machinale, paumée, sans but. Il avait l'air dépassé. 

— Écoute, je..., (ma gorge se resserra.) C'est compliqué. Ce qu'il s'est passé... 

—  Non, putain, non ! Plus de mensonges, Belle. J'en peux plus de tous ces secrets. Et s'il t'arrivait vraiment quelque chose ? Et si je te perdais ? 

K.O 2 || RUPTUREDes histoires addictives. Découvrez maintenant