Chapitre 25 : Diversion

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— B-Belle...

Priam hoqueta.

Ses yeux me fixèrent, sidérés avant de regarder vers l'estrade, là où je n'étais plus. Puis ils arpentèrent mon corps marqué par les bleus et les traces de griffure, s'arrêtèrent sur mes poignets attachés. Son corps émit un grave soubresaut, ses lèvres se mirent à trembler à leur tour alors que le sang commençait déjà à sécher le long de son menton. Il n'était pas en forme. Évidemment. La drogue faisait son effet, pourtant, je le sentais plus conscient que jamais de la situation.

— C-Comment..., souffla-t-il. Non, non, non.

Aussi rapide qu'un lynx, il s'approcha de moi et tira sur mes liens pour les défaire.

— Je vais te sortir de là, je te l'ai promis.

Ce fut à mon tour de sentir ma bouche trembler.

— Ho les amoureux, s'exclama alors Clyde. Vous avez enfin la chance de partir ensemble, qu'attendez-vous ?

Son sourire malsain inonda mon champ de vision. Il savait. Il savait que Priam ne me tuerait jamais, ce qui lui garantissait de me récupérer. Depuis le début, il n'avait jamais été question de nous laisser repartir sains et saufs. Jamais je ne partirai. Priam serait humilié et torturé, puis une fin atroce lui serait réservée, comme tous ceux qui osaient défier le grand patron de Floride.

Mon boxeur continua de tirer sur mes liens, les yeux fous. Il finit par réussir à me libérer. Une douleur se propagea lorsque la pression disparut sur ma peau et que le sang reflua dans mes doigts.

— Belle, il faut que tu te lèves, me dit-il.

Il me tira vers lui dans la précipitation, mais je n'avais plus la force de rien. Voyant que je ne réagissais pas, il se stoppa et me tourner vers lui.

— Belle ?

Sa voix tressauta. Son souffle était erratique. Il combattait la drogue qui circulait dans son corps.

— Belle, regarde-moi. Regarde-moi, bordel !

J'obtempérai, mais dès que je croisai son regard émeraude, les larmes inondèrent aussitôt mes joues. Et je craquai. Je laissai tous les morceaux de mon coeur tombaient en vrac dans ma poitrine, et je lui dévoilai à quel point Clyde m'avait détruite pendant ma captivité. Priam remarqua mes larmes, et son regard s'embua de désespoir.

— C'est trop tard, Priam.

— Bien sûr que non. On va trouver un moyen.

— Il n'y a pas de moyen. C'est un piège, hoquetai-je.

Il me toucha les bras, puis les épaules, comme pour vérifier que j'étais bien vivante. Ses doigts me palpèrent précipitamment. Il observa encore les estrades et contempla le chapiteau qui oscillait au gré du vent.

— Je ne peux pas te laisser ici, Belle. Putain, c'est un malade... Regarde ce qu'il t'a déjà fait.

— Il n'y a rien que tu puisses faire, sanglotai-je. Tu as déjà fait tellement.

— Mais je t'aime.

Il dit cela comme si cela arrangerait tout et un sourire contrit, rempli de douleur, naquit sur mes lèvres. Je caressai sa joue marbrée.

— Moi aussi. (Ma gorge se ressert comme un étau.) Mais c'est fini, Priam. Il ne te laissera jamais me sortir d'ici. Tu le sais.

— Comment... Comment ai-je pu croire un seul instant qu'il serait honnête ? (Son souffle chaud caressait mon visage, le désespoir baignait dans ses larmes de rage.) La partie n'est pas terminée, ma Belle.

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