Chapitre 12

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Je retourne m'allonger en prenant soin de lui laisser la plus grosse majorité du lit pour ne pas avoir à subir le moindre contact.

- Alors c'est comme ça ? Je ne me tourne même pas dans sa direction. Sam doit certainement remarquer que je ne compte pas lui répondre car il poursuit. On en est revenu aux noms de famille ? Cette fois, si je prends le soin de le regarder, il se fou de moi ?

- Tu m'as traité de monstre. Tu veux que je t'appelle comment peut-être ? Mon super ami qui s'occupe super bien de moi ? Je te signale que ces derniers mois tu n'as fait que merder. Tu es un ami de merde !

Je le vois ouvrir la bouche avant de la refermer comme un idiot, je me décide à poursuivre.

- Tu as disparu comme un fantôme du jour au lendemain, tu n'as même pas cherché à m'épauler pendant mon deuil, tu ne m'as jamais demandé comment j'allai. Alors oui, tu es un ami de merde Sam.

J'ai l'impression d'être allé trop loin, pourtant je ne regrette pas d'avoir été honnête avec lui. Il sait désormais ce que j'ai pensé de son comportement ces derniers temps et c'est bien mieux ainsi, je me sens comme libérer d'un poids. Je n'attends pas de réponse de sa part et retourne me coucher. Je n'ai qu'une envie : dormir. Et peut-être que c'est mieux ainsi, cela m'évitera une nouvelle dispute avec Sam mais aussi de pouvoir me reposer quelques heures.

Ce n'est qu'une fois que je suis confortablement installé sous les draps, que j'entends Sam se déplacer dans la petite pièce. D'abord d'un pas hésitant, puis finalement convaincu il vient prendre place à mes côtés. Je sens le matelas s'affaisser dans mon dos, toutefois je suis bien trop épuisé pour faire ne serait-ce qu'un maigre geste envers Sam. Je décide donc de lui tourner fermement le dos.

Le sommeil s'impose finalement à moi, et je le laisse prendre possession de mon corps.
La première chose dont je prends conscience lorsque j'ouvre les yeux, c'est le corps de Sam collé derrière moi. Son bras est roulé autour de ma taille, et sa tête repose contre mon épaule. Je m'apprête à le repousser sans la moindre délicatesse lorsque que je l'entends marmonner de façon incompréhensible.

- Pardon ? Il répète cette fois-ci d'un ton plus serin :

- Désolé, pour tout à l'heure.
- Ok.

Je repousse son bras cette fois-ci, heureusement pour moi, il comprend le message et s'éloigne. Il reste muet un certain temps, durant lequel j'espère secrètement qu'il lâchera l'affaire.

- Non ce n'est pas ''ok''. Je t'ai dit des trucs, et je n'aurai jamais dû. Je suis fatigué et je comprends que tu peux tenir à ce bouclier mais ce n'est pas mon cas. Je crois qu'il pleure parce que je l'entends renifler, pourtant je n'ose pas me retourner. Je le laisse donc poursuivre sans jamais l'interrompre. Je ne serais certainement jamais capable de le porter, je ne suis pas Steve, je n'ai pas son courage et encore moins sa couleur de peau. Je suis noir, et si un jour j'ose représenter Captain America je n'imagine pas ce qu'oseront me faire subir les racistes.

Je reste silencieux un long moment, j'essaye d'intégrer tant bien que mal tout ce qu'il vient de m'avouer. Je ne souhaite pas le pardonner, du moins pas maintenant. Ma douleur est encore trop imposante pour réussir à faire une croix sur les insultes de Wilson. Je ne dis rien, je n'ose pas dire quelque chose. Encore moins quand je Sam sens se blottir de nouveau contre mon dos. Je le laisse faire, vaincu. Je ferme de nouveau mes yeux et sombre dans un sommeil profond.

18H48 (en raison du décalage horaire)

Des coups retentissent contre la porte, me forçant à sortir de mon sommeil. Je prends quelques secondes pour ouvrir les yeux. La place qu'occupait Sam est vide et froide, signifiant qu'il est parti depuis un certain temps. J'ai l'impression d'avoir eu à la fois une bonne nuit de sommeil et une pauvre sieste à peine reposante.
Lorsque je me décide enfin à quitter la petite chambre, je tombe sur Zemo assis dans un des fauteuils de l'avion, une coupe de champagne à la main.

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