Chapitre 13

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Dehors, il fait déjà nuit, la soirée risque d'être terrible, la chaleur n'arrangera certainement rien. Le vent, qui se fait rare dans les parages, me caresse délicatement le visage, apportant un peu de fraîcheur à ce début de crépuscule.

Cependant, si on omet cette chaleur pesante combinée avec cette humidité qui n'arrange rien, le lieu est magnifique. Surtout dans l'obscurité dans laquelle il est plongé en ce moment. Au loin de grands buildings s'élèvent dans le ciel, la plupart sont encore allumés, créant de magnifiques ondes de lumières sur la ville.

Les petites ruelles qui s'agglutinent à l'entrée de Madripoor sont colorées d'une multitude de lampes lumineuses, reflétant sur leurs murs voisins. Malgré l'heure, les passants sont nombreux, ce qui donne une belle forme de vie à un lieu avec une réputation comme celle-ci.

L'endroit où l'on doit se rendre est situé dans ce qu'on nomme ici : la Ville Basse. Et bien évidemment, il faut que ce soit l'endroit le moins recommandable de Madripoor. Un lieu remplit de criminels dont leurs têtes sont mises à prix, un lieu remplit d'histoires sombres et terrifiantes dont la plupart préfèrent ignorer leurs existences.


Un taxi nous attend à la sortie de l'aéroport, Zemo se place à l'avant comme à son habitude. Tandis qu'il laisse l'arrière à Wilson et moi, ce qui ne m'arrange pas. J'aurais à la limite préféré aller dans le coffre de la voiture, au moins je n'aurais pas été obligé de subir les regards bien que furtifs mais insistants de Sam.
Je tente malgré moi de ne pas songer à ma relation avec Sam, à notre dispute précédente pour me concentrer pleinement sur ce qui va nous arriver ce soir durant cette mission.

Mais rien n'y fait mon cerveau continu de me remémorer les derniers événements de ma vie qui ont été causés par lui. Le fait qu'il soit parti pendant trois mois sans me donner la moindre explication, la moindre preuve qu'il était toujours en vie.

En retour, je ne l'ai jamais insulté, je ne lui ai jamais fait regretter son choix, je ne l'ai jamais traité de monstre pour m'avoir laissé tomber de la sorte.
J'avais besoin de Sam et son rire stupide, de Sam et son sourire tout aussi ringard, de Sam et ses blagues nulles, de Sam au complet, de lui. Et non d'un fantôme. Et le voilà qu'un beau matin, il débarque dans ma vie, pour une autre de ses erreurs commises. Il se permet de juger mon passé, de me traiter de monstre, de souligner que Steve ne m'avait pas fait confiance et que c'était pour cela que je n'avais pas reçu le bouclier, ce jour-là. Le jour de la catastrophe. Ma catastrophe. Le jour qui a mené à la perte de Steve. J'aurais pu l'en empêcher, tout empêcher, le convaincre de revenir, de lui donner des raisons de revenir, j'aurais pu-

- Buck ! Mon nom me fait sursauter, me permettant de m'extirper de mes pensées.


Je regarde autour de moi, analysant rapidement la situation. Le taxi est à l'arrêt dans une ruelle assez calme, ce qui signifie certainement qu'on est arrivés à destination, je ne pourrais dire depuis combien de temps c'est le cas. Sam est accroupi à ma hauteur, à l'extérieur de la voiture. Une de ses mains est sur mon épaule, tandis que sa seconde est sur une de mes joues.


- Putain ! Mec, tu m'as foutu une de ses trouilles !

Vu la panique de Sam, j'imagine que je me suis figé, et que je ne répondais plus de rien trop perdu dans mes pensées, c'est une chose qui m'arrive souvent ces derniers temps.

J'aurais dû en parler avec mon ancienne psychologue avant que Walker ne se décide à arrêter mes séances, elle aurait peut-être trouvé des exercices à appliquer pour réussir à ne pas rester focaliser ainsi dans mes pensées.


Je m'extirpe de la voiture, la chaleur me frappe le visage. Il me faut quelques secondes de répit, sinon je sens que je risque de m'écrouler au sol. Mes joues, pour mon plus grand soulagement, ne sont pas humides. Ce qui est une bonne chose, je n'ai pas pleuré devant Sam ni même Zemo.
Je cherche du regard ce dernier, et l'aperçois de l'autre côté de la route. Il donne l'impression d'attendre, son air pour une fois n'a rien de moqueur ni de narquois. Je vérifie que Sam me suit avant de rejoindre le criminel.

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