Chapitre 45

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Sa requête me surprend, je me fige sur le pas de la porte. Mon cerveau me joue un tour ou j'ai atterri dans un univers parallèle ? Soudainement, les deux possibilités ne me paraissent pas si impossibles. Je me tourne, dans l'espoir de pouvoir étudier Sam et de comprendre ce qu'il se passe dans sa tête. Après toute la comédie qu'il vient de me jouer, toutes les accusations qu'il m'a faites, il me demande de rester ? C'est étrange.

Sauf, qu'il est obstiné à contempler un point fixe au sol, ignorant délibérément mon regard.

- Pardon ? Je demande, ma voix tremble de manière incertaine. Sam lève le regard et croise le mien. Une décharge électrique s'empare de mes veines, mon cœur s'accélère si vite qu'il m'est impossible d'en contrôler les battements. Foutu réaction humaine.

- Je ne vais pas me répéter, tu m'as très bien entendu.

Son ton froid me ramène sur terre à la vitesse éclair. Qu'est-ce que je croyais sérieusement ? Qu'il allait devenir sympathique en l'espace de quelques secondes grâce à un discours bancal ? Non bien évidemment, c'est Sam, il ne changera pas si l'idée c'est installé en lui. Il me déteste désormais, il faut que je garde ça à l'esprit.

Qui lui a demandé d'être aussi sympathique envers moi ? Sarah ? Peut-être qu'elle lui a fait comprendre avec quelques regards insistant tout à l'heure lorsqu'elle est venue chercher ses enfants. Ou alors il a eu pitié de moi en sachant que j'allais retourner à Boston et m'enfermer dans ma bulle sans parler à aucun être vivant pendant plusieurs mois. La première option me parait la plus concevable, Sam n'a pas pitié de moi, il me déteste.

- Tu cherches à faire quoi au juste ? Être sympathique pour pouvoir dormir sur tes deux oreilles cette nuit ? Ou aller au paradis plus tard ? Mes questions le choquent, tant mieux.

- Va te faire foutre. J'essayais d'être sympa, il faut toujours que tu gâches tout.

La deuxième partie de la phrase fait bien plus mal que l'insulte, je m'attendais à une riposte de sa part, mais pas aussi violente. Je ferme discrètement la porte, même si dans quelques instants je vais me barrer. C'est au cas où, les petits décident de revenir, ils n'ont pas besoin d'entendre ce qui va suivre.

- Je gâche tout ? Tu devrais peut-être concevoir que tu n'es pas mieux que moi. Tu t'es barré, comme un connard, à deux putains de reprise ! Et je te signale que la deuxième fois, tu as fait le premier pas. Alors, avant d'accuser les gens, réfléchis à ton propre cas.

Je n'attends pas de réponse de sa part, je ne suis pas certain qu'il soit capable d'en donner une de toute manière, et je sors de la pièce en claquant la porte dans mon dos. L'étage est toujours aussi vide, c'est une bonne nouvelle : personne n'a pu entendre notre conversation. Je me rapproche des escaliers pour partir le plus loin possible de Sam, lorsque ce dernier sort de la chambre et chuchote :

-Je pensais que ça ferait plaisir aux enfants et à Sarah de t'avoir ici, Cass à l'air de t'adorer.

Un humain sans super-sérum n'aurait jamais été capable de percevoir cette phrase. J'aurais aimé être un humain normal, sans sérum or je suis tout l'inverse. Je me rappelle la proposition que j'ai passée avec Cass tout à l'heure, je dois aller le voir une dernière fois avant de partir. Pour honorer mon deal. Je descends trois ou quatre marches lorsque la voix de Sam s'élève une nouvelle fois, cette fois plus forte. Je pense qu'il croit que je n'ai pas entendu.

- Bucky.

Je me tourne vers lui, son visage est déconfit. Presque... Triste ? Du moins, je crois qu'il est triste, peut-être à cause de ce que je lui ai dit dans la chambre ou alors du tourment qu'à prit la conversation ? Il ne peut pas être triste de me voir partir, il me déteste. Non ?

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