Chapitre 23 : 313 jours

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Puisqu'il sortait aujourd'hui, Thomas n'était pas soumis à la routine journalière du détenu. Ainsi, quand Gabriel se réveillait à ces côtés ce matin-là, Thomas était encore dans les bras de Morphée. Le brun avait délicatement retiré son bras de sous la tête du blond avant de se télescoper hors du lit. Il recouvrait le corps nu de Thomas à l'aide de la couverture. Il ne s'attardait pas à le regarder alors qu'il sortait de la cellule pour commencer sa journée. A la différence de Thomas, lui avait une routine à respecter.

Il ne le croisait pas une seule fois du matin. Il avait du travail au garage de la prison. Il passait la matinée à compter chaque élément conservé dans l'énorme réserve de la prison et reporter les chiffres dans le classeur de l'inventaire. Rien de passionnant en perspective. Il accueillait avec joie l'heure du repas, bien qu'il fût certain que ce serait infâme comme tous les jours depuis son arrivée il y a... Déjà trop longtemps.

Il était en train de faire une pause pour la sortie de l'après-midi quand il croisait finalement Thomas pour la première fois depuis le réveil. Gabriel était appuyé contre le mur du garage, vêtu de son bleu de travail recouvert d'huile noire. Il fumait une cigarette distraitement quand son regard captait immédiatement la grande allure du blond. Il ne portait plus cette horrible tenue de prisonnier mais des vêtements civils : un pantalon beige à aux jambes évasées avec un débardeur blanc qui montrait sa peau tatouée. Il portait des sortes de boots noires et dans sa main un sac de toile vert kaki. Thomas s'arrêtait quand il le repérait également. Il se tournait vers le gardien qui l'accompagnait, après un moment où Thomas lui parlait, ce dernier acquiesçait en grognant. Gabriel se redressait alors du mur et faisait quelques pas en avant en direction du blond. Ce dernier rayonnait.

-       C'est l'heure... Thomas prenait la parole, visiblement mal à l'aise.

-       Je vois ça. Répondait laconiquement le brun. Félicitations.

-       Merci... Enfin je crois.

-       Tu te rappelles la promesse que tu m'as faite ?

-       Laquelle ? Celle où je dois t'oublier ?

-       Le temps le fera. Promets-moi que je n'entendrais pas parler de toi comme la catin du quartier revenue au travail.

-       Je te le promets. Merci pour tout.

-       Je t'ai déjà dit que tu n'as pas à me remercier pour ça...

-       Et toi, tu sais très bien que je n'en fais qu'à ma tête.

-       C'est bien le problème... Grognait Gabriel dans sa barbe. Tu devrais y aller, il n'y a aucun intérêt à passer plus de temps que nécessaire de ce côté des fils barbelés.

-       Trois cent treize jours.

-       Quoi ?

-       Dans trois cent treize jours, toi aussi tu seras de l'autre côté.

-       Seulement si un autre emmerdeur ne vient pas ruiner mes plans de prisonnier modèle.

Thomas explosait dans un rire cristallin. Gabriel se nourrissait de cette image qui l'aiderait à occuper le temps qu'il lui restait à tirer ici. S'il était certain que cela ne chamboulerait pas Thomas, il lui ferait remarquer à quel point il était beau ainsi, joyeux et rieur. Mais il ne pouvait pas. Thomas devait vraiment l'oublier.

-       Bellâtre ! Magne-toi ! Les interpellait le gardien qui s'impatientait.

-       J'arrive. Lui répondait Thomas sans se détourner de Gabriel. Au revoir Gabriel.

Lcked (Tome 1)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant