Chapitre 15 : 419 jours (1)

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Thomas était revenu de son séjour aux urgences le lendemain dans la journée. Il avait le visage fermé, des cernes immenses mangeaient et assombrissaient son visage. Quand il pénétrait dans la cellule, il était resté immobile près de la grille, les mains sur l'avant du corps, tirant sur les manches de son haut. Ils étaient restés en chien de faïence jusqu'à ce que le gardien qui l'avait accompagné soit parti. Il avançait en direction de Gabriel et enroulait ses bras autour de ses hanches, la tête posée sur son torse. Doucement, le brun refermait les siens sur lui, caressant distraitement sa nuque. Ils restèrent un moment ainsi, le brun offrant au blond le réconfort dont il avait désespérément besoin. Au bout d'un moment, de lui-même, Thomas se détachait de Gabriel, baissant les yeux sur ses pieds.

-       Thomas ?

-       Je vais bien. Répondait ce dernier, d'une voix basse.

-       Tu as dénoncé Teddy ?

-       ...

-       Thomas ?

-       Je...

-       Thomas !

-       Je ne pouvais pas, il...

-       Il quoi ? Il t'a menacé ?

-       S'il te plaît Gabriel, je ne veux pas en parler.

-       Putain, Thomas !

-       S'il te plaît, Gabriel, je ne veux pas me disputer avec toi... Je ne veux plus me disputer avec toi...

Gabriel restait inerte. Ses yeux brûlaient de haine à l'encontre de Teddy, de déception envers Thomas mais aussi d'inquiétude car même si Thomas essayait de faire illusion, le brun voyait bien qu'il était fatigué, blessé, inquiet. Il fermait les yeux, montant ses mains à ceux-ci, se tournant. Il essayait de calmer la colère qui faisait bouillir son sang dans ses veines. Malgré toute la rancœur dans son cœur vis-à-vis du choix de Thomas, il devait se contenir. Il sentait les bras de Thomas s'enrouler autour de son torse, ses mains reposant sur son estomac. Ses mains glissèrent de part et d'autre de son corps, le regard porté sur le mur nu face à lui.

-       Tu sais qu'il va recommencer...

-       Je sais...

-       Tu vas le laisser faire ? La voix de Gabriel se brisait.

-       Gabriel, s'il te plaît...

-       Réponds-moi.

-       Je... Tu ne peux pas comprendre. Est-ce que tu peux juste me faire confiance ?

-       Tu as raison, je ne comprends pas. Crachait Gabriel en détachant Thomas de lui.

-       Gab-

L'appel des gardiens pour la récréation de l'après-midi. Gabriel glissait entre les mains du blond qui essayait de le retenir. Il disparaissait dans la foule de détenu, s'extrayant au regard de Thomas qui fondait en larmes sur le pas de la porte de la cellule soixante-six. Ses sanglots hantèrent Gabriel jusqu'à ce qu'il soit forcé de retourner dans sa cellule après le dîner.

Quand il pénétrait dans la cellule, Thomas était assis sur sa couchette. Quand il entendait son codétenu, il se relevait comme s'il était assis sur un ressort, essayant de sourire. Ça sonnait si faux aux yeux de Gabriel. Et il détestait ça. Il ignorait Thomas et grimpait sur sa couchette, s'allongeant face au mur. Son cœur se serrait quand il entendait Thomas hoqueter et tenter de camoufler ses sanglots. Il ne voulait pas faire souffrir son codétenu, il devait bien assez souffrir de ce qu'il lui était arrivé mais en refusant de dénoncer Teddy et ses probables complices, Thomas réduisait à néant ce qu'il avait entrepris auprès du directeur de la prison. Pendant l'après-midi, il était parvenu à avoir un rendez-vous entre deux portes avec ce dernier, il avait raconté ce qu'il avait vu, ce qu'il savait. Le directeur était concerné mais il lui avait aussi dit que si Thomas ne disait rien de lui-même, il ne pourrait rien faire de plus pour accélérer la procédure de mise en protection. Pourquoi Thomas était-il si têtu ? Ça le rendait dingue.

Lcked (Tome 1)Des histoires addictives. Découvrez maintenant