Gabriel avait l'impression de renaître. Il était devant la prison, hors les murs. ENFIN ! Il ne portait plus cette horrible tenue de prisonnier, il portait ses propres vêtements : un jean brut retroussé sur ses chevilles et ses bottines de cuir noires, un t-shirt blanc des plus simple sous une veste de cuir usée. Il portait toujours ses cheveux courts, comme la dernière fois qu'il avait vu Thomas. Il récupérait ses lunettes de soleil dans la poche de sa veste et les chaussait avant d'avancer en direction d'Artem, appuyé contre une Chevrolet vintage. C'était la sienne. Quand il ne fut plus qu'à quelques pas de lui, son meilleur ami se redressait et lui lançait les clés de son bolide dont il avait pris le plus grand soin pendant ces trois années.
- Enfin.
- Enfin. Répétait-il en prenant Artem dans ses bras. Ça fait du bien, putain.
- Je me doute.
Ils se séparèrent, Artem lui donnant une tape amicale et franche sur l'épaule. Il faisait le tour de la voiture, s'installant du côté passager. Gabriel ouvrait la portière mais s'arrêtait. Il se tournait en direction de la prison : les hauts murs impénétrables, les fils barbelés inhospitaliers, les tours armées. Il était bien content de laisser ça derrière lui. Il avait passé mille quatre-vingt-quatorze jours ici. Son regard déviait de la prison sur le parking de cette dernière. Il n'y avait personne, juste eux et quelques voitures qui devaient appartenir à du personnel ou des visiteurs.
- Gab' ? Un problème ?
- N-Non. Allons-y, connaissant ma mère, elle a prévu une fête.
- Je ne gâcherais pas la surprise. Rigolait son ami.
- Évidemment, tu as trop peur d'elle.
- Ce n'est pas ma faute si je suis traumatisé !
- Tu n'avais qu'à bien te tenir ! Répondait-il en faisant référence à cette fois, il y a plusieurs années quand Artem avait sorti son téléphone à table alors que c'était interdit à la table des Castiel et que sa mère l'avait frappé à l'aide d'une louche, lui laissant une jolie petite bosse pendant plusieurs heures. C'était il y a quinze ans mais c'était comme si c'était arrivé la veille.
Gabriel s'installait derrière le volant. Il le caressait distraitement, s'imprégnant de la sensation du cuir sur sa peau. Il se sanglait. Les ceintures sur les vieilles Chevrolet tenaient plus des sangles de remorques que de la véritable ceinture de sécurité. Il mettait le contact.
- Tu le cherchais, n'est-ce pas ? Disait Artem, d'une façon neutre.
- Non. Répondait le brun simplement tout en mettant le contact.
Artem savait qu'il mentait. Gabriel savait qu'Artem savait mais aucun n'ajoutait quelque chose. Il n'y avait rien à dire. Après tout, Gabriel avait fait en sorte que Thomas ne débarque plus dans sa vie. Gabriel faisait une marche arrière et quittait le parking en faisant crisser les pneus sur l'asphalte pendant qu'Artem, en bon copilote et DJ attitré de leurs petites virées lançait la vieille playlist qu'ils écoutaient en boucle depuis leur adolescence. Rapidement, les paroles de 'They don't need to undertand' d'Andy Black résonnèrent dans l'habitacle. Il était un homme libre maintenant.
*
Comme attendu de la part de sa mère, elle avait prévu une petite fête dans leur maison, enfin plus pour bientôt car ils partaient pour la Norvège la semaine suivante. Il y avait son beau-père, la meilleure amie de sa mère, la mère d'Artem accompagné par le petit frère de celui-ci, Xjemal. Que des personnes qu'il appréciait. Il n'aimait pas les fêtes mais la compagnie de ces personnes, après trois ans enfermés, étaient la bienvenue. D'autant plus qu'il ne verrait plus certains d'entre eux avant un moment. Alors il jouait le jeu, mangeant les délicieux plats préparés par sa mère, participant activement aux discussions.
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Lcked (Tome 1)
RomanceGabriel, bien qu'il porte un nom d'ange n'a rien d'un ange. Envoyé en cabane pour violences aggravés, il se retrouve dans la cellule de Thomas, particulièrement envahissant pour cet homme taciturne qui ne veut juste faire son temps et retourner à sa...
