Chapitre 37

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*Point de vue de Julia*

Que c'est bon de les revoir tous. Ça me réchauffe le cœur de les voir tous aussi heureux de me voir en vie.

Mais ça renforce ma culpabilité en ce qui concerne mon acte. Je m'en veux beaucoup d'avoir fait ça et de leur avoir infligé tout ça.

Mais je ne pense pas qu'ils en tiennent rigueur, ils vont au resto fêter ça, c'est que la rancœur est mise de côté.

Je suis contente d'avoir une famille aussi unie. Je suis contente que mes parents incluent Youri, aussi, parce que c'est plus qu'un simple ami.

Bon, maintenant que je suis bien réveillée, je vais faire en sorte de sortir le plus vite possible d'ici. Je vais m'en donner les moyens et ça ne sera que bénéfique.

*1 semaine plus tard*

Je suis toujours à l'hôpital, mais plus aux soins intensifs. Je suis dans le service de revalidation et je fais ma kiné tous les jours et la logopède doit venir une dernière fois aujourd'hui. En ce qui concerne la marche, ça va mais je ne saurais pas marcher des kilomètres. Et pour parler ça va, mais certains mots restent compliqués a sortir de ma bouche. Mais on y travaille.

Pour l'instant, je suis dans la salle de bain et j'entends que quelqu'un est entré.

J'ouvre la porte et c'est une dame que je ne connais pas qui est là.

Moi : bonjour.
Dame : bonjour, madame Alderweireld ?
Moi : c'est bien moi.
Dame : je me présente, je suis le Docteur Fynn. Je suis psychologue

Oh, moi qui pensait que j'allais pouvoir y échapper.

Moi : ah, d'accord. J'arrive
Dr Fynn : à votre aise.

Je me déplace donc jusqu'à mon lit et nous pouvons commencer.

Dr : je tiens à vous dire que je ne suis pas du tout dans le jugement. Nous allons parler du pourquoi et du comment de ce qui vous êtes arrivés mais on va vraiment parler de vos ressenti.
Moi : on commence par quoi ?
Dr : parce que vous voulez.

Je prends une grande inspiration et je commence par lui expliquer ma vie d'avant. Je lui explique le lien que j'ai avec mes parents, mon frère, ma belle-sœur, Youri aussi et comment nous nous sommes rencontrés. Je lui explique l'histoire avec Alexis, du début, jusqu'à la fin. C'était très compliqué.

Moi : et donc en tant que maman célibataire, je faisais de mon mieux pour gérer mon boulot et la vie de mon fils. Je tenais à ce qu'il ne souffre pas du divorce et que le changement de garde soit plus agréable. Et donc quand il voulait faire ses devoirs avec moi, je les faisais avec lui et puis je l'emmenais chez son papa mais il est arrivé 3 fois où je l'ai déposé en retard. Et cela n'est pas passé et mon taré d'ex-mari a voulu me supprimer la garde. Il l'a obtenu mais via des moyens pas très catholique et donc j'étais vraiment frustrée, en colère mais vraiment triste. La même journée, mon directeur m'annonce qu'ils n'ont plus assez d'argent pour payer tout le monde et que les personnes n'ayant pas cinq ans d'ancienneté dans la boîte, allait sauté. Donc j'étais dans la liste forcément et j'ai trouver ça injuste, surtout que j'étais la cheffe de service. Voilà.

La psychologue me regarde avec des yeux sortit de leurs orbites.

Dr : je vois... et parlez moi de l'après. Pourquoi être rentré chez vous et avoir autant bu ?
Moi : je me sentais vide. J'étais posée dans ma voiture et je réfléchissais aussi à l'après. Vu que je n'avais plus de boulot, j'allais devoir vendre ma maison, j'allais être sans rien. Et la seule motivation que j'ai trouver, c'était de me rempli autrement, donc l'alcool. C'est débile mais à ce moment là, c'est ce que j'ai trouver de mieux à faire.
Dr : vous étiez alcoolique avant ?
Moi : non. Pas du tout.

On en parle de tout ça et elle me dit que l'alcool ne doit pas être un réconfortant. Qu'à chaque fois que j'allais être déçue, j'allais me jeter sur un verre et que ça allait dégénérer par la suite. Et que je dois contrôler mes émotions.

Moi : je suis d'accord avec vous. Mais c'était la première fois que ça arrivait.
Dr : bien. Continuez.
Moi : et donc je me suis enfiler la bouteille d'Amaretto et ça suffisait pour que je sois dedans. Mais je voyais la bouteille de vodka à moitié remplie et donc je m'étais dis qu'elle devait être terminée. Donc je l'ai prise et je suis montée à l'étage pour me faire couler un bain. Je n'avais pas l'optique de me noyer, je voulais juste prendre ce foutu bain. Mais avec l'alcool, je planais complètement et une fois que j'ai été dans l'eau, je me suis sentie bien, légère, dépourvue de tous les problèmes et donc je suis restée sous l'eau...

Là, son regard est rempli d'interrogation.

Dr : donc, ce n'étais pas intentionnel ?
Moi : non. C'est vraiment par accident. C'est pour cela que je suis autant désolée et que je culpabilise beaucoup d'avoir fait ça.
Dr : je comprends mieux.

On en discute, surtout de mon ressenti et de ce que j'aimerais pour après.

Moi : j'y ai pas mal réfléchi, je crois que je vais vendre la maison. Car il y a trop de souvenirs et ça va me faire plus de mal qu'autre chose. Ensuite, je vais laisser Alexis avec Maé. Dans quelques années je le retrouverais. Et je crois que c'est le bon moment pour moi de redemarrer une carrière professionnelle en tant qu'indépendante.

Le docteur trouve que ce sont de bons choix et me dit que c'est une bonne chose de voir si loin.

Dr : bon et bien je vous conseille d'aller voir un coach de vie. Un psychologue ça ne serais pas la peine, car vous allez bien. Un coach va vous permettre de mieux gérer les émotions et de mener à bien tout ce que vous voulez mettre en place. Et vous avez quelqu'un dans votre vie ?

Aïe. La question que je ne voulais pas avoir.

Moi : et bien, j'ai quelqu'un. Qui n'a pas été trop présent ces derniers temps... je dois le voir pour qu'on en discute, de tout ça.
Dr : je vois. Ne laissez personne en travers de votre chemin. Pas encore une fois.
Moi : bien docteur, merci beaucoup.

On se serre la main et elle quitte ma chambre en me souhaitant bon courage.

Ça m'a fait du bien de reparler de tout ça, avec une personne qui était en dehors de tout. Je suis libérée d'un poids énorme.

J'allume la télé mais je dois aussitôt l'éteindre car on frappe à ma porte. Je crie d'entrer et c'est Allan.

Allan : hey.
Moi : coucou
Allan : comment tu bas ?
Moi : ça va. La psy vient de venir et...
Allan : je sais, je suis là depuis 10 minutes..
Moi : oh.
Allan : et les portes ne sont pas très bien insonorisée.

Merde.

Moi : donc tu as entendu
Allan : oui. Et tu penses que je n'ai pas été là pour toi ?
Moi : viens.

Je tapote la place a côté de moi, dans le lit et il vient s'asseoir.

Moi : ce que j'ai ressentie, c'est que tu n'as pas compris pourquoi j'ai agit de la sorte mais surtout, tu n'as pas essayer de comprendre.
Allan : si, j'ai beaucoup travailler là-dessus justement.
Moi : oui mais je ne l'ai pas ressenti comme ça. Je te trouve distant avec moi, avec ma famille
Allan : attends, je rencontre tes parents dans ta chambre d'hôpital. J'ai connu mieux comme rencontre...
Moi : je sais... désolée.
Allan : il est vrai que je ne me suis pas intégré comme j'aurais pu le faire. Mais ils ont jeté leur dévolu sur Youri.. impossible de me démarquer face à lui.

Ah, je vois le fond du problème.

Moi : il le connaisse depuis longtemps. C'est pour ça. Et puis c'est mon meilleur ami, on a vécu beaucoup de choses ensemble et voilà. C'est lui qu'on a appelé et c'est lui qui m'a retrouvée. Ils se sentent redevable. Tu comprends ?
Allan : je comprends, oui.
Moi : quand je sortirais, on s'occupera de tout remettre à sa place et de faire les choses correctement. Ok ?
Allan : oui, je suis partant.

Et voilà. Encore une chose de réglée. Il était temps que les choses soient dites et que tout le monde sait ce que je pense et ce que je compte faire après ma sortie. Parce qu'avancer dans le brouillard, ce n'est pas une solution.

J'ai hâte de sortir d'ici, pour commencer un nouveau chapitre.

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