CHAPITRE XXXIX
JESSY BROWN
Cette soirée risque de virer à la catastrophe...
Je suis persuadée que M. Davis a fait exprès de nous installer à la même table avec Daniel. Ce qu'il ne sait pas, c'est que ça ne marchera pas toujours de les réunir pour une soirée comme celle-ci. La table rectangulaire qui nous sépare d'eux ne suffira pas à les empêcher de se battre si l'occasion se présentait. Mais bon, tout comme la Sud-africaine, j'ai décidé de ne plus m'en mêler. Il peuvent bien se tuer s'il le veulent. De toutes façons, il y a d'autres personnes à cette table qui pourront intervenir si jamais ça dérape.
Mon regard fait un dernier tour de la table pour essayer de reconnaître ces gens avec qui je partagerai cette soirée. Nous sommes huit en tout.
Moi, toujours belle et sérieuse. Je n'ai pas besoin de jouer la modeste. Je suis là plus pour acommpagner et contrôler mon petit ami, que pour assister à cette soirée.
Parlant de Chris, il s'assoit avant tout le monde pendant que nous accueillons les mariés. Sans perdre de temps, il enfile deux verres de Whisky. Je n'aime pas du tout ça. C'est vrai qu'il n'était pas très emballé à l'idée de venir à Washington pour voir son père renouveller ses vœux de mariage avec cette femme qui, selon sa mère et lui, a détruit leur famille ; mais j'espérais qu'il fasse plus d'efforts, rien que pour faire plaisir à son père qui se réjouit de leur rapprochement. En plus, je me suis dit que s'il a tenu le coup à l'église, il pourra bien supporter cette soirée. Alors si je l'ai forcé à enfiler ce smoking et à quitter l'hôtel, ce n'est pas pour le voir faire n'importe quoi. Mais j'avoue que j'ai peur qu'il gâche la joie de son père.
Le petit frère de Chris est assis à côté de moi, à ma grande surprise. Vu qu'il n'était pas à l'église, je ne pensais pas que sa mère le laisserait venir. Mais je suis bien contente qu'il soit là. Je lui fais un petit câlin avant qu'on ne se rasseye. Il a bien grandi depuis le temps qu'on ne s'est pas vus. C'est quasiment un homme. On ne dirait même pas qu'il n'a que 17 ans, tellement sa carrure est imposante et sa barbe naissante. Au moins lui, il est plus sérieux que son frère, ça se voit tout de suite à sa coiffure bien droite, et dans ses yeux fuyants et timides, derrière sa paire de lunettes. Je dois reconnaître que leur mère malgré son âme mauvaise, a fait de beaux garçons.
Près de lui, se trouve une jeune fille que je ne reconnais pas. Mais à voir les regards qu'ils s'échangent, je dirais que c'est sa copine. Mais je peux me tromper...
De l'autre côté de cette grande table, je reconnais deux cousins de Chris. Toujours aussi beaux et blagueurs.
Et à côté d'eux, se trouvent Daniel et sa petite amie. Ils sont très élégants. Lily, de qui je suis déjà assez proche, me serre la main par dessus la table, en souriant. Je fais un signe à son compagnon qui me répond par un sourire avant de reprendre cette mine renfrognée avec laquelle il nous a accueillis.
C'est sûr que ça va mal finir...
D'une longue expiration, je chasse toute mauvaise pensée de mon esprit, pour profiter pleinement de cette soirée. Je jette un coup d'œil par dessus l'épaule de Lily et croise le regard de mon père, cet homme formidable. Il est tellement charmant en plus. Je le salue d'un beau sourire auquel il répond. Instinctivement, mon regard se pose sur cette femme de la quarantaine assise un peu trop près de lui. C'est elle qui l'accompagnait à l'église en journée. J'avais fait mine de ne rien voir pour ne pas l'embarrasser, mais il sait que j'ai toujours souhaité qu'il redonne une chance à l'amour. Alors je ne peux qu'être contente s'il l'a fait. En plus, c'est une belle femme, très élégante aussi.
Je lui fais un clin d'oeil et il en rit.
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Black and White
Ficção GeralC'est assez difficile de rester indifférent face au racisme lorsque ton coloc en est un adepte... Sera-t-il facile de vivre avec lui ? De le supporter ? Ou vas-tu finir par l'apprécier malgré tous ses coups-bas ??? On n'est jamais mieux que chez soi...
