Sibelle
- Que... que s'est-il passé pour que je me retrouve ici, enchaînée comme un animal ? Ces murs suintent l'humidité, les barreaux rouillés sont maculés de sang séché... Et autour de moi, d'autres filles. Une vingtaine peut-être. Toutes dans le même cauchemar. Des cellules insalubres, des chaînes aux poignets, la peur dans les yeux.
- Andréa ? Andréa, où est mon amie ?!
Ma voix tremble, résonne dans l'obscurité crasseuse. Je m'agrippe aux barreaux, le cœur battant à m'en faire mal. Puis, enfin, une réponse.
- Je suis ici, Sibelle !
Sa voix me parvient de la cellule juste derrière. Je me retourne, et dans un cliquetis de chaînes, elle se jette dans mes bras. Nos poignets liés nous limitent, mais ses larmes se mêlent aux miennes.
- Tu vas bien ? halète-t-elle.
- Je... je ne sais pas. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Nous avons été kidnappées. Samedi soir. Je me souviens seulement du parking, puis le noir complet.
Ses sanglots s'intensifient. Je sens son désespoir me traverser comme une lame.
- Snif... snif... qu'est-ce qui va nous arriver ?
- Chut... on va s'en sortir, Andréa. Je te le promets.
Mais qui viendrait nous sauver ? Qui sait seulement où nous sommes ? Cette pièce pue la moisissure, le fer et la peur. Le silence pesant est brisé par des bruits de pas. Des bottes. Des voix rauques.
- Faites silence, hurle un homme.
Les verrous grincent. Des hommes armés font irruption. Fusils en bandoulière, regards froids. Ils ouvrent les cellules une à une et commencent à tirer les filles sans ménagement, les jetant dans le couloir comme du bétail.
- Allez, avancez, tout droit. Pas un mot.
Nous obéissons, forcées. Le métal des chaînes claque à chaque pas. Je regarde autour de moi. Une vingtaine de jeunes femmes. Je me penche vers celle qui marche juste devant.
- Ça fait combien de temps que vous êtes ici ? Moi c'est Sibelle. Et toi ?
Elle tourne la tête, ses yeux sont rougis.
- Lupita. Trois jours. Mais certaines sont là depuis plus d'une semaine. J'ai entendu dire... qu'ils attendaient d'être assez nombreuses pour la vente aux enchères.
- Quoi ?! Ils vont nous vendre ?!
Je sens mes jambes flancher.
- Que la Vierge de Guadalupe nous vienne en aide...
- TAIS-TOI ! gronde un des hommes.
Nous sursautons. Sa voix est sèche comme un fouet. Il pointe une porte avec le canon de son arme.
- Les vierges à droite. Les autres à gauche. Et ne mentez pas, on vérifiera.
Le groupe se divise. Je n'ai pas le temps de dire un mot qu'on m'entraîne à droite. Andréa est emmenée de l'autre côté. Nos regards se croisent une dernière fois, noyés de panique.
- Ça ira, Sibelle ! hurle-t-elle. Je te retrouverai, je te le jure !
Je voudrais crier, courir vers elle, mais on me pousse brutalement. J'entre dans une immense pièce éclairée par des néons aveuglants. Une femme d'environ cinquante ans nous attend, sèche, élégante, le regard glacial. Elle désigne deux filles en blouse blanche.
- Allez. Lavez-les. Épilation définitive. Comme d'habitude. Je veux qu'elles brillent. Plus elles sont belles, plus on encaisse.
Mon estomac se tord. J'ai envie de vomir. Les deux femmes nous emmènent vers une salle de bain carrelée, aux odeurs de chlore et de savon industriel.
- Déshabillez-vous. Maintenant.
Je reste figée. Elle me gifle.
- J'ai dit maintenant !
Je tremble en retirant mes vêtements, un à un. Le froid me mord la peau. Elles me poussent dans une baignoire, me lavent sans douceur, me frottent comme une pièce sale qu'on doit faire briller. Puis elles m'allongent sur une table.
- Épilation laser. Reste immobile.
- Est-ce que ça... est-ce que ça fait mal ?
Elles rient, moqueuses.
- Mal ? Tu n'as encore rien vu. Ce n'est qu'un début, poupée. Là où tu vas, la douleur est une habitude.
Je ferme les yeux. Chaque picotement du laser est une piqûre dans ma dignité. Je me concentre pour ne pas hurler. Pendant qu'elles travaillent, mes pensées s'égarent, tentent de recoller les morceaux.
Je m'appelle Garcia Sibelle Hernandez. J'ai 21 ans. J'étudie à la UNAM, la plus grande université du Mexique. Une élève sérieuse. Discrète. J'évite les fêtes, les excès. Mais ce soir-là... c'était différent. Andréa insistait. Elle avait besoin de sortir, disait-elle. Alors j'ai accepté.
Un club. Des verres. Une musique trop forte. Puis... le noir.
Et maintenant, je suis là. Traité comme un produit. Lavée, épilée, préparée pour être vendue.
Je rouvre les yeux. Où sommes-nous ? Combien de temps a passé ? Que vont-ils nous faire ?
Et surtout... qui viendra nous sauver ?
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Tu es mienne !
Romance« Mets-toi à genoux, pour embrasser les pieds de ton maître. » Elle s'agenouille, ses lèvres effleurant mes pieds. - C'est bien. Si tu es obéissante, tu auras droit à des friandises, dis-je en caressant ses cheveux. - Maintenant, déshabille-toi. Ell...
