L'aigle royal
Elle me regarde, les yeux noyés de larmes, puis éclate en sanglots.
- Ne pleure pas... Dis-moi ce qui se passe.
Autour de moi, tout le monde retient son souffle. L'ambiance se fige. Ils sont tous surpris de me voir aussi compatissant. Moi aussi, à vrai dire.
Elle sanglote encore, puis tente de reprendre contenance.
- Je... je m'appelle Sibelle.
- Belle Sibelle, hein...
- J'ai été kidnappée. Avec mon amie.
Un éclair de colère me traverse.
- Quoi ? Depuis quand tu fais dans le kidnapping, Oumada ?
Je me tourne vers la baronne. Elle blêmit.
- Je... je...
- Tu quoi ? Tu enlèves les filles maintenant ?!
- Non, je ne savais pas ! Je t'assure, je ne savais pas...
Je dégaine mon arme sans réfléchir et tire une balle dans sa jambe. Elle hurle de douleur, s'écroule sur le sol, la main crispée sur sa plaie.
- Qui les a enlevées ?!
- C'est Enrique ! crie-t-elle, haletante. J'ai dit que je n'étais pas d'accord, mais il m'a ignorée, il a... il a fait ça dans mon dos !
- APPORTEZ-MOI ENRIQUE, hurlai-je. MAINTENANT !
Quelques secondes plus tard, le type entre, tremblant, le regard fuyant.
- Qui t'a donné l'ordre d'enlever des jeunes filles ?! rugis-je.
Il s'écroule à mes pieds.
- Monsieur, pitié... c'est la première fois, je vous le jure...
Je lui tire dans l'épaule, puis dans le pied. Il hurle.
- Depuis combien de temps ça dure ?!
- C'était une erreur... une seule fois ! Je le jure sur ma mère !
- Et ce sera la dernière.
Je le vise, et sans la moindre hésitation, je lui tire une balle en pleine tête. Il s'effondre, raide mort. Son sang éclabousse les chaussures d'Oumada. Elle pousse un cri d'effroi, suppliante.
Je la regarde froidement.
- Tu n'aurais jamais dû faire ça.
Et je lui loge une balle entre les deux yeux.
Le corps de la baronne s'écroule dans un bruit sourd. Sibelle hurle, recule, se recroqueville contre le mur en pleurant.
- Non, non... pitié... s'il vous plaît, ne me tuez pas... je vous en supplie...
Je m'approche lentement d'elle. Elle tremble comme une feuille. Son visage est couvert de larmes.
- Du calme, je ne vais rien te faire. D'accord ? Calme-toi.
Je la prends dans mes bras. Elle continue de pleurer, s'agrippant à moi comme une noyée.
- Libérez-nous... pitié... mes parents me cherchent... ils m'attendent...
- Je ne peux pas te laisser partir, ma belle Sibelle. Tu es entrée dans ce monde maintenant. On ne peut pas juste en sortir.
Elle lève les yeux vers moi, désespérée.
- Je vous en supplie...
- Je te garderai en vie. Et en bonne santé. Mais te libérer ? Non. Tu restes ici. Calme-toi maintenant, d'accord ?
Elle hoche la tête, incapable de répondre.
Je me tourne vers Mario.
- Dis à ta copine de venir, qu'elle me dise qui peut reprendre la place de la baronne.
Quelques minutes plus tard, la copine de Mario entre, suivie d'une jeune femme. Elle doit avoir dans les vingt-cinq ou trente ans. Belle, droite, sûre d'elle.
- Bonsoir monsieur. Voici Angela. Elle travaille ici depuis cinq ans. Je pense que c'est la plus apte à remplacer Oumada.
- Très bien. Si tu la choisis, je te fais confiance. Mais si elle échoue... c'est toi qui paieras.
- Compris, monsieur. Elle fera ce qu'il faut.
- Bien. Vous pouvez disposer. Que la vente aux enchères commence. Je reste ici. Je suivrai tout depuis le bureau.
Elles s'inclinent et sortent. Mario revient ensuite.
- Qu'est-ce que tu comptes faire des filles ?
Je soupire.
- Je ne peux pas les laisser rentrer chez elles. Elles nous dénonceraient. Et ça, ce n'est pas bon pour le business. On va leur trouver une tâche ici. On a toujours besoin de main-d'œuvre.
- Ce n'est pas une mauvaise idée.
- Mais Sibelle... elle ne sera pas comme les autres. Ce soir, tu la ramènes chez moi.
- Quoi ? Chez toi ? Et les autres femmes ? Tu vas la mettre avec tes maîtresses ?
- Je vais réfléchir. Je lui trouverai une tâche. Elle ne pourra pas partir, ça c'est sûr. Depuis que j'ai vu sa photo... je ne pense qu'à elle.
- Tu... tu t'attaches à elle ?
- Je ne sais pas ce que je ressens. C'est douloureux... intense. J'y comprends rien.
- Alors parle-lui. Essaie de la convaincre. Mais... ta fiancée vient te voir la semaine prochaine. Tu vas cacher tes maîtresses ?
- Je ne cache rien. Elle sait que je ne suis pas un homme à une seule femme. Même marié, j'en aurai d'autres. Ce ne sera pas une surprise.
- Mais après le mariage ?
- Chaque maîtresse aura sa propre maison. Pas trop loin. Ma femme, elle, restera dans la résidence principale. Personne ne pourra la concurrencer.
- Tu penses qu'elles vont l'accepter ?
- Jennifer gère déjà mon casino. Elle touche 30 % des bénéfices. Aïcha, elle, gère mon hôtel cinq étoiles. Elle a le même pourcentage. Si un jour je me sépare d'elles, elles repartiront les poches pleines.
- Tu es généreux avec elles.
- Je sais. Et Sibelle, elle, deviendra ma soumise. Mon esclave personnelle, jour et nuit. Elle s'occupera de moi, de ma suite, de mes affaires personnelles. Plus besoin que les employés me dérangent. Elle vivra pour me servir.
- Tu penses qu'elle acceptera ?
- Elle n'aura pas le choix. Mais j'espère qu'elle finira par le vouloir. Elle a l'air fragile... facile à dominer.
- Alors bonne chance, l'Aigle Royal. La petite Sibelle risque de changer plus de choses que tu ne le crois.
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Tu es mienne !
Romance« Mets-toi à genoux, pour embrasser les pieds de ton maître. » Elle s'agenouille, ses lèvres effleurant mes pieds. - C'est bien. Si tu es obéissante, tu auras droit à des friandises, dis-je en caressant ses cheveux. - Maintenant, déshabille-toi. Ell...
