Sibelle
Dans le brouillard de ma conscience, une voix perce lentement le silence. C'est lui. L'aigle. Il murmure à mon oreille, il me supplie de me réveiller. Il jure qu'il va changer. Qu'il va faire attention à mes désirs, à mes besoins. Est-ce sincère ? Le pense-t-il vraiment ?
Je doute. Je doute de tout ce qu'il dit, parce qu'avec lui, les mots n'ont jamais eu la même valeur que les actes. Alors, je reste là, allongée, les yeux fermés, feignant l'inconscience. Mieux vaut observer encore un peu, sentir si le vent a vraiment tourné ou s'il ne s'agit que d'un courant passager.
- Ma chérie...
Sa voix est basse, tremblante. Il me caresse la main, puis dépose un baiser sur mes cheveux. Sa chaleur me traverse, mais je me retiens de frissonner. Il continue :
- Ma chérie, tu commences à me faire peur... s'il te plaît, réveille-toi.
Le roi qui dit « s'il te plaît ». Quelle ironie. C'est un moment rare, presque irréel. C'est peut-être le premier depuis longtemps où il ne cherche pas à imposer, mais à supplier.
- Je t'aime, tu sais. Je vais l'accepter, je vais te le dire : je t'aime, ma chérie.
Je cligne lentement des paupières. Quand j'ouvre les yeux, je le trouve juste là, penché sur moi. Et l'émotion dans son regard... je ne l'avais jamais vue ainsi. Ou peut-être que je ne voulais pas la voir.
- Tu t'es réveillée ! Merci, merci...
Il m'embrasse le front, puis me serre longuement contre lui. Il tremble. Est-ce de soulagement, ou d'autre chose ? J'ignore encore ce que ce moment signifie vraiment.
- Tu vas bien ? As-tu mal quelque part ?
Je hoche légèrement la tête, ma gorge est sèche, ma voix à peine audible.
- Ton repas est prêt. Je vais te nourrir.
Il attrape un plateau posé sur la table de chevet. Il commence à me donner à manger, doucement, à la cuillère, comme on le ferait pour un enfant malade. J'ouvre la bouche, docilement. Je n'ai pas la force de lutter. Et puis, pour une fois, il ne me force à rien.
- Parle-moi, dit-il. Je veux entendre ta voix. Comment vas-tu ?
Je déglutis difficilement. Puis je murmure :
- J'ai mal...
- Où ? Dis-moi où tu as mal.
- Tout... tout mon corps me fait mal.
Il dépose la cuillère, me caresse la joue.
- Fini de manger, je vais te donner des antalgiques. Ensuite, tu iras prendre un long bain pour te détendre, d'accord ?
Je hoche la tête, fatiguée. Il me nourrit jusqu'à la dernière bouchée, puis me tend deux comprimés avec un verre d'eau. Je les avale sans discuter. Ma gorge me brûle. Puis il se lève et entre dans la salle de bain pour faire couler l'eau chaude.
Mon corps souffre, mais mon esprit plane encore, dans un mélange étrange de lucidité et de fatigue. Peut-être que c'est le moment de jouer les princesses blessées. Juste un peu. Pour qu'il continue d'être doux. Pour observer. Pour comprendre où il veut vraiment en venir.
Il revient me chercher, passe ses bras sous moi avec une délicatesse inattendue et me conduit jusqu'à la baignoire. L'eau fume légèrement, et le parfum apaisant des huiles emplit la pièce.
Il m'installe dans l'eau chaude, me soutenant avec tendresse. Ses mains commencent à me laver. Lentement. En silence. Il n'y a aucune brutalité dans ses gestes, seulement de la douceur, presque de la culpabilité.
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Tu es mienne !
Romance« Mets-toi à genoux, pour embrasser les pieds de ton maître. » Elle s'agenouille, ses lèvres effleurant mes pieds. - C'est bien. Si tu es obéissante, tu auras droit à des friandises, dis-je en caressant ses cheveux. - Maintenant, déshabille-toi. Ell...
