Chapitre 4 : Belle Sibelle

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L'aigle royal

Je me rends dans ma chambre. L’eau brûlante de la douche glisse sur ma peau, mais ne parvient pas à chasser l’image qui me hante : ce visage. Ces yeux. Cette lueur de peur mêlée à quelque chose de plus troublant encore. Une brûlure sourde me reste coincée dans la gorge, comme un appel venu d’un autre monde.

Je me sèche, enfile une chemise noire, et redescends dans mon bureau. Mario m’attend déjà, penché sur une pile de dossiers.

— Tu es certain que « la Morte » a accepté le cadeau ? Pas de représailles en vue ?
— Aucun souci. Nous avons discuté. Elle a compris l’intérêt d’accepter.
— Tu lui fais confiance ?
— Non. Mais je fais confiance à son ambition. Elle sait que ce marché est trop juteux pour le gâcher.

Je m’installe en face de lui, croise les jambes et observe son regard calculateur.

— Et la proposition du Sanguinaire ? Tu y crois ?
— Ce chien veut le monopole sans en payer le prix. Il pense pouvoir intimider tout le monde avec ses méthodes de boucher… mais cette nouvelle drogue, si elle sort, fera tomber tous les anciens codes. Il faut qu’il allonge plus. S’il ne comprend pas ça, on lui fera comprendre autrement.
— Tu n’en as pas parlé à la Morte ?
— Pas encore. Ces deux-là sont trop vaniteux. Ils seraient capables de foutre le feu au monde juste pour savoir qui a la plus grosse…
— Comme toi, en somme.

Je lève un sourcil, esquisse un sourire sans joie.

— Il sera là dans deux semaines. Il veut voir le produit. Le tester.
— Bien. On aura ce qu’il faut.

Je sors mon téléphone, rouvre les photos de la fille. Cette fille que j’ai vue au détour d’un écran, capturée par erreur. Une étrangère. Et pourtant… elle fait naître en moi une tension étrange, qui me vrille les nerfs. Pas simplement du désir. Autre chose. Une obsession.

Il est l’heure.

— On y va.
— On a encore un peu de temps, tu sais.
— Tu n’as rien de mieux à faire que de m’observer ? Je t’attends dans la voiture.

Je quitte le bureau, traverse le long couloir du quatrième étage. Mon manoir s’élève sur cinq niveaux :
Premier, pour les domestiques et les gardes de rang mineur.
Deuxième, cuisine, buanderie, salle de détente.
Troisième, réservé à mes maîtresses.
Quatrième, bureaux, salle de réception.
Cinquième, mon sanctuaire. Ma chambre. Mon repaire. Personne n’y entre sans ma présence. Mon empreinte verrouille l’accès, et quand le ménage y est fait, j’observe, impassible, jusqu’à la dernière poussière.

Au troisième étage, deux ailes se font face. À gauche : Aïcha. À droite : Jennifer. Deux beautés, deux tempéraments. Deux chaînes à mon poignet, volontairement assumées.

Je pousse la porte de la suite d’Aïcha. Elle sort de la douche, la peau luisante, les cheveux noirs dégoulinants sur ses épaules. Elle s’agenouille aussitôt et m’embrasse les pieds.

— Sois la bienvenue, maître.
Je la fais se relever, embrasse son front.
— Comment vas-tu, Aïcha ?
— Vous m’avez manqué, murmure-t-elle.

Je caresse ses bras, ses épaules. Elle frémit. Son regard s’accroche au mien. Je sens son attente, son besoin de plaire. Elle cherche mon attention, mais je suis ailleurs. Mon esprit est envahi par une autre. Une image. Un nom que je ne connais pas encore.

beaucoup manqué.
Je presse ses seins,pinçant ses tétons, elle gémit, je remplace mes doigts par mes lèvres, mordant, tirant les tétons
- Oui maître, ne vous arrêtez pas, s'il vous plaît.
Je la renverse sur le lit : elle me donne dos,les cuisses écartées,les fesses en l'air, j'aperçois son cu ,sa Chatte épilée qui suinte son envie de baiser. je prends un préservatif dans le tiroir, que j'enfile rapidement avant de l'empaller brutalement, elle crie, s'agrippent au drap
Je lui donne des coups de reins de manière effrénée, elle crie son plaisir, je lui donne une bonne fessée :
- La ferme, je ne veux pas t'entendre.
- Pardonnez moi maître.
Je continue à la baiser et l'image de cette fille me revient en tête, j'enfonce sa tête dans l'oreiller, lui donne plusieurs fessées, elle couine, j'imagine que c'est cette inconnues que je baise, je ferme les yeux et imagine ses grosses fesses entre mes mains,je m'enfonce encore plus dans sa fente et éjacule. Puis me retire rapidement avant d'aller me nettoyer dans la douche et jeter le préservatif rempli.je ressort sans lui jeter un œil. je ne me soucie pas de savoir si elle a joui ou non je ne suis pas d'humeur pour ça aujourd'hui. il faut que je la vois au plus vite.
Je me penche vers elle, frôle ses lèvres, puis m’écarte.

— Plus tard.

Je quitte la pièce, la laissant désemparée.

Je monte dans le véhicule. Mario est déjà installé.

— Tu étais pressé, non ? Tu t’es arrêté en chemin pour… soulager un besoin ?
— Pourquoi poser la question si tu connais la réponse ?
— Tu ne changeras jamais.
— Elles sont là pour ça. Me servir. Rien de plus.
— Un jour, il faudra songer à la relève. Tu vieillis. Tu devrais songer à donner des héritiers à ton empire.
— Si je n’en fais pas, les tiens prendront la suite.
— Jamais. Mes enfants ne seront pas des loups. Ce monde n’est que sang et trahison. Ils n’y survivraient pas.
— Alors je suis un appât pour les charognards ? Pourquoi je ne les vois pas ?
— Parce qu’ils te craignent trop.

Nous arrivons à la Taverne. Mon bâtiment préféré. Une façade anodine, mais derrière les murs : un hôtel de luxe, deux bars — l’un pour les strip-teaseuses, l’autre pour les amateurs de karaoké —, une maison close aux allures d’antre de luxe, et surtout : mon bureau, mon centre de pouvoir.

Une hôtesse nous accueille. Puis vient la Baronne.

Elle porte bien son nom. Trente ans, dureté dans les yeux, mais élégance dans chaque geste. Ancienne prostituée, elle gère mon bordel comme une horloge suisse. Elle connaît mes goûts, mes exigences, et sait trier les perles rares.

— Soyez les bienvenus, messieurs.
Elle nous conduit à mon bureau, nous sert à boire sans un mot de trop.

— Fais défiler les nouvelles, dis-je calmement.

Elle revient, précédée de dix-huit filles. Beautés venues de tous horizons, jeunes, bien apprêtées, certaines tremblantes, d’autres aguicheuses.

Mais je ne les regarde pas.

Je la cherche.

Et je la vois.

Derrière une autre, dissimulée comme un animal traqué. Elle ne veut pas être vue. Mauvais calcul.

— Toi. Pourquoi as-tu aussi peur ? Approche.

Elle hésite, puis s’avance, les larmes aux yeux. Son regard croise le mien. Et tout s’arrête.

— Comment tu t’appelles ? Pourquoi tu pleures ?
— Je… je…
Elle éclate en sanglots.
— Je m’appelle Sibelle.
— Belle Sibelle… répété-je.

Elle tremble. Toute la pièce retient son souffle. Personne n’ose parler. Personne ne comprend pourquoi ma voix est si douce. Moi non plus.

— Qu’est-ce qui t’arrive ?
— J’ai été kidnappée avec mon amie.

Le verre que je tenais se fêle sous mes doigts.

— Quoi ?


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