...Swan...
Jamais je n'aurais pensé me retrouver un jour dans un jeu charnel avec l'un de mes professeurs. Si quelqu'un m'avait dit cela, j'aurais éclaté de rire et je l'aurais traité de fou. Pourtant, c'est bel et bien arrivé, et ce n'est pas encore fini.
Parfois, je me demande comment nous en sommes arrivés là. Adam n'était pas simplement un professeur pour moi, il était mon mentor, celui avec qui je partageais mes idées les plus audacieuses. Notre relation était d'une solidité à toute épreuve. Tout a débuté un jour banal, alors que nous échangions sur nos théories. Bien que je ne fusse pas son unique élève, j'étais l'une des rares à vraiment m'immerger dans son enseignement. Ce jour-là, nous nous sommes lancés dans un débat passionné sur l'amour et son influence sur l'être humain. Malgré tous nos efforts, nous n'avons jamais réussi à trouver un terrain d'entente. C'est alors qu'il m'a suggéré d'exprimer mes idées à travers un écrit, afin qu'il puisse mieux appréhender ma perspective.
- Ton écriture reflète mieux le fond de ta pensée, m'avait-il dit.
J'avais consigné sur le papier ma conception de l'amour, laissant mes pensées s'exprimer sans entrave. J'avais essayé de me rassurer en considérant cela comme un simple exercice personnel. Alors qu'il parcourait mon texte, je l'observais attentivement, cherchant à déchiffrer ses réactions à chaque phrase, priant pour ne pas le décevoir. Pourtant, je me rappelais que ce texte n'était pas une évaluation. Néanmoins, il était devenu une figure de confiance pour moi, et j'éprouvais une crainte que mes mots changent sa perception de moi et de mes compétences.
Tout a commencé lorsque nous avons abordé la question de la place des relations physiques dans l'amour. Bien que nos idées étaient en harmonie, nos analyses divergeaient en fonction de nos expériences personnelles. D'après moi, l'échange d'un baiser avec quelqu'un ne traduit pas systématiquement un sentiment de désir de la part de cette personne, mais plutôt un acte d'affection ou d'amour.
Je crois fermement que le simple fait de s'embrasser ne garantit pas nécessairement que l'autre ressente du désir pour nous, mais plutôt qu'il nous aime d'une certaine manière. D'un autre côté, lui soutient l'idée que chaque baiser exprime inévitablement une forme de désir, même si celui-ci n'est pas toujours perceptible. Selon lui, le désir peut revêtir différentes formes et se manifester de diverses façons, mais il est toujours présent dans un baiser, même si nous ne le reconnaissons pas immédiatement. Nous débattions comme si l'un ne voulait pas donner raison à l'autre.
À cet instant, je ne pus m'empêcher de reconnaître son charme. Mais en réalisant la portée de mes pensées, je me retrouvai à supplier intérieurement de ne pas rougir, de peur qu'il ne comprenne ce à quoi je venais juste de penser.
Il se tenait en face de moi et me tendit la main. Je me retrouvai debout devant lui, presque à bout touchant, sentant sa respiration effleurer ma peau. Nos regards se croisèrent d'une manière différente, pour la première fois. En quelques instants, j'ai compris ce qui allait se passer. Et pourtant, je ne reculais pas. Mon corps se rapprocha instinctivement du sien, sous l'effet de ses mots. Et alors, nos lèvres se rencontrèrent. Ce n'était pas de l'amour. C'était une forme d'attirance, brute, physique, mais réelle.
Nos rendez-vous reprirent. Chaque fois, la même fin, nos corps, l'un contre l'autre, dans un silence apaisé. Je ne montrais jamais d'affection envers Adam. Je n'en ressentais pas l'envie. Pas de baisers volés, pas de tendresse. Je le rejoignais, puis je disparaissais. C'était notre pacte tacite. À ce moment-là, je ne vis pas le danger. Je préférais vivre l'instant. Quelques jours avant d'embrasser Dean en boîte de nuit, je commençai à comprendre. Les conséquences arrivaient. Un soir, après les cours, nous débattîmes encore. Un peu. Et surtout, nous approfondissions nos théories...
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NIGHTHAWK T1&T2
Romance« J'aime la façon dont tu prononces mon nom, mais c'est vulgaire venant d'une bouche aussi pure. » « Ne me sous-estime pas. » « Oh, je n'oserais pas, princesse. » « Je suis un ange, pas une princesse. » Elle s'était juré de mettre un terme à son pas...
