...Swan...
Plusieurs jours s'écoulent depuis cette nuit où Damian m'a confié une partie de ses pensées. Les souvenirs de cette conversation tournent encore dans ma tête, se mêlant aux inquiétudes croissantes qui nous entourent. Depuis ce moment, nous n'avons plus reparlé de cette nuit. Il semble tendu, tout comme je le suis. Les Miller sont à la recherche de quelque chose, et je commence à croire que c'est moi.
Chaque nuit, je m'endors à ses côtés, mais à mon réveil, il a déjà disparu. Nous ne nous croisons que dans l'obscurité de la nuit, et bien que nos corps partagent le même lit, nos âmes semblent se tenir à distance, retenues par des chaînes invisibles. Chaque fois que nos regards se croisent, une tension électrisante nous traverse, mais aucun de nous n'ose faire le premier pas. Damian semble absorbé par quelque chose de plus grand, quelque chose qui l'éloigne de moi, même lorsque nous sommes ensemble. Il se passe quelque chose en lui, une bataille intérieure que je ne comprends pas entièrement mais que je peux percevoir dans chaque ligne de son visage tendu.
Toutefois, sa présence me suffit. Savoir qu'il est à mes côtés me permet de voir qu'il ne m'ignore pas. Chaque soir, je me demande s'il va venir près de moi, et avant même que je ne désespère, il arrive. Malgré toute la distance qui a pu exister entre nous, il reste, pour une fois, il reste quelque chose. Ce qui suffit à me faire sourire, dans la pénombre de la chambre, quand je sens le matelas s'affaisser et la chaleur de son corps près du mien.
J'imagine déjà la solitude que je ressentirais s'il n'est pas dans ce lit. J'aime dormir seule. Je préfère dormir seule, n'entendre personne, ne pas sentir le lit bouger et avoir toute la couverture pour moi. Mais avec Damian, c'est la première fois que je veux l'entendre bouger, écouter son souffle. Je suis même prête à partager la couverture pour qu'il reste avec moi.
Je dépends trop de toi, Démon.
Les nuits que nous passons ensemble, bien que silencieuses, sont devenues un refuge. Chaque soir, je ressens une étrange anticipation, me demandant si cette nuit sera différente, si cette fois-ci il brisera le silence et s'ouvrira un peu plus. Et chaque fois, même si les mots ne viennent pas, sa simple présence suffit à combler ce vide.
Et même si le matin vient trop vite, me laissant seule dans le lit, je sais que la nuit suivante, il revient. Cette certitude, cette constance, devient ma force. Chaque mouvement, chaque souffle, chaque instant partagé dans le noir, me rappelle que je ne suis pas seule.
La journée, Nate a pour mission de m'apprendre à me défendre. Nous passons par différentes étapes, des bases du combat à mains nues aux techniques de défense plus avancées. Il a une approche méthodique, mais sait aussi comment détendre l'atmosphère. Je me souviens d'une séance particulièrement mémorable où Nate m'avait fait une démonstration exagérée de ce qu'il appelait "l'art de l'intimidation". Il s'était mis à crier et à gesticuler de manière théâtrale. J'avais éclaté de rire, et pendant un instant, les soucis et les dangers semblaient appartenir à un autre monde.
Aujourd'hui, après une nuit encore marquée par le silence, je me réveille seule comme d'habitude. La place de Damian à côté de moi est encore chaude, signe qu'il est parti récemment. Je me lève, traînant les pieds jusqu'à la salle de bain, mes pensées encore embrouillées par le sommeil. Une fois réveillée, je m'empresse d'aller à la cuisine me préparer un café. J'ai pris mes habitudes dans cette maison, et j'apprécie de pouvoir les suivre. Le café fumant en main, je m'assois sur le canapé, observant par la fenêtre. Mon regard se plisse en voyant la voiture de Nate arriver.
À peine a-t-il franchi la porte que je le pointe du doigt.
- Je refuse, soufflé-je, déterminée. C'est trop tôt. On peut s'entraîner plus tard ?
- Non, dit-il en me faisant signe d'aller me préparer.
- Tyran, tu aurais au moins pu venir avec Harper.
- Elle nous attend au quartier général, donc on va la rejoindre. Mais je note que tu la préfères à moi.
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NIGHTHAWK T1&T2
Romance« J'aime la façon dont tu prononces mon nom, mais c'est vulgaire venant d'une bouche aussi pure. » « Ne me sous-estime pas. » « Oh, je n'oserais pas, princesse. » « Je suis un ange, pas une princesse. » Elle s'était juré de mettre un terme à son pas...
