...Swan...
Ses lèvres parcourent ma peau, brûlantes, avides, et chaque baiser semble enflammer mes sens un peu plus. Un souffle, une caresse, et le monde autour de nous s'efface, ne laissant que lui et moi, pris dans une alchimie dangereuse, une danse entre désir et défi. Son corps pressé contre le mien, la tension entre nous se fait insoutenable, et chaque mouvement semble défier la frontière entre amour et haine, entre passion et douleur. Je sens mon cœur battre plus vite, emporté par cette sensation enivrante, par ce besoin qui me consume autant qu'il me terrifie. Ses doigts glissent le long de mon dos, une caresse lente, brûlante, qui me fait frémir de la tête aux pieds. Chaque mouvement de sa main semble marquer ma peau d'une empreinte invisible, comme s'il traçait un chemin de feu et de désir que je ne peux ignorer. La chaleur de ses doigts contre ma peau nue m'enveloppe, m'envahit, me faisant oublier toutes les raisons pour lesquelles j'ai un jour cherché à m'éloigner de lui.
Je me rappelle cette haine que j'ai ressentie pour lui par le passé, cette rancœur qui a grandi en moi au fil des batailles, des trahisons silencieuses et des mots jamais prononcés. Il m'a poussée dans mes retranchements, m'a confrontée à mes propres faiblesses, à mes propres contradictions. Je l'ai haï pour ça, haï avec une intensité telle que je croyais que ce sentiment m'aiderait à le bannir de mes pensées pour de bon. Mais cette haine... ce n'est qu'un masque. Un écran derrière lequel se cache un amour puissant, un désir incontrôlable qui me consume.
Je lève les yeux vers lui, et nos regards se croisent, ce regard qui a toujours exercé sur moi un pouvoir inexplicable. Ses yeux, sombres et perçants, renferment mille secrets, des promesses d'abandon et des promesses de destruction. C'est ce même regard que j'ai appris à haïr, que j'ai juré de ne plus jamais croiser. Et pourtant, il me happe, me capture sans espoir de retour.
Je déteste la façon dont il me fait me sentir vulnérable, la façon dont il semble tout comprendre, même mes doutes les plus enfouis. Ce n'est pas simplement de l'amour, ni même de la luxure. C'est quelque chose de plus profond, de plus primitif, un besoin viscéral, une attirance irrépressible qui me pousse vers lui, qui me fait brûler de l'intérieur. Sous la caresse de ses doigts dans mon dos, je sens cette flamme s'intensifier, grandir en moi, m'emportant loin de toute raison, de toute logique. Avec lui, tout ce que je pensais savoir sur moi-même s'effondre. Je ne suis plus qu'une femme en proie à un désir qui la dépasse, prête à se livrer, à s'abandonner sans réserve, à oublier les blessures et les rancœurs pour ne laisser place qu'à ce lien puissant, presque mystique, qui nous unit.
J'essaie de lever la main, de toucher son visage, de m'accrocher à lui comme pour m'assurer qu'il est bien réel, mais ma main glisse dans le vide, comme si une barrière invisible se dressait entre nous. Un frisson de confusion m'envahit, mais je chasse cette pensée, me concentrant sur ses yeux, sur sa présence.
Puis, tout à coup, il murmure d'une voix rauque, une voix pleine de promesses et de fêlures.
- Je t'aime, Swan.
Une onde de choc traverse mon corps, comme si quelque chose en moi venait de se réveiller brutalement. Le monde autour de nous vacille, et la vérité me frappe avec une violence inouïe, ce n'est qu'un rêve. Une simple illusion, une construction de mon esprit torturé par le manque, par la blessure béante qu'il a laissée en moi.
Je m'éveille en sursaut, la poitrine opprimée par une douleur sourde. Mes doigts tremblent légèrement, crispés sur les draps froids de mon lit. La réalité s'impose à moi comme un mur brutal. Il n'est pas là. Il n'a jamais été là. Ce n'est que mon esprit, mon maudit esprit, qui joue avec moi, me renvoyant encore et encore vers ce souvenir douloureux. Je reste allongée dans l'obscurité, le souffle court, mes pensées embrouillées, mon cœur encore marqué par l'intensité de cette étreinte fantôme. Le silence de la pièce me paraît glacial, hostile, un contraste cruel avec la chaleur enivrante de ce rêve. Ce "je t'aime" résonne encore dans ma tête, un écho qui me hante, qui ravive cette plaie que je me suis promis de fermer pour de bon. Le souvenir de Damian au cimetière m'assaillit encore, aussi vif qu'un coup de poignard. Je revois son visage figé dans la douleur, ses épaules affaissées sous le poids de l'absence, sa main tremblante posée sur la pierre froide de ma tombe.
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NIGHTHAWK T1&T2
Roman d'amour« J'aime la façon dont tu prononces mon nom, mais c'est vulgaire venant d'une bouche aussi pure. » « Ne me sous-estime pas. » « Oh, je n'oserais pas, princesse. » « Je suis un ange, pas une princesse. » Elle s'était juré de mettre un terme à son pas...
