...Swan...
J'étais la fille de Mark Miller et rien ne pourrait jamais changer cela. Cette réalité était comme une chaîne qui m'entravait, m'empêchant de m'échapper de l'emprise de mon père et de son héritage de violence. Pendant des années, j'avais lutté pour oublier, pour effacer les souvenirs douloureux, les actes dont j'étais complice, les pensées sombres qui hantaient mes nuits. Mais la vérité était là, implacable, je ne pouvais pas renier qui j'étais, d'où je venais. J'avais toujours rêvé d'une vie normale, d'un amour vrai, d'une confiance sans faille. Mais ces rêves semblaient lointains, inaccessibles, face à la réalité de mon existence.
La nuit que j'avais tant imaginée, la nuit où je pourrais enfin tout détruire. Depuis mes 12 ans, j'avais dressé une liste, y ajoutant chaque cauchemar, chaque souvenir douloureux. Cette liste était devenue le reflet de ma souffrance, de ma lutte intérieure pour fuir un passé qui me hantait. Mais malgré mes efforts pour m'en libérer, je sais au fond de moi que je ne peux simplement pas tourner la page et partir.
Seule dans cette chambre, après que Damian m'a laissée en tête-à-tête avec mes démons, je sens mes forces me quitter peu à peu. Devant lui, j'ai tenu bon, refusant de céder à la vulnérabilité. Mais maintenant, une fois la porte refermée, c'est comme si tout mon être se désagrége. Je me déteste pour ma faiblesse, mais plus que tout, je hais Mark Miller, ce père dont je porte le nom sans pouvoir l'effacer. Je hais ce monde impitoyable et surtout, je hais ce que Damian Hawk représente dans cet univers.
Je me retrouve là, dans cette pièce, perdue dans mes pensées, sans même savoir depuis combien de temps j'y suis. Je me demande si quelqu'un s'inquiète de mon absence, si quelqu'un se demande où je suis. J'ai toujours été discrète sur ma vie quotidienne, veillant à ce que personne ne se pose trop de questions le jour où je disparaîtrai. Après tout, personne ne me connaît vraiment.
Un léger coup à la porte me tire de mes réflexions. Je me relève précipitamment, effaçant les traces de mes larmes du revers de mes mains, tentant de dissimuler ma détresse. Mes yeux doivent être rougis. Je n'ai aucune envie de faire face à Damian, du moins pas pour l'instant. Une tête blonde se glisse timidement à travers l'embrasure de la porte.
- Puis-je entrer ? demande Harper avec un sourire timide.
Je lui fais signe d'approcher. Je me dirige vers le lit et m'y laisse tomber, enfouissant mon visage dans les coussins pour lui cacher mon regard.
- Tu veux en parler ? Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais Damian semble furieux. Il t'a fait quelque chose ?
- Il ne m'a rien fait. J'aurais presque préféré, plaisanté-je.
Elle se rapproche encore plus et m'enlace. Ce geste est si réconfortant, si chaleureux, et je me laisse aller dans ses bras. Elle semble si sincère.
- Ne retiens pas tes larmes pour moi, Swan.
- Ça se voit autant que ça ?
- Meuf, t'as les yeux plus rouges que moi quand je fume.
Un rire incontrôlé s'échappe de mes lèvres, brisant un instant la pesanteur de l'atmosphère. Harper, prenant cette lueur d'amusement comme une invitation à détendre l'ambiance, se lève brusquement et m'ordonne de ne pas bouger. Elle part en courant, laissant planer un mystère. À son retour, elle tient une petite boîte dans ses mains. Sans dire un mot, elle ouvre la boîte et se met à rouler un joint. Une fois prêt, elle me le tend avec un sourire rassurant. Je le prends entre mes doigts et inspire profondément, sentant la fumée envahir mes poumons. Quelques minutes plus tard, nous sommes toutes les deux allongées sur le lit, côte à côte.
Harper et moi échangeons des anecdotes sur nos pires souvenirs de lycée, nos crushs impossibles et nos maladresses les plus mémorables.
- Tu sais, ce jour-là, j'ai eu une expérience assez... serrée avec une robe rouge dans un magasin. Mais Nate était là pour me sauver et depuis, on ne peut plus regarder une robe rouge sans éclater de rire.
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NIGHTHAWK T1&T2
Roman d'amour« J'aime la façon dont tu prononces mon nom, mais c'est vulgaire venant d'une bouche aussi pure. » « Ne me sous-estime pas. » « Oh, je n'oserais pas, princesse. » « Je suis un ange, pas une princesse. » Elle s'était juré de mettre un terme à son pas...
