5 mois plus tôt
...Swan...
Le bourdonnement constant d'une machine à côté de moi résonne dans un silence troublé. Le bip régulier des appareils me tire lentement des ténèbres d'un sommeil profond et troublant, comme un chant lointain qui m'appelle. Mais c'est un appel qui se heurte à une douleur lancinante, une douleur sourde qui semble imprégner chaque fibre de mon corps. J'essaie d'ouvrir les yeux, mais c'est comme si des poids invisibles s'accrochent à mes paupières. Mon Dieu, ça fait mal. Chaque mouvement me rappelle la gravité de ma situation, me ramène à une réalité que j'aurais préféré ignorer. La lumière qui filtre à travers mes paupières closes est trop vive, trop crue.
Un autre bip me parvient aux oreilles, plus urgent cette fois, comme si la machine est en émoi, réagissant à mon désespoir. Je me concentre, lutte pour briser l'emprise de l'inconscience qui m'enveloppe encore. Mes pensées s'entremêlent dans un brouillard confus. Où suis-je ? Que s'est-il passé ?
Avec un effort monumental, j'arrive finalement à soulever une paupière. La lumière me frappe, et je plisse immédiatement les yeux, mais je peux déjà voir les contours flous d'une chambre d'hôpital. Les murs sont d'un blanc aseptisé, et l'odeur des désinfectants emplit l'air. Je tourne légèrement la tête et aperçois des appareils, des tubes qui se faufilent autour de moi comme des serpents.
- Putain, mon crâne... murmuré-je, la douleur frappant comme une onde de choc à chaque mouvement.
Je tente de me redresser, mais mon corps réagit lentement, comme s'il est engourdi par une anesthésie persistante. Les souvenirs jaillissent, la soirée, le bal. Damian à mes côtés. Mon père. La vidéo. Rhys. Tout est devenu réel. Toute l'adrénaline a disparu. J'entends la porte grincer, et je me retourne brusquement. Une femme en blouse blanche entre dans la chambre, mais en me voyant, elle fait tomber son plateau, provoquant un fracas de métal et de verre. Mon cœur se met à battre plus vite.
Suis-je défigurée ?
Je commence à m'interroger, est-ce que Damian sait où je suis ? Mon père est-il mort ? Les questions affluent, lourdes et pressantes, tandis que je tente de rassembler les fragments de mes souvenirs. Je me souviens des dernières secondes avant le noir total, mon corps atteignant la sortie de secours, l'immeuble menaçant de s'effondrer sur moi. La terreur qui s'est emparée de moi dans cette fraction de seconde. Et puis, cet homme, le chauffeur...il m'a tirée, je m'en souviens maintenant, avant que tout ne devienne flou. Une étincelle d'espoir naît dans mon esprit. Cela signifie que... que le plan de Rhys a fonctionné ? J'ai disparu ?
Je suis submergée par cette nouvelle réalité. J'ai échappé à la mort, mais à quel prix ? Je dois savoir ce qui s'est passé. Est-ce que Rhys a réussi à faire ce qu'il avait promis ? Chaque seconde qui passe me rapproche de ces réponses. Je sens que je suis sur le point de reprendre le contrôle, de retrouver le fil de ma vie, mais il me reste encore tant à découvrir.
Un homme en blouse blanche entre dans la chambre en précipitation, et son regard trahit une surprise palpable en me voyant éveillée. Il marmonne des instructions à la femme qui se tient derrière lui, visiblement en train de prendre des notes ou de vérifier des documents. Puis, il s'approche de moi, une expression sérieuse sur le visage.
- Madame Lark, vous m'entendez ?
Lark ? Ce nom ne me dit rien. Je hoche la tête, presque instinctivement, malgré ma confusion.
- L'infirmière est partie appeler votre ami. Il sera ici d'une minute à l'autre, explique-t-il d'une voix posée.
Je hoche de nouveau la tête, essayant d'ignorer l'angoisse qui grandit en moi. L'idée que quelqu'un s'inquiète pour moi, que je ne suis pas seule, apporte une petite lueur d'espoir.
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NIGHTHAWK T1&T2
Romance« J'aime la façon dont tu prononces mon nom, mais c'est vulgaire venant d'une bouche aussi pure. » « Ne me sous-estime pas. » « Oh, je n'oserais pas, princesse. » « Je suis un ange, pas une princesse. » Elle s'était juré de mettre un terme à son pas...
