Chapitre 45

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Maëva Gasly - Madrid, Espagne

Ma valise est prête, contrairement à moi qui ne suis pas prête à partir. Je prends l'avion dans une heure et je n'ai pas envie de quitter cette maison. C'est fou comme en six jours, je me suis habituée à ce court quotidien. Nous n'étions rien que tous les deux, sans personne pour être témoin de ce qu'on faisait. On n'avait pas besoin de se cacher parce que c'était nous. Ces derniers jours -depuis la randonnée- j'ai même dormi en short de pyjama avec lui. C'est con comme détail, mais je me sentais à l'aise de montrer ce défaut. J'ai envie de rester avec lui parce que je ne me cache pas.

-Tu es prête ? me demande Carlos en rentrant dans la chambre. Tu m'as pris un deuxième pull ?
-Celui d'hier, il sent la pluie. Alors que celui-là... oui, j'hésite avant de bien répondre.
-C'est donc lui que tu emmènes.
-Exact, je ferme ma valise. Je crois que c'est l'heure.

Piñón arrive dans la chambre en essayant de me lécher la joue, ce que j'ai très vite esquivé. Je lui fais plein de caresse comme il adore, puis j'entoure mes bras autour de lui pour lui faire un câlin avant de me lever. Carlos prend ma valise, puis j'attrape mon sac à main pour sortir de la chambre. Je dis une dernière fois au revoir à Piñón avant de sortir pour monter dans la voiture.

Tout à l'heure, avant de monter pour faire ma valise, on a convenu d'un truc. On veut être discret sur notre relation. On a donc été d'accord pour qu'il m'accompagne jusque dans le hall de l'aéroport, qu'on se dise en revoir et c'est tout.
Sauf que je crois bien que le trajet en voiture nous a fait oublier toute promesse. À l'aéroport, on n'a pas réussi à se lâcher. Carlos m'a accompagné jusqu'à l'enregistrement de mon billet et de ma valise. Au vu de l'heure, on a aussi mangé tous les deux. Loin l'idée du dîner de rêve, juste nous deux en tête-à-tête, chacun avec son sandwich. Ça reste tout de même les derniers petits instants à s'accrocher ensemble avant de se quitter à la première barrière de douane.

-Tu m'envoies un message quand tu atterris. Pareil quand tu arrives à Rouen et même dans deux jours quand tu arriveras à Londres.
-Oui, Carlos, je me mets à rire. Je t'envoie des messages à chaque fois. Je t'enverrai même une photo avec mes parents.
-Très bien, il fixe un instant son regard sur moi. Tu vas me manquer.
-On se voit dans deux semaines à Austin.
-Deux semaines ? C'est très long.
-C'est pour mieux se retrouver, je te le promets.

Je caresse doucement sa joue, puis je me penche vers lui pour déposer un baiser sur son autre joue. Très vite, ses bras s'enroulent autour de ma taille pour me serrer fort contre lui. Je n'ai pas envie de le quitter. Je n'aurai pas eu les essayages ou même mes obligations de travail, j'aurai peut-être rallongé mon séjour.
Il dépose un baiser sur mon nez avant qu'on se sépare pour la dernière fois. J'attrape mon sac, puis on se dit au revoir avant que je n'avance dans l'aéroport et qu'on se perde de vue. Deux semaines qu'est-ce que c'est ? On se reverra très vite.

Posée dans l'avion, je m'enfouis la tête dans le col du pull et pose ma tablette devant moi pour trier les photos de cette semaine. Je vais faire un post sur ma semaine avec Carlos sur mon compte maeba.jpg. Avec Carlos, on s'est autorisé à se montrer sur les réseaux cette semaine. On ne veut pas se cacher, mais on reste tout de même discret. Le public croit déjà que nous sommes en couple, ils n'ont pas besoin de connaître toute notre vie privée.

-Vous êtes très mignon, me dit cette femme espagnole entre deux musiques.

Je retire mon casque de mes oreilles pour me tourner vers elle. Elle doit bien avoir une trentaine d'années et je vois à son t-shirt qu'elle est demoiselle d'honneur. Ah ! Elle doit faire partie de ce groupe de copines que j'ai vu avant de monter dans l'avion. Ce voyage à Paris est sûrement le cadeau pour l'enterrement de vie de jeune fille de la future mariée.

The Paddock BoysOù les histoires vivent. Découvrez maintenant