Chapitre 55

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Maëva Gasly - Abu Dhabi, Emirats Arabe Unis

The last race comme on dit. La fin d'une saison riche en émotion bien qu'elle soit conclue depuis le week-end dernier pour notre part. Bon, peut-être Carlos qui peut se battre pour la troisième place avec Lando, même s'il est peu probable que ça arrive. Si Carlos veut cette troisième place dans le championnat, il doit être premier de cette course, avec le tour le plus rapide et que Lando ne soit pas dans les points. Sauf que McLaren joue aussi leur troisième place, ils ne vont pas lâcher Lando lors de cette course.
J'ai vu Lando très nerveux cette semaine, il veut faire monter son équipe au plus haut, c'est normal. Ça fait plusieurs semaines que Maggie m'informe sur Lando. Celui-ci s'entraîne chaque jour en révisant les virages du circuit, en faisant du simu s'il est chez lui ou s'imaginant la piste dans sa tête. Je le reconnais bien, je l'ai souvent vu à l'œuvre lorsque j'ai travaillé avec lui. Et dans ces moments, on ne peut pas l'arrêter.
Quant à mon pilote et mon travail, j'ai réussi à organiser de nombreuses entrevues. Déjà, cette semaine, on a pu en faire pas mal lors de la journée de jeudi. Puis j'en ai organisé quelques-unes à Paris et à Londres. Demain, lorsqu'on rentre, on fait une escale à Monaco pour récupérer nos affaires afin de partir le soir même pour Paris. Ainsi, on fait notre devoir médiatique le lendemain avant la cérémonie des trophées. Puis direction Londres pour ma semaine chez Louise où nous nous permettons deux jours à travailler. Je me suis excusée plusieurs fois auprès de ma meilleure amie même s'il me comprend. Heureusement qu'on fait le même travail.

-Alors ? Quel casque conserves-tu ? je demande à Charles, étant assise dans sa driver room.
-Celui du champion du monde est magnifique, je l'avoue. Mais je reste dans la tradition pour la course. J'ai porté le doré pendant les essais et les qualifs. Celui-ci mérite aussi sa course.

Pour ce GP, Charles a reçu deux casques. L'habituel, mais aux couleurs d'un champion du monde. Puis un personnalisé qu'il fait chaque année, un casque avec tous les noms de son équipe. J'adore les deux casques, mais sans vouloir me vanter, il y en a un avec mon nom dessus.
Aujourd'hui, cette course est spéciale. La dernière du duo de Charles et Carlos chez Ferrari. Nous l'attendons pour l'échange de casque. Les garçons voulaient faire ça en toute discrétion, les deux pilotes, Vitoria et moi pour les filmer. Pas devant toute l'équipe et possible photographe devant le motor-home.
Justement, celui-ci toque à la porte. On laisse entrer Carlos et Vitoria dans la pièce sans nous faire remarquer. Je ferme à clé derrière eux pour plus de tranquillité. En me retournant face à eux, je lis dans leur regard une petite difficulté face à ce moment. Ils n'ont pas envie que ça se termine. Ils me l'ont dit tous les deux. Pas mot pour mot, bien sûr, ils ont chacun leur fierté. Mais ils ont réussi à me le faire comprendre.

-Vous êtes prêts les garçons ? leur demande Vitoria.
-Tu commences ou je commencs ? interroge Charles face à Carlos.
-Comme tu veux, lui réponds celui-ci.
-J'en n'ai pas envie, dit Charles ce qui fait rire les deux garçons. Bon, il faut bien se lancer.

Charles souffle un bon coup en secouant de la tête, puis il se redresse en souriant ce qui fait exploser de rire les deux pilotes. Quand je dis qu'ils le font comprendre. Rien que ce moment, ils essayent de le retarder.

-Allez, je me lance, il baisse le regard vers le message écrit sur son casque. Cher Carlos, ou "Calo" lorsque je m'énerve pendant les challenges Ferrari...
-Ou lorsque je te bats au tennis, au paddle... continue Carlos qui explose de rire.
-Ne m'interromps pas, le coupe Charles qui rit avec lui. Bref. Je t'ai enfin battu dans un sport et j'en suis plutôt fier. C'est grâce à toi et ses quatre années ensemble, tu as su me faire repousser mes limites et me faire grandir. Ça a été un plaisir de rouler à tes côtés. À l'année prochaine sur la piste.

Son casque entre ses mains, ils tentent de l'enfoncer sur la tête de Carlos. Ce qui ne fonctionne pas du tout. Je laisse imaginer le fou rire qui les rattrape, même si je dois avouer qu'avec Vitoria, nous les accompagnons dans ce fou rire.
Les rires se calment, Carlos garde le casque de Charles sous son bras et réalise enfin que c'est à son tour de lire son petit message.

The Paddock BoysOù les histoires vivent. Découvrez maintenant