Chapitre 23

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Maëva Gasly - Londres, Royaume-Uni

Oooooh le mal de crâne énorme. J'aurais préféré ne jamais me réveiller. Les yeux à peine ouverts et voilà qu'un marteau-piqueur s'allume dans mon crâne. Je ne parle même pas de ma gorge qui ne peut même plus sortir un son tellement elle est sèche. Je me suis assise dans mon lit, allant étape par étape pour me réveiller.
Qu'est-ce que j'ai fait hier ? Humpf ! Je ne veux même pas y réfléchir pour le moment. En tout cas, je suis en pyjama, j'ai pu au moins faire ça en rentrant ! Je réussis enfin à me lever de mon lit, après cinq minutes de comas, en réalisant ce que je dois faire. Je traîne des pieds jusqu'à la salle de bain. Devant le miroir, je réalise que je me suis aussi démaquillée. Waouh ! C'est la première fois que j'ai autant la gueule de bois, mais que je réussis à tout faire toute seule en rentrant. Je dois être dans un monde parallèle !

Je bois un peu d'eau au robinet, puis je me mets sous la douche pour tenter de me réveiller. Sauf que même le son de l'eau qui coule résonne comme un tambour dans ma tête. Je devrais me promettre d'arrêter de boire, mais on sait tous qu'on ne tient jamais cette promesse.

En sortant de la douche, je prends mon portable pour regarder l'heure en ignorant toutes les notifications. Huit heures trente. Si je descends au restaurant de l'hôtel, c'est certain que je vais trouver mes parents. J'entends déjà les blagues de mon père pour se foutre de ma gueule de zombie.
Après tout, je ne vais pas pouvoir l'éviter, mon ventre se met à gargouiller à la demande de sucre. J'enfile un jogging et un sweat-shirt avec la plus grosse capuche que je peux avoir. Oui, je n'assume pas du tout ce que j'ai fait hier.
Je récupère mon téléphone, la carte de ma chambre et je monte dans l'ascenseur. J'essaye de repenser à ce que j'ai pu faire hier après ce verre de trop. Je sais que j'étais énervée contre Pierre de m'éloigner de Carlos, donc je dansais dans mon coin avec Kika et... OH KIKA ! Hier soir, elle m'a embrassé. Pourquoi déjà ? J'ai juste ce souvenir d'elle qui m'embrasse. Daniel aussi m'a embrassé lorsque j'étais sobre, ensuite, ça a  été Kika... Je n'aurais pas embrassé Carlos sans m'en souvenir tout de même ? Ça serait le comble après trois baisers ratés.

En arrivant dans la salle du petit-déjeuner, je vois mes parents qui sont à table avec Kika. Pierre n'est pas avec eux ? Je scanne du regard toute la salle en espérant le trouver. Nulle part... C'est étrange.

-Tu es déjà réveillée ? me demande mon père.
-Oh bah quand tu te réveilles avec ton cerveau qui réaménage ta boite crânienne, ça aide à rester éveillée.
-J'ai quelque chose pour toi, intervient ma mère. Je me doutais que tu as dû... Bien célébrer la victoire de Lando.

Elle me tend une boîte de médicament. Je le reconnais bien celui-là, pour les mauvais lendemains de soirée. Je n'hésite pas une seconde à en prendre un. Je remercie ma mère en lui envoyant un baiser dans les airs, puis je me lève pour me servir un petit-déjeuner au buffet.

-Tu te rappelles de la soirée d'hier ? me demande Kika en arrivant derrière moi.
-Si tu veux parler de la façon dont tu m'as embrassé, je souris malicieusement.
-C'était pour éloigner un gars qui me draguait je te rappelle.
-Ah ! C'était pour ça, j'avais oublié.
-Tu as oublié ?
-J'ai oublié beaucoup de chose de cette soirée, je dois l'avouer. Pierre dort encore ?
-Il est parti courir.
-À cette heure-là ? Je veux bien qu'il soit sportif, mais il n'est pas aussi matinal, je me mets à rire.
-Il avait du mal à rester en place, son regard est plus sérieux et empathique. Tu sais, à cause des quatre vérités que tu lui as dites.
-Quoi ? Qu'est-ce que je lui ai dit ? Kika, je ne me souviens de rien, ce n'est pas drôle.

Elle me prend par le bras pour qu'on s'installe à une table pour m'expliquer -le plus loin possible des parents- sur ce qui a pu se passer hier.
C'est vrai que j'étais en colère contre lui et je ne veux même pas imaginer ce qui se passait dans ma tête quand il a interrompu un encore-presque-baiser avec Carlos. Mais c'est donc là que vient ce regard. Il y a dix ans, je l'avais compris. La première fois que sa petite sœur se mettait en couple et avec son meilleur ami, il s'inquiétait beaucoup. Sauf que je n'ai plus seize ans, je suis une adulte et je suis heureuse quand je suis avec Carlos.
Kika fini de me raconter ce qui s'est passé entre mon frère et moi lorsque Arthur débarque à notre table. Il a l'air tout aussi fatigué que moi. C'est clair qu'on a bien profité de cette soirée.

The Paddock BoysOù les histoires vivent. Découvrez maintenant