Chapitre 53

335 16 0
                                        

Maëva Gasly - Doha, Qatar

Il faut bien avouer que ce week-end est très tendu. Depuis Las Vegas, les points de Charles le rapproche de la victoire du championnat. Ma boîte mail se remplit à chaque seconde et je ne parle même pas du nombre de journalistes qui est venu le voir pour la journée presse. Pauvre Charlie, assis à cette table avec une trentaine de téléphone devant lui et autant de journalistes agglutinés autour.
Encore pire après sa course sprint. Il a fini deuxième avec Max devant lui. Malgré ça, on sait que s'il finit premier, Charles devient champion du monde ce soir. Après la journée d'hier, on a dû rester plus longtemps au paddock pour qu'ils voient quelques journalistes. Je l'ai bloqué avec les médias qu'ils préfèrent, il doit se concentrer tout de même pour la course. Je ne veux pas qu'il perde la tête avec des journalistes qui ne feraient que de l'enfoncer.
Tout ça, c'est nouveau pour moi. Que ça soit avec Pierre ou même Lando à l'époque, je savais que les médias en demandaient moins. C'étaient surtout lors des rumeurs de transfert ou lorsqu'il y a des problèmes en interne et qu'ils essayent de gratter des réponses auprès des pilotes. Mais bien que cette année a été mouvementée au niveau de mon boulot, je n'ai jamais été anxieuse pour ça. Ce qui m'étonne. Avec mes histoires personnelles autour de Carlos et Daniel, je me suis détachée de la pression du travail.

-Au niveau des journalistes sur la grille, je me tourne vers Charles en le briefant. Parfois, ils aiment venir vous voir, vous interroger un petit peu. Si tu vois Canal+, n'hésite pas à lâcher un petit mot si tu le sens. Tu sais qu'avec Franck Montagny et Margot, tu n'auras pas de pression. Pour les autres, tu gardes ton casque de musique sur les oreilles. Andrea, si tu vois une caméra, tu trouves un truc pour occuper Charles. Je ne sais pas, tu le rafraichis, un entraînement de réflexe, j'ai confiance en toi.
-Ça ne change pas de ce qu'on dit depuis le début du week-end, me sourit Charles avec malice.
-Ouais, c'est ça, j'expire un peu anxieuse.
-Maë...
-Ne me dis pas que tout va bien se passer, je lui réponds en français. Tu me connais et tu ne peux pas me mentir, je ne suis pas une journaliste.

Nous rions tous les deux et je me jette dans ses bras. Je lui montre ainsi mon soutien, puis Charles m'aide à me calmer.

-Il restera toujours une course, me dit-il en desserrant son étreinte.
-Une course où vous serez à égalité si tu finis DNF et qu'il prend ta première place.
-Prédis tout de suite que je vais me prendre un mur, il se met à rire.
-Ne dis pas ce que je n'ai pas dit, je recule en lui donnant une tape sur le torse.

On se regarde en explosant de rire, ce qui nous détend pendant un instant. Même s'il prétend le contraire, on le connait tous, il ne prend pas ça comme une simple course au fond. Aujourd'hui, c'est la victoire. Rien d'autre !
Les deux pilotes Ferrari ont rejoint chacun leur stratégiste pour rediscuter de la stratégie de course et de leur temps. On sait déjà que Carlos va devoir faire barrage derrière Charles. Il y a trois voitures entre eux -dont une devant Charles-, il faudrait que Carlos monte aussi. Même si Ferrari est sécur pour leur championnat et que Carlos a sa place chez Mercedes, plus il monte dans le championnat, mieux c'est. Et de terminer ses courses par des podiums pour son écurie, ça serait encore mieux.

Ah aussi ! C'est officiel, je reste avec Charles l'année prochaine. J'aurais pu partir si Pierre changeait d'écurie, mais il reste chez Alpine. Il a signé son contrat le week-end dernier. Son attachée de presse souhaitait aussi continuer, on ne va donc pas changer nos habitudes. Bien que mes habitudes de cette année vont changer la prochaine saison. Travailler avec Lewis, ça sera différent qu'avec le duo Carlos et Charles pour le côté réseaux sociaux. On sait tous que George est celui qui nourrit le plus les vidéos de Mercedes.

-Ah ma chérie !

Je sers fort ma maman dans mes bras, elle-même me désignant la même étreinte. Je lui embrasse la joue pour passer à mon père. Mais en reculant, je remarque deux de mes demi-frères. Cyril et Paul sont ici, avec leur femme ! Je me jette dans les bras de Cyril et ramène Paul contre nous avec mon bras droit. Ils ne m'avaient pas dit qu'ils venaient pour cette course.

The Paddock BoysOù les histoires vivent. Découvrez maintenant