Chapitre 20

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Maëva Gasly - Barcelone, Espagne

Nous sommes arrivés il y a quelques jours en Espagne avec mon frère, profitant de la ville de Barcelone en famille. À présent, c'est le troisième jour de ce week-end de Formule 1 -jour des qualifs. On pourrait penser que ce GP pourrait me rapprocher encore plus de Carlos. Surtout qu'on s'était dit qu'on ne se parlerait qu'en espagnol entre nous, pour m'entraîner. Sauf qu'il passe du temps avec sa famille puisque sa mère et sa grande sœur sont présentes. Bon, j'ai quand même eu le droit à la journée médiatique avec lui -et Charles- comme nos familles ne sont pas là le jeudi. Sauf que depuis l'histoire de ma chemise oubliée dans sa driver room, hier je faisais en sorte de ne pas croiser sa mère. Ni même sa sœur qui a dû entendre l'histoire. On ne veut pas vivre un moment de gêne familial -surtout moi, je sais que je ne serai pas à l'aise.

Ce matin, avant le troisième essai, nous nous dirigeons vers la fan zone avec Charles. Carlos et lui monteront sur scène avec les pilotes McLaren. En attendant Lando et Oscar, nous zyeutons sur les pilotes de Mercedes et d'Aston Martin encore sur scène. Fernando se fait acclamer en étant à domicile. C'est ce qui manque de ne pas avoir de course en France dans le calendrier, tous les fans français... Mon regard se tourne vers Carlos qui vient s'appuyer à côté de moi contre une rambarde en métal.

-C'est dommage qu'on s'évite juste à cause de ta sœur, dis-je à Carlos. Je suis sûre que je peux réussir à surmonter l'histoire du chemisier. Puis j'ai rencontré ta maman, j'ai survécu. Je peux survivre à Blanca. C'est bien Blanca ?
-Oui, c'est bien Blanca, me rassure-t-il. Le problème avec ma sœur, c'est que je lui raconte tout. Comme toi avec Lando et Arthur, j'imagine. Mais Blanca ne sait pas garder sa langue de sa poche. J'ai peur qu'elle puisse dire des choses que... Que je n'ose pas avouer moi-même.
-Je comprends, t'en fais pas, je lui souris en caressant son bras. On pourrait peut-être se retrouver ce soir ? Rien que tous les deux ? Cette fois-ci, je t'invite.
-J'aurais voulu te dire oui, mais je veux profiter de ma sœur. Je ne la vois pas souvent.
-Oh ! Je comprends ! Après tout, je t'avais dit la même chose quand j'ai revu mes parents. Je
-Je m'en veux de refuser quelque chose que tu me proposes, m'avoue-t-il de ses yeux doux.
-Tu n'as pas à t'en vouloir, ma main se glisse sur la sienne. La famille avant tout. Qui de mieux que quelqu'un qui travaille dans le sport auto pour te comprendre là-dessus ?
-Maëva ! Ça va être à nous ! crie Charles au loin.
-Tes fans t'attendent, lui dis-je en m'écartant.
-Il y a qu'une fan que je souhaite.

Il m'embrasse le bout du nez et par rejoindre son coéquipier. Fuck, fuck, fuck ! Je n'ai pas pu contrôler le frisson qui m'a parcouru lorsqu'il a prononcé cette phrase. C'est donc ça de tomber amoureuse d'un pilote ? D'entendre des phrases similaires ? À l'époque, pour charrier Anthoine, je lui disais que je ne suis la fan que d'une personne, mon frère. Donc, il me disait qu'il ferait tout pour qu'il soit mon pilote préféré et que je devienne fan de lui.
Et on parle de ce bisou ?! Ça ne m'a pas aidé à garder ce frisson. Je pourrais m'habituer à ce genre de baiser, c'est très mignon.

-Allô la Terre ! Ici Sweety. Vous me recevez ? Cupcake ? tente Lando pour me sortir de mes pensées.
-Q-Quoi ?! Oh pardon ! Tu n'es pas censé monter sur scène pour rejoindre la fan zone ?
-Si ! Mais on ne nous a pas encore appelé. En plus, je t'ai vu raide comme un piquet à regarder dans le vide. Tout va bien ?
-On ne peut mieux !
-Veuillez accueillir comme il se doit, les pilotes de McLaren...
-Ça va être ton tour.
-... Piastri et Lando Norris !

Il se met à courir pour rejoindre la scène. Je rejoins le bord de scène pour les observer, me retrouvant avec Vitoria et Carlos -le cousin. Bon, je n'ai officiellement rien à faire ce soir. On a mangé en famille hier soir et mes deux frères -du côté paternel- ne viennent que demain soir. La seule soirée de libre que j'avais, c'était ce soir. Après les baisers qui ne se concluent pas, je ne vais pas réussir à l'inviter en rendez-vous ? Ce n'est rien Maëva ! Tu ne dois plus croire aux signes, ce n'est que de la stupidité. Seuls tes sentiments comptent.

The Paddock BoysOù les histoires vivent. Découvrez maintenant