Chapitre 57

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Maëva Gasly - Londres, Royaume-Uni

Ma meilleure amie se marie aujourd'hui ! Je ne pourrais pas expliquer à quel point je suis excitée. Ça fait dix ans que je connais Louise, des années qu'elle me parle de mariage et plus d'un an qu'elle prépare ce moment. Son grand jour est arrivé.
Bien que je sois arrivée avec Carlos et Charles, j'ai dû dire en revoir à mon petit-ami lundi puisqu'il a des devoirs avec Mercedes. Quant à Charles et Alex, ils sont restés un peu à Londres pour visiter la ville ensemble et sont retournés à Monaco hier soir.
La semaine a été chargée, entre mon boulot et la préparation du mariage, je n'ai pas arrêté. Heureusement que ma famille est à Londres depuis lundi. Ils ont pu nous aider à la préparation avec la famille de Rupert. Surtout hier, on a pu décorer la salle et elle est superbe. Sur un ton magique de Noël, une décoration chaleureuse, comme si nous étions dans un chalet. Pour la cérémonie, se sont Amanda et ma mère qui gèrent la décoration ce matin. Bien sûr, en s'inspirant des dessins et canva de Louise. J'ai confiance en ma mère pour le respecter.

Depuis hier soir, je suis seule avec Louise. Les deux fiancés tenaient à la tradition de ne pas se voir jusqu'à l'heure du mariage. C'est moi, sa témoin, qui m'occupe de tout. Louise est tellement joyeuse et impatiente de ce grand jour que j'ai dû forcer pour la mettre au lit et de ne pas la faire boire. Oui, elle voulait boire la veille de son mariage, je cite "pour fêter ça". Comme je lui ai dit, on n'est pas dans un film américain dont l'EVJF est la veille. Il vaut mieux qu'elle soit en pleine forme en arrivant à l'autel. Surtout que certains membres de sa belle-famille peuvent être un peu cucul.

Lorsque mon réveil sonne, je saute du lit pour me rendre à la cuisine. Je veux que la femme du jour ait un bon petit-déjeuner comme elle le mérite. Sa journée doit être parfaite et ça, dès la première heure.
Oh je n'arrive pas à croire qu'elle se marie ! Je suis presque tout aussi excitée qu'elle ! Ça va être une bonne journée, je le sais et je le sens. Je vais voir ma meilleure amie dans sa robe blanche, rejoindre son fiancé au bout de l'allée et lui dire oui. Ça va être beau et je serai son soutien physique et émotionnel. Sa journée doit être parfaite, rien ne doit la déranger, rien ne doit gâcher ce mariage. Même si elle tente de fuir son mariage, je serais Meredith dans Grey's Anatomy, je l'aiderai. Bon, j'espère qu'on ira pas jusque-là. Cinq années de vie amoureuse et ça n'a jamais déraillé entre eux, ça ne doit pas arriver aujourd'hui.

Je suis tellement fière de moi, quand j'ai fini de préparer le petit-déjeuner je prends une photo de la table. Il y a tout ce qu'on adore pour un brunch : bacon, œuf brouillés, pancakes, saucisses et des toasts. Sans oublier nos mueslis qu'on adore. Puis ce bouquet de fleurs que Kika et mon frère ont offert à Louise, il décore très bien la table.
Voilà la femme du jour ! C'est bizarre qu'elle descende aussi tard, elle a toujours été du genre à se lever très tôt. Je me tourne vers l'entrée de la cuisine, prête à l'accueillir avec un grand sourire jusqu'à ce que je voie sa tronche. Pourquoi elle est si tendue ? Les rôles se sont inversés aujourd'hui ? D'habitude, c'est moi qui suis tendue pour un rien et c'est elle qui me gère. Enfin bref ! En ce jour, je suis là pour ma meilleure amie. Il n'est pas question qu'elle reste comme ça.

-Qu'est-ce que qui ne va pas ? je la prends par les mains pour l'asseoir. Un peu de jus d'orange ?
-Ce mariage va mal se passer, je le sais, se plaint-elle avec rapidité.
-Pourquoi ça ? je lui demande en servant la boisson. Tu as ta robe, la photographe a encore envoyé un message de confirmation, la coiffeuse et la maquilleuse arrivent dans deux heures...
-Je n'ai pas les quatre porte-bonheurs, me coupe-t-elle.
-Les quoi ?
-Les quatre porte-bonheurs. L'objet neuf, l'ancien, l'objet emprunté et le dernier, l'objet bleu. Je n'ai rien de ça.
-L'objet neuf, tu as ta robe, tes chaussures, tes sous-vêtements, ta traîne, tes boucles d'oreilles. Choisis celui que tu veux. Pour l'objet emprunté, il y a la broche que ma mère a apportée pour ta coiffure. Ça peut correspondre aussi à l'objet vieux.
-Oui... Tu as raison, même si j'aimerais un objet par signification. Et même si je l'accepte, il me manque toujours l'objet bleu.
-Tu n'as pas besoin de bleu, je m'assois à côté d'elle. Depuis quand tu crois à toutes ses superstitions ?
-Demande celle qui a un problème avec les chiffres impairs ! se moque-t-elle. Je te rappelle que je fais mon mariage le vendredi pour qu'on le fasse le 20 et non le 21.
-Je m'améliore sur les chiffres impairs, justement ! je lui explique. Carlos m'a fait remarquer qu'il est l'opposition de ma superstition. Il est né le un-zéro-neuf et il porte le numéro cinquante-cinq. Enfin, on ne parle pas de moi. Là c'est toi. Je t'ai toujours vu ouvrir un parapluie à l'intérieur. Tu as même cassé le miroir de notre appartement la veille de rencontrer Rupert, rappelle-toi ! Ça fait cinq ans que vous êtes ensemble, fou amoureux l'un de l'autre et avec des surnoms débiles. Ce n'est pas le manque d'objet bleu qui va briser tout ça. Allez, mange, je lui tends son bol de muesli. On ne démarre jamais une journée sans se remplir le ventre de céréales et de jus d'orange.
-Je sais bien qu'on vieillit, mais arrête de reprendre les expressions de ta mère. On n'a que vingt-six ans.

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