Lettre n•13

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M. Charles Duval
à la 10ème compagnie du 90 ème territorial
à Magnac laval
Haute Vienne

Le 28 février 1915

Mme Marie Duval
7 rue des Lilas
Reims

Ma délicate Marie,

Vos mots me vont droit au cœur. Je ne sais comment vous le dire, mais la manière dont vous avez raconté ce moment passé ensemble à réussit à me faire m'échapper de cet endroit. J'avais l'impression d'y être avec vous. J'avais l'impression d'être près de vous à nouveau. Je vous en prie, ne cessez jamais de m'écrire chacun de nos souvenirs passés dont vous vous souvenez. J'aime écouter votre point de vue, la façon dont vous avez perçu les choses. Tout cela m'aide à ne plus penser à ce qui se passe ici. Je dois vous avouez quelque chose, je ne sais comment vous l'annoncer sans vous inquiéter. Alors je vais vous le dire sans plus attendre, j'ai été blessé. Il y a quelques jours, c'était mon tour d'aller combattre sur le front. Je vous le jure Marie, je le sentais au creux de mon ventre, je savais pertinemment que quelque chose allait se passer. C'est comme-ci la mort se battait à nos côtés, qu'elle nous enlaçait. Je n'arrivais pas à m'enlever cette horrible sensation que tout allait mal se terminer. Et ce fût le cas. Les allemands avait réussit, par je ne sais qu'elle manière, à nous encercler. À peine sortir des tranchées, sur le front désertique, une bombe explosa. Toute la troupe s'est retrouvée sonné par l'impact, quelques eux touchés. Ces quelques minutes d'absence de notre part, a permis à l'ennemi de se rapprocher, en toute discrétion, dans le brouillard qui nous entourait. Lorsque nous nous sommes réveiller, nous avons à peine eu le temps de faire quelques pas avant de subir les balles de l'attaquant. Nous ne pouvions rien faire à part tirer à l'aveugle. C'est là que je me suis retrouvé à nouveau à terre, à la suite d'une douleur saillante dans ma cuisse. Je me rappelle ma tendre dulcinée, la peur que j'ai ressenti à cet instant. Je me souviens de mon cœur qui battait si vite dans ma poitrine que j'avais l'impression qu'il allait s'arrêter d'un moment à l'autre. Quoique l'on pourrait croire que ma mémoire soit intact, je ne me souviens plus de la douleur que j'avais ressenti. Je me souviens juste d'avoir eu très mal. Je ne sais comment le décrire mais ma tête ne veut point me laisser percevoir à nouveau ce mal. Par chance, l'un des soldats, Jean, m'a aidé à rentrer dans les tranchées. Sans lui, je serais sûrement en train de joncher dans une marre de sang, prêt à être dévoré par les vautours passant. Je dois ma vie à ce soldat. Pourriez-vous essayer de retrouver sa famille, s'il vous plaît ? Il se prénomme Jean Raymond. Je dois l'avouer, avant qu'il me sauve, je ne le connaissais pas. Est-ce que vous vous en rendez compte ma tendre er chère femme ? Cet homme a mis sa vie en péril pour me sauver alors qu'il ne m'avait jamais adressé la parole. Ce brave à homme, ne savait pas qui j'étais, pourtant il n'a pas hésité une seule seconde avant d'encercler ma taille de son bras pour me soulever du sol. Il n'a pas pris le temps de réfléchir avant de me soulever et de m'aider à courir pour me mettre en sécurité. Quel homme ! Quel courageux soldat ! Je ne sais comment le remercier mais ce qui est sûr c'est que je dois le faire, je veux le faire. Auriez-vous une idée ?
C'est grâce à lui que je me trouve actuellement à l'infirmerie, c'est un homme qui a le cœur sur la main. Je vous rassure, je vais très bien. Cependant, je l'avoue, depuis que je me retrouve coincé dans ce lit, je n'ai pas pu voir cet héros. Il ne me doit rien, pourtant j'aurais apprécié qu'il passe me voir pour que je puisse le remercier avec des mots une première fois. C'est le médecin qui m'a dit son prénom, sinon je ne l'aurais jamais su. Je prie pour qu'il ne meurt pas avant que j'ai pu lui parler. Je vais bientôt pourvoir retourner au combat. Ma jambe se remet petit à petit mais le médecin a dit qu'il fallait encore attendre quelques jours. Ce temps de repos me permet de vous écrire ma très chère, je sais que ce n'est pas forcément une bonne chose d'être ici. Mais j'aime pouvoir vous écrire. Je crois bien que je ne pourrais pas vivre sans vous. Je crois que si vous devriez me quitter pour n'importe quelle raison, je ne pourrais jamais retomber amoureux à nouveau ou tout simplement vivre. Sans vous, je survivrais jusqu'à ce que la mort décide de prendre pitié de moi. Vous êtes la femme de ma vie, vous le savez. Vous avez accepté de le devenir dès l'instant où vous m'avez dit oui. Est-ce que je dois vous le rappeler ? Après mon retour, deux jours pour être précis, nous sommes aller nous balader dans notre parc. Ce splendide parc qui m'a permis de vous rencontrer. Je vous ai guidé sur notre banc, celui où je vous ai vu pour la première fois. Nous nous sommes posés et nous avons discuté. Je l'avoue, j'étais angoissée à l'idée que vous puissiez refuser, mais je me devais de cacher mes maux pour ne pas vous inquiéter. Alors c'est là que mon regard s'est plongé complément dans le votre, je me suis levé tout en gardant votre main au creux de la mienne. Doucement, je me suis abaissé pour me retrouvé sur agenouiller devant vous. Vos sourcils se sont plisser traduisant votre incompréhension. C'est alors que j'ai glisser ma main dans la poche de ma veste pour en sortir un écrin. Vous yeux se sont écarquillés et alors votre tête s'est secouée de droite à gauche, vous n'en croyiez pas vos yeux. J'ai ouvert la boîte et je vous ai demandé de devenir mienne. Vous n'avez pas attendu bien longtemps avant de me donner votre réponse, vous avez accepté avant de vous jeter dans mes bras. C'est ainsi que pour la première fois j'ai pu sentir vos lèvres sur les miennes, un baiser si délicate, si vous. Je ne m'en lasserai jamais. Je voudrais même à tout prix y regoûter. Je suis l'homme le plus heureux et chanceux du monde de vous avoir dans ma vie, de vous avoir en tant qu'épouse. Je sais que tout a été précipité, la demande en mariage, l'achat de la maison et mon départ. Mais j'avais besoin que tout soit prêt pour mon retour. J'ai hâte de voir comment vous avez décorer notre maison, ma dulcinée.

Votre mari qui vous aime,
Charles.

PS: J'aimerais tellement apprendre à nos enfants à faire du vélos, j'espère également qu'un jour ce rêve pourra ce réaliser.

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