M. Charles Duval
à la 10ème compagnie du 90 ème territorial
à Magnac laval
Haute Vienne
Le 22 août 1915
Mme Marie Duval
7 rue des Lilas
Reims
Ma formidable femme,
Je ne sais comment débuter cette lettre. Je crois bien que j'ai peur de moi-même, de l'homme que je devenu, du monstre qui vie en moi et qui tourmente des milliers de soldats chaque jour. Je tue, j'ôte la vie de certaines personnes comme si c'était mon droit. Je ne doute plus de qui je suis, je le sais et je le vois, je suis un meurtrier. Je dois l'avouer très cher mais je ne culpabilise plus lorsque je tue, je fais tout en me détachant de la scène. Je ne pensais pas pouvoir dire ça un jour mais c'est la vérité. Je suis devenu un homme sans cœur qui est à l'origine de la mort de ses ennemis. Je ne doute pas des raisons pour lesquelles je me salis les mains, je crois même que je ne regrette pas mes actions. Devrais-je me sentir coupable de tuer quand l'ennemi fait de même ? Cependant, je n'oublie pas que certaines personnes, comme moi, ne sont pas là par choix mais par obligation. Je sais qu'il ne désire pas ma mort seulement la réussite de leur pays, comment leur en vouloir de souhaiter obtenir la gloire ? Malheureusement, tant d'autres soldats ont un cœur noir, noircit par le temps passé dans ces sombres tranchées et parfois même né sans une once d'humanité en eux. Je me confie à vous en vous disant que j'ai peur de devenir comme eux, je sens la noirceur en moi grandir plus je reste ici. Avec sincérité, je vous écris ceci, je ne ressens plus de peine à tuer sur la champ de bataille, en revanche une fois l'adrénaline redescendu j'y pense constamment. Je ne regrette pas car je sais que s'il reste en vie alors je signe mon propre arrêt de mort mais parfois j'ai du mal à faire face à mes pensées. Je me rassure en me répétant que je ne suis pas pire que ces hommes au cœur noir. Je l'ai vu de mes propres yeux, cette lueur sombre dans leur regard. Ils apprécient la douleur qu'ils infligent.
Nous pensions que c'était le bon moment pour attaquer, nous pensions que nous allions gagner mais nous nous sommes tromper. Cette opération était une grave erreur qui a coûter la vie de nombreux camarades. Durant la nuit, nous sommes partis dans les tranchées ennemies, elles étaient désertes. Nous en avons profité pour fouiller le camps, à la recherche de munitions et de nourriture, pris dans l'euphorie nous n'avons pas entendu l'ennemi se rapprocher. C'était un piège, ils savaient que nous allions attaquer. Nous pensions qu'ils avaient quitter les lieux par peur, mais ce ne fut pas le cas, ils sont partis pour aller chercher des tanks et des lances flammes. C'est là que j'ai vu ces hommes dénué de toutes émotions pointer cette arme mortel en direction de l'un de mes camarades. Je me rappelle l'odeur de sa peau qui brûlait, le bruit de ses cris de douleurs, la nausée dans ma gorge, ma peur au ventre. Je souviens de chaque détail me hantant chaque seconde de ma vie. Je l'avoue, je n'ai pas essayé de m'interposer, je ne pouvais pas risquer ma vie en sachant pertinemment que vous m'attendiez à la maison vous et le petit. Je suis lâche, j'ai eu horriblement peur alors j'ai pris mes jambes à mon cou. J'ai fuit tel un vulgaire soldat sans courage, j'ai entendu les tanks écraser certains des solaires de ma troupe, entendant leurs os se casser sous le poids de la machine de guerre. Je n'ai pas réfléchie et j'ai couru loin d'ici. Je me devais de retourner dans ma tranchée. Je ne pensais qu'à ma propre survie tel un animal sauvage. Je pouvais entendre les balles voler à côté de moi sans me toucher, je ne sais pour quelle raison mais ce soir là j'étais protégé. Je me suis retrouvé sain et sauf dans ma cachette. Je m'en veux de ne pas avoir essayé d'aider mon équipe, c'est pour cela que je vous écris cette lettre, je vais repartir au combat ce soir. Je ne devrais pas, je le sais. Je suis sûrement trop fatigué mais je me dois de me battre pour mes camardes qui ont perdu leur vie à cause de ma lâcheté. Je me sens plein d'énergie. Si j'ai été protégé hier soir c'était pour être prêt à me battre aujourd'hui, je le sais. Je me dois de le faire, je suis prêt à le faire.
Ceci n'est cependant pas un au revoir ma très chère femme, je compte bel et bien vous revenir à vous et le petit. En revanche, s'il m'arrivait quelconque malheur, rappelé vous que je vous aime, vous et notre enfant à naître. Je vous en suis très reconnaissant de vous avoir eu près de moi pendant tout ce temps, vous êtes la meilleure femme au monde. Et, parler de moi à notre bébé.
Une dernière chose, je voudrais également vous dire que je préférais que vous accouchiez à l'hôpital, je sais que c'est un lieux obscur mais ainsi je saurais que vous êtes entre de bonnes mains. Cependant, ceci reste votre choix, si vous souhaitez accoucher à la maison, j'accepterais avec joie et je serais là avec vous, enfin je l'espère de tout cœur.
À bientôt,
Votre valeureux mari qui vous aime tant et pense à vous lorsque la force lui manque.
Charles.
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Born to die
RomanceL'amour peut-il résister à la guerre ? Marie et Charles sont tombés amoureux le 17 avril 1914 dans un parc. Quelques mois plus tard, Charles est mobilisé. Durant un an, les deux amants ne se verront plus que quelques semaines, à la faveur des rares...
