M. Charles Duval
à la 10ème compagnie du 90 ème territorial
à Magnac laval
Haute Vienne
Le 30 juillet 1915
Mme Marie Duval
7 rue des Lilas
Reims
Ma patiente femme,
Je m'excuse de mon absence, je regrette de ne pas avoir pu prendre de vos nouvelles plus tôt. Je m'en veux tellement de ne pas à voir pris le temps de vous écrire, si j'avais pu le faire, je vous garanti que je l'aurais fait. Malheureusement, le combat se déroulant sur le front ne me permet pas de vous contacter. Je ne peux vous expliquer à quel point votre lettre est arrivée au bon moment. J'avais besoin de vous, je ne savais pas, mais j'avais également besoin de cet enfant qui grandit en vous. Je ne saurais vous l'écrit correctement, formuler les mots qui décrivent parfaitement ce que je ressens, cependant je vais essayer. Vous venez de m'annoncer une merveilleuse nouvelle qui me procure une joie débordante. Ce petit ange, que ce soit une fille ou un garçon, m'a redonné la force de me battre. Je veux pouvoir revenir chez nous pour vous voir, lui et vous ma tendre épouse. Je vais faire de mon mieux pour amener la paix dans notre pays. J'espère tant que notre enfant pourra grandir dans un pays où la guerre ne sera pas présente. Je ne veux pas qu'il est à partir au front, si c'est un garçon et je ne veux pas qu'elle soit inquiète pour sa famille, si c'est une fille. J'ai besoin que nos enfants, lui et les prochains, grandissent dans un environnement saint avec leur père et leur mère près d'eux. Je voudrais être là à chaque étape de leur vie mais je sais que cela n'est qu'un rêve. Je ne peux pas tourner le dos à la France, je me dois de me battre pour mon pays. Ainsi, mes enfants vivront dans un pays en paix. Je vais me battre pour leur avenir.
J'espère que vous vous sentez mieux. Je sais que cela ne doit pas être facile, je souhaiterais tellement être près de vous. Vous tenir contre moi, ma main posée sur votre ventre bientôt arrondi. Je voudrais pouvoir être là pour vous, vous aider, vous réconforter, vous aimer. Je sais qu'à nouveau ceci n'est qu'un désir irréalisable, mais je vous promets que je serais là pour votre accouchement. J'aimerais tant être là pour vos échographies, pour rencontre notre petite merveille, malheureusement ma permission a été refusée par mon supérieur. Je n'ai pas le droit de quitter cet endroit sans motif valable, tant que vous n'êtes pas en train d'accoucher, je n'ai aucune excuse. Je me dois de garder cette arme dans mes mains prêt à tuer l'ennemi qui se fait de plus en plus présent. Je comprends, la bataille est de plus en plus meurtrière, nous avons besoin d'autant de soldats que possible mais en même temps de souffre face à ce refus. J'ai besoin de voir, au moins une fois, notre bébé.
Je veux le rencontrer, j'ai besoin de poser mon regard sur lui et le reconnaître comme étant mon enfant. J'ai tellement peur de ne pas avoir le temps de le voir ou encore pire que mon supérieur m'empêche d'assister à votre accouchement. Je ferais tout mon possible pour être là, je vous le promets ma chère femme. Je vais faire de mon mieux pour vous et pour le bébé. Je prie pour que votre grossesse se déroule de son mieux, je suis ravi de savoir que ma famille est là pour vous. Cependant, j'ai besoin moi aussi, votre famille, d'être là pour vous.
Je vous embrasse vous et notre bébé,
Le plus heureux des pères,
Charles.
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Born to die
RomanceL'amour peut-il résister à la guerre ? Marie et Charles sont tombés amoureux le 17 avril 1914 dans un parc. Quelques mois plus tard, Charles est mobilisé. Durant un an, les deux amants ne se verront plus que quelques semaines, à la faveur des rares...
