Chapitre XLVII: Cette fleur ¡

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( démarrez la vidéo, détendez vous. Bonne lecture 📖)

Acte 4 : Fragilité et révélations


Je veux te voir, te revoir, encore et encore, jusqu'à ce que le temps s'arrête. — Dadju , reine



Ryan.


Après une heure passée à tourner en rond dans la salle d'attente, les murs blancs et froids semblant se refermer autour de moi, le médecin finit par nous permettre d'aller la voir.

Elle est allongée sur le lit d'hôpital, les draps tirés jusqu'à sa taille. Son visage fermé rappelle celui de René dans ses pires jours, son expression trahissant une irritation à peine contenue.

— Je ne suis pas entre la vie et la mort, arrêtez de me regarder comme ça, lance-t-elle d'une voix rauque.

— Arrête de jouer les durs, maman. Tu t'es évanouie, je te rappelle, répond calmement mon frère.

Elle lève les yeux au ciel, avec une exaspération si familière qu'on aurait cru qu'elle trouvait l'évanouissement aussi banal qu'un mal de tête Pourtant, l'éclat de fatigue dans ses pupilles dit tout le contraire. Je fais signe à mon frère de me suivre. Avec René, mieux vaut écouter le médecin que ses propres diagnostics.

Avant de quitter la pièce, je m'approche d'Adeola. Elle est restée assise dans un coin, les mains jointes, ses doigts nerveusement entrelacés. Je caresse doucement ses cheveux, un geste aussi instinctif qu'apaisant.  Je sens ses épaules tendues sous mes doigts, encore marquées par l'angoisse qui l'a habitée tout le trajet en voiture. Elle avait frôlé les larmes, la peur nouant sa gorge.

Elle et ma mère s'étaient étrangement pris d'affection l'une pour l'autre ses dernières mois alors j'imagine .Pour quelqu'un qui a déjà perdu  une  mère, revivre cette peur, même pour une belle-mère, devait lui être insoutenable.

Je quitte la chambre, la laissant avec les autres femmes de la famille. Mon frère et moi échangeons un regard en silence. Une fois dans le couloir, je laisse échapper un soupir qui semble s'écraser contre les murs ternes.

— Au moins, elle va bien, murmuré-je plus pour moi-même que pour mon frère.

Mon frère me jette un regard en coin avant de soupirer à son tour, ses yeux parcourant mon visage avec une attention exaspérante. Un sourire moqueur s'étire sur ses lèvres.

— En voilà un qui avait des projets pour sa soirée, devine-t-il.

— Occupe-toi de tes affaires, rétorqué-je en haussant les épaules.

— Monsieur le vice-président et ses "affaires" !

Je préfère ignorer son ton railleur, et nous entrons dans le bureau du médecin, où notre père est déjà assis. Sa posture droite, les mains croisées sur les genoux, trahit sa tension malgré son visage impassible. Mon frère et moi posons chacun une main sur ses épaules avant de nous asseoir.

Le médecin, concentré sur son ordonnance, lève à peine les yeux vers nous.

— Elle devra prendre ce traitement une fois par jour, faire surveiller sa tension au minimum une fois par semaine, et privilégier le repos, explique-t-il calmement à l'intention de notre père.

— J'y veillerai personnellement, répond mon père d'un ton solennel.

— Vous allez la garder en observation, au moins quelques jours ? intervient mon frère.

JUSTE 5ans, pour t'aimer Où les histoires vivent. Découvrez maintenant