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CHAPITRE 64










KHALIL













Aujourd'hui, je suis sorti avec ma mère. Elle voulait que je l'accompagne faire des courses pour un dîner qu'elle prépare avec la famille de Raïssa. Le divorce, ils l'ont pas mal pris. Peut-être quelques questionnements, mais rien de plus c'est le plus mieux.














C'est normal que les gens se posent des questions. Mais bon, c'est pas tout qu'on dit, et c'est pas tout qui se sait.

Je la regardais de temps en temps. Elle me fais rire aujourd'hui.


Elle, par contre, je sais que mon comportement l'énerve. Surtout après l'histoire de Nesrine. C'était la goutte de trop. Je suis devenue fou c'est pas possible.











-Moi : Ça va belle femme?

Elle me regarde.

-Maman : Oui, pourquoi? J'ai rien.

-Moi : On dirait que t'es pensive c'est pour ça? Tu penses à quoi? Qu'est ce qu'il te tracasse?

-Maman : Je pense à toi, Khalifa.

-Moi : J't'écoute.

-Maman : Tu m'écoutes jamais, donc arrête de dire ça. T'es un grand homme maintenant. Tu le sait déjà.

-Moi : Ouais je le sais.

-Maman : N'importe quoi.









Je sais très bien où elle veut en venir. Elle parle pas trop, mais ses regards, ses silences, je les connais par cœur. J'ai grandi avec elle, j'sais quand ça va pas. Le divorce avec Raïssa, elle le digère pas. Elle fait genre qu'elle accepte, qu'elle comprend tout, mais au fond, ça la démange. Elle le montre pas, mais j'le sens. Ça fait deux mois et ça la hante toujours.


Elle a l'air calme, mais j'vois bien dans ses yeux que ça la saoule de voir ça, de voir qu'on en est là. Mais elle, elle peut pas comprendre, elle peut pas sentir ce que je ressens. C'est pas elle qui a pris ce coup, c'est moi. Alors, ouais, elle est là, elle dit rien, mais je sais bien que ça la bouffe. Ça la bouffe comme ça me bouffe aussi. Mais faut avancer. C'est tout ce qu'il reste à faire.












-Maman : C'est quand que tu la divorces à la mairie maintenant? Tu veux la laisser, fais-le bien au moins, non?

-Moi : Je savais déjà que tu parlais d'elle, je te fais penser à elle ou quoi? J'sais pas encore.


Elle a fait un bruit de bouche. Quand on est arrivés devant la boucherie, elle est sortie sans dire un mot. Moi, j'suis resté là, dans la voiture, moteur éteint, le regard fixé sur rien en particulier. J'ai juste attendu qu'elle revienne.



Quelques secondes plus tard. J'l'ai vue passer devant le capot, les sacs dans les mains. Elle s'est arrêtée, elle m'a regardé à travers la vitre. Puis elle a ouvert la portière.

-Maman : Khalil, t'attends quoi là ? Que la vie elle t'explose à la gueule pour bouger?

-Moi : J'réfléchis, wesh.

-Maman : Tu réfléchis à quoi ? À fuir encore ? Tu crois que j'vois pas clair dans ton jeu ? T'as mal, ok. T'es perdu, ok.

-Moi : Mais qui parlait d'elle?

LUI ET MOI POSSIBLE? Où les histoires vivent. Découvrez maintenant