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Chapitre 65
















RAÏSSA


















Ça fait trois jours que j'suis avec Khalil dans la maison. Franchement, au début j'avais envie de péter un câble. J'me sentais étrangère chez moi. Mais là j'sais pas. J'me sens un peu mieux. Pas bien, pas heureuse, juste un peu plus stable.




-Moi : Il fais froid ici.


Je suis encore paumée, mais j'fais des efforts. J'essaie de comprendre Khalil, même si j'comprends toujours pas pourquoi il m'a autant brisée. Comment tu peux aimer quelqu'un et la faire souffrir comme ça ? C'est ça que j'arrive pas à digérer.


















Il dort au salon. Il veut pas venir dans la chambre. Il a dit c'est « mieux comme ça », qu'il veut pas me mettre mal à l'aise. Bref. Même quand il dort à dix mètres, j'le sens. Et ça me fait mal. Parce qu'il est là, mais c'est plus lui. Ou alors c'est moi, j'sais plus.

Ce matin, j'me suis faite réveiller par mon tel. C'était Kader. Il m'appelle rarement. Sauf quand y'a un truc. Il m'a dis d'en parler à ma mère.










Mais comment je suis censée lui dire, moi ? J'suis même pas capable de mettre un mot sur c'que je ressens. J'suis en panique, j'le sens dans ma poitrine, dans mon ventre, mais j'fais genre que j'vais bien. J'me répète dans ma tête : « calme-toi, t'as le contrôle, panique pas. » Alors que la vérité... c'est que j'suis en train de couler en silence. Je comprends plus rien.



J'veux même plus m'approcher de sa famille. J'sais pas, j'me sens mal à l'aise avec eux. Pas juste mal... j'ai peur. J'ai l'impression qu'ils savent des trucs que moi j'ignore, que tout le monde marche sur des œufs sauf moi. Sa me donne des maux de tête à force d'y penser.















Je dois passer chez la mère de Khalil. J'ai besoin de lui parler, de mettre les choses à plat. Et j'dois surtout récupérer mes petits. Ça me gratte le cœur qu'ils dorment ailleurs. J'ai mis un jean large, un pull noir. Rien de spécial,  mais j'voulais pas avoir l'air faible. J'ai attaché mes cheveux vite fait, j'ai pris les clés. Puis j'ai soufflé un bon coup avant d'aller réveiller Khalil.



Il dormait encore sur le canapé, enroulé dans sa couverture. J'me suis arrêtée un instant. Il avait l'air épuisé. Et malgré tout, y'avait quelque chose dans son visage qui m'a fait mal. Peut-être parce qu'une partie de moi se rappelle encore pourquoi j'ai aimé cet homme.




-Moi : Khalil.

Je le secoue. Il a ouvert les yeux lentement.

-Khalil : Hmm? Ça va?

-Moi : J'vais passer chez ta mère. repose toi. Tu pourrais nous rejoindre la bas si tu veux. Dès que tu te réveille, je t'ai laissé à manger sur la table.

Il s'est redressé tout de suite.

-Khalil : Y'a un souci ou pas?

-Moi : Non. J'veux juste voir les petits et lui parler un peu.

Il m'a regardée.

-Khalil : Je peux venir avec toi? Ou j'te dépose rapidement?

-Moi : Non. J'préfère y aller seule. Je prends ma voiture. C'est rapide.

LUI ET MOI POSSIBLE? Où les histoires vivent. Découvrez maintenant