- Tu m'écoutes quand je te parle ? Questionne Marlène en fronçant les sourcils.
Sirius hoche la tête sans détacher son attention du dessin complexe qu'il entreprend de terminer. Marlène soupire et se lève pour regarder par la fenêtre entrouverte de la chambre. L'air est chaud, pesant, rempli de la saveur d'un été proche.
- Tu ne veux pas sortir ? Demande t-elle au bout d'un moment en se tournant vers lui, le dos appuyé au mur de pierre.
- Tous les cinquième années révisent, bougonne t-il en ajoutant quelques ombres sur sa feuille. C'est impossible de se concentrer. Et il fait trop chaud.
- On était dans le même état l'année dernière, rappelle t-elle, légèrement nostalgique.
Elle revient vers son petit-ami, accoudé à sa table et s'assoit près de lui en le débarrassant de sa plume et en repoussant la feuille barbouillée de nombreux traits.
- C'est très beau, mais on devrait profiter du temps qu'il nous reste. Je sais, il reste encore un bon mois, ajoute t-elle devant la réaction amusée de Sirius. Mais tout est revenu à la normal, Lily est revenu, il n'y a plus de tensions, et je veux profiter de chaque minute.
- Mais de toute façon, on se verra pendant les vacances !
- Tu dis ça, mais au final tu passeras tout ton temps avec James...
- Qui voudra le passer avec Lily, assure t-il dans un sourire en passant une main sur le visage de Marlène. Je viendrais chez toi, et on sera tellement ensembles que tu ne pourras plus me supporter.
Marlène fronce le nez et repousse les cheveux trop long du garçon. Doucement, il dépose un baiser sur sa joue puis récupère son dessin d'un geste vif.
- Je le termine, je suis inspiré, se défend t-il devant le regard dubitatif de la jeune brune.
Impuissante, Marlène ne dit rien de plus et se lève pour s'approcher du lit mal fait de son petit ami. Elle s'allonge et appuie sa tête contre l'oreiller empli d'une odeur masculine puissante. Les yeux fermés, doucement, elle questionne son bien-aimé :
- Tu ne rentres pas chez toi pendant l'été ?
Tendu, Sirius serre le poing sur sa plume de bois et arrête net son dessin, le regard voletant sur les éclats de lumière qui traversent la pièce. Marlène renchérit délicatement, en s'asseyant en tailleur dans le lit pour se donner contenance :
- Ils ne te manquent pas ?
- Non, répond t-il simplement.
- C'est ta famille... Ça fais combien de temps que tu ne l'es a pas vu ?
- Je ne les considère pas comme famille. Je vois Regulus tous les jours, et tous les jours je n'ai le droit à aucun regard. C'est pas vraiment la vie de famille parfaite.
Marlène, hésitante, se lève de nouveau et passe une main délicate dans la nuque tendu de son petit-ami.
- C'est pas sain.
- Je sais, mais c'est comme ça.
Il soupire et se relève en s'éloignant d'elle, le souffle court et une boule coincée dans l'estomac. De lourds pas dans l'escaliers annoncent l'arrivée de James et Marlène récupère ses affaires en silence. Quand la porte s'ouvre, elle quitte la pièce précipitamment et, sans un regard pour les deux garçons, elle dévale à toute vitesse les marches.
- Sujet sensible, répond Sirius à l'interrogation silencieuse de son meilleur ami.
James hausse les épaules et s'assoit sur son lit pour se débarrasser de ses chaussures.
- Moi je suis heureux. Oh, Sirius, je suis heureux.
Un sourire hésitant sur les lèvres, Sirius se rassoit à son bureau en invitant son ami a continuer d'un signe de main.
- C'est l'amour qui me rend comme ça. Ajouté au fait que les serpentards, cette bande de mauviettes effrayée par l'autorité professorale, ne font plus sévir leur dictature et ça, ça me rend heureux.
- Tu parles comme un auteur de roman.
- Maman m'a toujours dis que j'avais des allures de poète.
Souriant, James se lève et la main sur le cœur, il s'approche de son ami en débutant une hymne à l'amour et aux lois sévissant dans l'école (chose ironique car il avait toujours été le premier à s'en plaindre), dans l'espoir de rendre de nouveau son ami joyeux. Et ça marche, le regard brillant, Sirius éclate d'un rire tonitruant en applaudissant le talent certain de James à faire le pitre.
Après plusieurs minutes, les yeux rougis par des larmes de rire, ils descendent à l'extérieur et alors que James se dirige vers Remus et Peter, Sirius l'arrête en le retenant par le bras.
- Merci. J'aurais bien besoin de parler, maintenant.
Compréhensif, James l'attire quelques mètres plus loin et ils s'assoient l'un à côte de l'autre en regardant à l'horizon.
- Elle veut absolument que je parle de mes parents, tout ça, mais j'ai besoin de garder ça pour moi. Enfin, je veux pas lui en parler à elle. Elle ne comprendrait pas.
- C'est normal qu'elle se questionne quand même, remarque James en s'amusant avec l'herbe autour de lui. Elle s'intéresse à toi, elle veut comprendre, tu lui en voudrais si elle ne le faisait pas.
- Je sais, mais il n'y a rien à comprendre à part le fait que ce sont des gens bornés, à qui je ne veux plus avoir affaire. Ils ont choisis leur camp, j'ai choisis le mien, et j'ai pas a justifier mon choix.
James hoche la tête et détaille le visage tourmenté de son ami. Les traits tirés dans une moue qui se veut indifférente, ses yeux trahissent néanmoins une profonde peine et ses poings serrés témoignent de sa colère et de son désarroi. James ne dit rien, attendant patiemment que Sirius continue.
- Elle essaie de me gérer, de me changer pour être à son image, à l'image de sa petite famille parfaite, mais je veux pas être comme elle l'entend.
- Tu lui en a parlé ?
- Bien sûr que non, elle ne comprendrait pas.
- Arrête de dire qu'elle comprendrait pas, elle est pas non plus complètement idiote. Si ça va plus entre vous, vous devez en parler, répond simplement James en ignorant les soupirs agacés de son ami. C'est pas cool, ça fait mal, mais c'est la vérité.
Sirius hausse les épaules et se renfrogne en marmonnant dans sa barbe.
- Un couple ça marche quand les deux côtés font des efforts, parlent entre eux.
- Te la joue pas psychologue, s'il te plaît, souffle Sirius, irrité. J'ai aucunement besoin de tes conseils, je sais bien ce que je vais faire.
- Et tu vas faire quoi ?
- Rien. Ça va passer et ça va s'arranger.
Sur ces mots, Sirius se lève et après un signe envers Remus et Peter, il s'éloigne à la recherche d'un coin tranquille où il peut éviter les leçons de morale et remarques mal placées.
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Hello,
J'espère que ce chapitre vous a plu, dîtes moi tout ça dans les commentaires. Merci pour tous vos petits messages et vos petits votes, ça me fais extrêmement plaisir !
Pleins de bisous.
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Keeping It Real (fanfiction harry potter époque maraudeurs)
FanfictionDe grands sorciers une fois sortis de Poudlard, de grandes personnalités au sein de l'Ordre du Phénix. On les connaît en tant qu'héros, mais que valaient-ils en tant qu'adolescents ?
