24 - ALICE

737 63 34
                                        

Alice passe une main nerveuse dans ses cheveux en faisant les cent pas dans le couloir. Elle jette de nombreux coups d'œils derrière elle et se cache dans un recoin du mur de pierre dès qu'elle entend une voix un peu trop proche. Edgar finit par arriver, le pas traînant et les mains dans les poches. Elle attrape sa manche et le tire dans une salle vide avec elle. Elle referme la porte et s'appuie dessus pour l'empêcher de sortir.

- Alice ? Demande t-il en reprenant ses esprits. Qu'est ce que tu fais ici ? J'étais censé retrouver Dorcas.

- Je sais mais je lui ai parlé et elle ne veut plus te voir à présent. C'est pour ça que j'ai rompu notre pacte et que je suis venue, moi, te voir. Je voulais lui éviter de souffrir encore plus.

Edgar la détaille de haut en bas et s'appuie sur une table de bois, un demi-sourire sur le visage.

- Qu'est ce qui te fais sourire ?

- Tu as brisé notre arrangement.

- C'est moi qui l'avait mis en place, j'en ai parfaitement le droit.

- Tu fais tes règles au fur et à mesure, t'es incroyable. Tu ne changeras donc jamais.

Alice hausse les épaules et s'assoit en douceur par terre, le dos toujours appuyé conte la porte. Elle connait Edgar depuis sa petite enfance. Ils étaient voisins et tout le temps collés ensembles mais personne n'est au courant de leur amitié.

Edgar est un sang de bourbe, adopté par les voisins d'Alice, une noble famille de sorciers - bien en avance sur son temps et sans idées fausses sur les moldus. Ils s'étaient perdus de vue à cause d'une vieille histoire et cela s'était accentué quand ils n'avaient pas été envoyés dans la même maison à leur 11 ans. Jamais personne n'avait su qu'ils se connaissaient bien avant leur arrivée à Poudlard.

- T'es vraiment un bel enfoiré, souffle doucement Alice, perdue dans ses pensées.

- Ça te plaisait auparavant.

Elle relève vivement la tête vers lui et le fusille du regard, légèrement froissée à l'évocation d'un moment précis de leur passé ensemble.


La jeune Alice, âgée à cette époque de 9 ans, court après le garçon aux cheveux blonds. Elle finit, après cinq minutes de course folle, par attraper la manche de son sweat-shirt et tire dessus de toutes ses forces.

- T'es attrapé Edgar, arrête toi ! Dit-elle en criant.

Le petit garçon suit les ordres de son amie après quelques minutes de débat et s'assoit dans l'herbe fraîche en reprenant son souffle.

- J'en ai marre de jouer à ça, se plaint la fillette. On ne peut pas jouer à un jeu que je choisis ?

- Quel jeu ? Demande avec méfiance Edgar.

- Le papa et la maman ? Questionne t-elle pleine d'espoir.

Edgar secoue catégoriquement la tête et s'amuse à arracher l'herbe pliée sous son poids. Alice s'allonge et regarde le ciel en réfléchissant à un nouveau divertissement.

- On se raconte nos secrets ?

- Tu commences, ordonne le garçon en s'allongeant près d'elle.

- Je voudrais que tu sois mon amoureux. Je rêve de toi, parfois, et maman me dit que c'est l'amour. Toutes mes copines seraient jalouses, en plus, parce-que tu es le plus beau.

Edgar se redresse sur son coude et après quelques minutes d'hésitation, il lui jette sa poignée d'herbe à la figure.

- L'amour c'est pour les filles, s'exclame t-il en se relevant tandis qu'Alice recrache l'herbe.

Il s'éloigne et laisse la petite fille allongée par terre, le cœur gonflé par les larmes.


Alice secoue la tête et passa sa main dans ses cheveux.

- Tu n'étais pas mieux. Il t'a fallu du temps mais tu étais aussi amoureux de moi, au final.

Il lui avait lâché cette bombe en début de cinquième année, pile au moment ou Dorcas avait avoué son attirance pour lui et qu'Alice commençait à s'intéresser à Franck. C'était une matinée d'Octobre, un petit peu semblable à celle qu'ils vivaient actuellement. Il lui avait donné rendez-vous dans une salle de classe vide et lui avait avouer ses sentiments grandissant d'années en années.

Elle l'avait rejeté, le souvenir de cette petite fille qu'il avait laissé, le cœur brisé lui revenant à la mémoire. Elle lui avait déballer ses craintes et ses peurs qu'elle gardait en elle depuis petite fille, cette peur d'être rejetée et de ne jamais être aimée. Elle lui avait tout dit, en passant par ses peut-être sentiments pour Franck et l'attirance de Dorcas. Il n'avait prononcé aucun mot et elle avait dû claquer des mains pour obtenir une quelconque réaction de lui.

Il s'était contenté de lui embrasser la joue, puis le coin des lèvres et avait dit accepté de laisser sa chance à Dorcas si rien ne se faisait entre eux mais qu'en échange, elle devait lui promettre de bien réfléchir à une possible relation avec lui. Elle l'avait fait, elle s'était vraiment posé la question et encore aujourd'hui, dans ses moments de nostalgie, elle revenait sur cette décision qu'elle avait dû prendre un an auparavant.

- Je te rend nerveuse, souffle t-il, charmeur, en se rapprochant d'elle doucement.

Il lui tend la main qu'elle finit par attraper pour se relever.

- Je n'aurais pas dû te laisser partir avec lui. J'aurais dû te montrer que je suis capable de t'aimer, chuchote t-il en passant sa main sur la joue de la jeune fille.

Elle se sent défaillir et ferme les yeux sous la caresse du garçon.

- Tu as profité d'elle, t'es pas une bonne personne.

- Je pensais tout le temps à toi. J'ai profité d'elle, certes mais c'est parce-que je n'arrivais pas à te faire quitter mes pensées.

Il patiente quelques secondes et glisse sa main dans le creux du dos d'Alice.

- Je suis sûre qu'il ne t'as jamais fais ressentir ça, même avec de simples caresses. Je peux te donner tellement plus que lui Alice, tellement plus.

Elle ouvre les yeux pour croiser le regard bleu d'Edgar. Ses yeux brillent d'un éclat qu'elle ne lui avait jamais vu et lui font perdre ses dernières bribes de raison. Sans même réfléchir, elle scelle ses lèvres à celle du garçon et se laisse emporter dans des plaisirs interdits.

Keeping It Real (fanfiction harry potter époque maraudeurs)Des histoires addictives. Découvrez maintenant