"Je marche, je fuis peut-être. Je sens juste que je suis en danger. L'extérieur est un danger, la pénombre en est l'auteur. Ma respiration semble essouflée, mes jambes se mouvent plus vite que de raison.
Le Ciel s'est couvert d'un coup, les nuages et le vent ont tout balayé depuis près d'une heure. Je marche toujours, les courants d'air balançant mes cheveux de tous côtés m'empêchant d'y voir ce que je fuis. Et je la sens derrière moi, elle me suit telle un guetteur attendant l'instant propice afin de m'attraper définitivement.
Elle vit. La Chose qui me traque inlassablement a une conscience.
Soudain, la traque prend une nouvelle tournure, elle s'accélère sans que j'y prenne garde. Les émotions se succèdent; surprise, solitude, rage puis peur. J'ai horriblement peur, mes membres s'exécutent automatiquement comme s'ils répètaient un morceau bien maîtrisé. Un sentiment de lourdeur me suit, se rapproche. Je sens qu'elle est proche. Elle s'apprète à me bondir dessus.
Un, deux, trois... ISSELIA !"
Mon cerveau se vrilla tant le son de la voix qui me réveilla y résonna fort. Mon nom "Issélia" se répercuta contre les cloisons de mon crâne. J'ouvris les paupières encore sonnée par ce réveil matinal peu banal. Un coup d'oeil à ma montre m'indiqua sept heures.
_ Dépêche toi marmotte, on est déjà en retard pour le petit-déjeuner, me lança Claire amicalement.
Je marmonnai quelques mots incompréhensibles à l'oreille humaine et entreprit d'aller faire ma toilette. L'eau froide glissa le long de mes muscles engourdis et crispés de la nuit agitée que je venais de passer. Est-ce que mes amis avaient remarqué des phénomènes anormaux ? Si oui, quelles seraient leurs réactions ?
Je soupirai. Mon ancienne meilleure amie me manquait tellement. A elle, je pouvais me confier sans crainte d'être jugée. De plus, je n'avais pas de secret. Le souvenir de mes aveux à Sylvain me revint en mémoire. Je scruterai sa réaction en me voyant tout à l'heure. Il était hors de question qu'il m'ignore pour quelque chose d'aussi lourd à porter.
J'enfilai un chemisier blanc et un pantalon serré en jean. J'attachai mes cheveux bruns en queue de cheval. Claire continuait à m'appeler d'une voix tonitruante. Je lâchai un petit "J'arrive" convaincant et partis en direction de la salle à manger de l'hôtel avec mon amie.
En entrant dans la salle, je priai pour qu'aucun des élèves ne nous remarquent. Pourtant à la seconde où je posais mon pied dans la pièce, tous nos camarades commencèrent à tourner leur tête dans notre direction. Mes joues s'empourprèrent, je baissai les yeux. Madame Browny nous acheva d'un regard. J'espérai que notre escapade nocturne soit encore un secret... sinon Marc me tuerait sur le champs. D'ailleurs, je n'osai même pas le regarder en face.
Claire me chuchota:
_ On dirait qu'ils sont tous au courant...
_ J'espère pas... Allons nous excuser. Peut-être que c'est juste pour ça.
_ Oui...
On s'approcha de la table des adultes. Je saluai du regard Mademoiselle Fernandez et recentrai rapidement mon attention sur les propos de Madame Browny qui avait l'air en colère. Ses yeux avaient perdu le peu d'éclat qu'ils possédaient et son chignon pendait mollement au gré de ses agitations. A fond de moi, je respirais de nouveau. Son sermont ne concernait que notre retard.
" Tout va bien, elle n'a rien remarqué et par conséquent, les élèves non plus."
Claire hochait la tête en continue. Sûrement acceptait-elle de jouer la comédie pour moi. Je n'étais pas habituée à commettre des infractions surtout quand celles-ci pouvaient tourner mal. Le sermont de Madame Browny prit fin. Elle parût se ressaisir avant de nous dire:
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Les Porteurs d'Hesperūs
FantasyLe jour de son anniversaire, deux mystérieuses personnes mettent fin à la vie d'Issélia. Elle se retrouve alors dans un hôpital avec une nouvelle famille. Où sont ses parents ? Peu de temps après, de mystérieuses silhouettes noires glissent le long...