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  Une semaine était passée depuis ma rencontre avec Diana, et nous étions aujourd'hui le samedi 1er février, le jour où Harry fêtait ses 18 ans. J'avais absolument tout prévu pour qu'il passe une belle journée. Mon programme était simple et banal pour un jour d'anniversaire, mais j'avais tout misé sur la fin et j'étais plus qu'impatiente de voir la tête qu'il ferait.


Avec Anne, la mère d'Harry, j'avais comploté une petite surprise. J'allais débarquer chez mon meilleur ami à l'improviste puis je lui offrirai ce que j'avais appelé « son petit cadeau » . Ensuite nous mangerons chez lui, puis je l'emmènerai au cinéma pour voir « Expendable 3 » , le film dont il me parlait depuis des jours mais que je refusais catégoriquement de regarder avec lui.


Une journée simple, un peu banale et sans surprise, je vous l'accorde. Mais c'était sans compter Diana, le « bouquet finale». Le lendemain de notre rencontre, elle m'avait téléphoné pour me dire qu'après avoir murement réfléchi, elle acceptait de venir. Je m'étais retenue de crier « JE LE SAVAIS, TU NE PEUX PAS RESISTER », sinon je ne sais pas comment elle aurait réagi. Je m'étais ensuite arrangé avec elle pour prévoir l'heure et le lieu où elle arrivera. Au téléphone, j'avais pu sentir son stress et son inquiétude, j'avais donc tout fait pour la rassurer. Mais je la comprenais entièrement. Elle allait revoir le garçon qui la fait souffrir pendant des mois, et personne ne sait quelles réactions allaient-ils avoir tous les deux.
Je crois que j'étais encore plus impatiente qu'Harry. Je ne me faisais pas trop d'idées mais si un nouveau couple se formait, j'en serais plus qu'heureuse. Enfin, il faut déjà qu'ils se parlent sans pleurer et hurler. Chaque chose en son temps.


Et là, ce qui m'importait le plus, c'était de faire un gâteau à Harry. Anne m'avait dit que ce n'était pas la peine mais j'avais insisté. Je n'allais quand même pas venir les mains vides.


J'étais dans la cuisine, mes cheveux coiffés en un chignon fait à l'arrache, et mon corps vêtu d'un tablier de cuisine. Moi et la cuisine, ça faisait Mille. J'étais nulle au point de rater un œuf au plat. Je voulais faire un gâteau somptueux pour l'anniversaire d'Harry, après tout on n'a pas 18 ans tous les jours. C'est pourquoi il était 9h du matin, et j'étais déjà dans la cuisine. J'avais fait les courses et acheté tous les ingrédients nécessaires et ceux-ci étaient maintenant éparpillés n'importe comment sur la table de la cuisine. Farine, œuf, chocolat, glaçage et tout ce qui va avec. Mais bien sûr, comme si tout dans ma vie devait être une épreuve, il me manquait l'élément indispensable: le récipient. Pour faire la pâte du gâteau, j'avais besoin du plus gros récipient et forte heureusement j'en disposais d'un. Seulement, il était situé dans un des placards du haut de la cuisine, des placards que ma petite taille m'empêchait d'atteindre. J'avais sauté pour l'attraper mais rien n'y faisait, j'étais trop petite !


J'avais pensé à monter sur une des chaises bancales de la cuisine mais rien qu'en posant mes yeux sur elles je me voyais déjà à l'hôpital avec un pied dans le plâtre. C'est alors que j'eus une idée. Je pris de l'aspiration et criai:


- LOUISSSSSS !


Un silence complet. En même temps il était 9h du matin, mon frère ne devait même pas être debout. Mais le bruit d'une porte qui claqua me fit changer d'avis. S'en suivis des pas d'éléphants dans les escaliers auxquels je m'étais habitué depuis un bon nombre d'années déjà, puis je vie mon frère débouler dans la cuisine, cheveux en pétard, habillé d'un jogging et d'un sweat, et l'air furax.


- Je peux savoir pourquoi tu gueules comme ça à 9h du matin ?!
- Désolé, je ne voulais pas te réveiller, dis-je en faisant la moue.
- Tu ne m'as pas réveillé, je le suis déjà depuis longtemps, c'est juste que là, tu m'as dérangé alors que j'étais au téléphone !


Attendez. Louis Tomlinson. Réveillé avant 9h du matin ? Étrange.


- Au téléphone tu dis ?
- Oui, acquiesça mon frère en détournant le regard.
- Avec qui ? Demandais-je, curieuse.
- Ca ne te regarde pas fouineuse.

J'haussai les sourcils, surprise.


- Oh mais c'est bon, je suis ta sœur quand même !
- C'est justement pour ça que je ne te dirai rien.
- Mais Louis !!


Je croisais mes bras sur ma poitrine et affichai une mine boudeuse a laquelle il ne résistait jamais très longtemps. Sauf que la réponse à ma question me venu toute seule, comment ne pas s'en douter. Un sourire narquois apparu au coin de mes lèvres.


- C'est avec Eleanor n'est-ce pas ? Le questionnais-je en lui adressant un clin d'œil taquin.


Les joues de Louis s'empourprèrent ce qui me fis rire. On n'était pas jumeaux pour rien.


- Bon, pourquoi tu m'as appelé ? Demanda-t-il en changeant de sujet.


Je savais qu'il allait dire ça, mais lui savait que je ne laisserai pas tomber.


- C'était Eleanor ? Répétais-je.
- Oui, c'était elle, et alors ? S'exclama Louis, exaspéré.
- Ca avance entre vous ?


Mon frère paru surprit par ma question et haussa les sourcils pour faire mine qu'il ne comprenait pas de quoi je voulais parler, ce qui me fit lever les yeux au ciel.


- C'est bon, ce n'est pas comme si personne n'était au courant ! Tout le monde sait que--
- Au courant de quoi, me coupa-t-il, Eleanor et moi sommes juste ami, rien de plus, d'accord ?


Je pouffais de rire.


- Pas à moi Louis, je te connais mieux que quiconque.

Je me rapprochais de lui et lui fis un petit sourire rassurant.


- Tu sais que tu peux tout me dire.


Mon jumeau souffla fortement et baissa le regard quelque instant pour ensuite le relever vers moi.


- Très bien. J'admets qu'elle me plait. Il souffla doucement et je remarquai ce petit sourire qu'il avait sur les lèvres. C'est vrai, elle est belle, intelligente, drôle et... irrésistible.


Louis baissa le regard l'air pensif et se mordit la lèvre.


- Et pourquoi vous ne sortez pas encore ensemble alors ?


Mon frère haussa les épaules.


- Tu vas trouver ça stupide mais, j'ai peur qu'elle ne ressente rien pour moi. Elle est tellement belle qu'elle pourrait avoir n'importe quel mec, alors pourquoi elle me choisirait ?


Je lui souriai doucement. Le grand Louis Tomlinson qui avait gêné, qui a peur qu'une fille le rejette, et qui n'avait pas confiance en lui, c'était du jamais vu.


- Sauf qu'elle ne veut pas n'importe quel mec, elle te veut toi.
- Comment peux-tu le savoir ?
- Tout est dans le regard.


Mon frère me fixa longtemps de ses iris d'un bleu similaire au mien, l'air pensif. Puis il secoua la tête, comme pour sortir de ses pensées et il se gratta l'arrière du crâne.


- Bon, tu voulais quoi ?


Ah oui, le gâteau !


- Est-ce que tu peux me chercher le récipient vert tout en haut du placard s'il te plait ?


Mon frère haussa un sourcil, perplexe, puis éclata de rire.

- C'est pour ça que tu m'as appelé ?
- Bah, hum, oui.


Il rigola encore plus fort tandis que je ne comprenais rien à ce qu'il se passait.


- Alors comme ça on est trop petite ?
- Très marrant, je suis morte de rire, bon tu me le cherche ce plat ?


Louis adorait m'embêter et me narguer.


- Tu me donnes quoi en échange ? Demanda-t-il avec un sourire narquois.


Alors là, je vais le buter. Je mis ma main sous mon menton d'un air pensif.


- Attends laisse-moi réfléchir, dis-je en levant mon regard au ciel, le droit de te la fermer ça te va ?

- Bon bah dans ce cas tu vas pouvoir gentiment prendre une chaise et aller te le chercher, ce plat.
- Louis ! Je vais me casser une jambe si je monte là-dessus. Allé sois cool, aides moi un peu !


Mon frère soupira lentement, toujours avec ce sourire de salaud sur ces lèvres.


- Alors, tu dois répondre à ma question.


Je ne le sentais pas, mais alors vraiment pas. Louis avec un sourire narquois sur les lèvres, c'était toujours mauvais signe. Encore plus lorsqu'il vous posait cette question. Je soupirai doucement, m'attendant au pire.


- Bien, poses ta question, je croisais les bras sur ma poitrine.


Le sourire de mon frère s'agrandit.


- Il se passe quelque chose entre toi et Niall ?


Oh. Mon. Dieu.


Alors celle-là, je ne m'y étais pas attendu. Mais alors, pas du tout. Ma respiration s'accéléra tandis que je m'efforçais à ne pas écarquiller mes yeux. A quoi je m'attendais ? A ce que Louis reste dans l'ignorance encore longtemps ? Il n'était pas seulement mon frère, mais mon jumeau, il savait tout de moi mis à part mes sentiments pour son meilleur ami, mais il était évident qu'il s'en rende compte un jour. J'aurais voulus lui dire la vérité, lui raconter comment un simple regard m'avait faite tomber amoureuse de Niall, lui expliquer mes peurs, mes craintes. Seulement, j'en étais incapable, je n'étais pas prête. Il y a des moments pour dire certaines choses, et je voulais d'abord éclaircir la situation avant de tout révéler à mon frère. Il fallait juste que je sois sûr de moi, sûre de vouloir mettre en péril mon amitié avec Niall et lorsque je serais prête, alors j'avouerai tout à mon frère. C'est d'ailleurs la première chose que je ferai après avoir mis au claire la situation. Ce n'était plus qu'une question de temps désormais.


- Je ne vois pas pourquoi il se passerait quelque chose entre lui et moi, dis-je d'un air supérieur en me forçant à regarder ailleurs pour ne pas qu'il remarque que je mentais.


Louis sourit narquoisement, encore.


- Tu crois que je n'ai pas remarqué comment il te regarde.


Cette fois, mes yeux s'arrondirent sans que j'essaye de les en empêcher. Je n'en croyais pas mes oreilles. Je croyais que mon frère m'avait grillé puisque je ne pouvais pas passer une minute sans lancer un regard au blond, mais non, il l'a grillé LUI ! Mais alors, ça veut dire que Niall...


- Quoi comme regard ? Demandais-je en interrompant toute pensée pour ne pas m'emballer.
- Lorsque tu n'es pas dans les parages, il te cherche toujours du regard, et il écoute même plus quand on lui parle tellement il semble inquiet. Puis quand enfin il te voit, il redevient serein mais ne peut pas s'empêcher de te regarder.


Mes joues se tintèrent de rose alors qu'un sourire timide se plaça sur mes lèvres. Comment ai-je fais pour ne jamais remarquer ça ?


- Le pire, continua-t-il en riant, c'est quand Zayn vient te parler au lycée. Alors là, il voit tout rouge le blondinet !


Bordel de merde. Il est jaloux. Niall est jaloux. Mais donc... il doit ressentir des choses pour moi, non ? Je veux dire, il tente de m'embrasser, il me fait des crises de jalousie, il me dessine sous tous les angles, il ne fait que me regarder. Comment ne pas être confuse ? Mais bon, s'il ne fait pas le premier pas, c'est moi qui le ferai, quand je serai prête bien sûr.


- D'ailleurs en parlant de Zayn, dit mon frère, soudain plus sérieux, tu... tu veux que j'intervienne ?


Mes sourcils se froncèrent.


- Pourquoi ?
- Ecoutes, je sais bien que t'es la cible de Zayn. Je ne voulais pas me mêler de tes affaires mais, je ne veux vraiment pas que tu souffres à cause de lui. C'est un connard avec les filles.


Toujours le même discours.


- Je le sais Louis, répondis-je doucement, mais je ne l'aime pas, je ne ressens rien pour lui.


Il me fit un sourire timide.


- Promet moi de t'éloigner un peu de lui.
- C'est ce que j'essaye de faire mais il revient toujours à la charge. Tu le connais, tu sais que lorsqu'il veut quelque chose il ne lâche rien. Mais bon soit, je te promets de m'éloigner de lui un maximum.


A vrai dire, je ne parlais plus vraiment à Zayn ces temps-ci. Depuis notre rendez-vous, je lui en voulais. Déjà car son caractère de merde avait pris le dessus mais aussi parce qu'il s'était montré froid avec moi et m'avait traité comme une merde. Depuis il m'avait envoyé quelques messages, et essayait toujours de me parler au lycée, mais je me forçais à l'ignorer. Il se croyait tout permis et son arrogance me tapait sur le système !


- Bien, lança Louis en souriant, je pense qu'il faut que je te le cherche maintenant, ce récipient.


Ah oui ! Le gâteau. J'hochais la tête et Louis, dont la taille était supérieure à la mienne d'au moins bon dix centimètres, partit chercher le récipient avec facilité. Foutu grand. Il revint vers moi en me tendant le plat.


- Merci.
- De rien, petite !


Je lui donnais une tape sur l'épaule ce qui le fit rire.


- C'est pas vrai, je suis pas petite !
- Mais oui bien sûr, rigola Louis en partant de la cuisine, toujours en riant.
- Embrasses Eleanor de ma part ! Lui criais-je en espérant qu'il comprenne mon sous-entendu.
- Je t'emmerde Rosa !


Oui, il l'avait compris.


Rosa.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant