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Mais lorsque Mercedes mit sa carte pour ouvrir la porte, j'eus comme un déclic. Je ne pouvais pas faire ça. Même si Eliza était en train de s'amuser, même si elle me mentait, rien ne me disait qu'elle me trompait. Je l'aimais plus que n'importe quoi sur cette terre, je ne pouvais pas lui faire ça. Des larmes incontrôlées coulèrent sur mes joues. Je sanglotai à grands bruits. Mercedes ouvrit la porte et se retourna interloquée.

— Hey Alycia, ça va ?

— Oui, oui, je... désolée... je ne peux pas faire ça...

Et je partis en courant en direction de ma chambre.

— Attends ! Alycia !

Je ne lui répondis pas et ouvris ma porte. Je m'écroulai contre cette dernière et pleurai à chaudes larmes. J'entendis Mercedes frapper et m'appeler, mais je ne pouvais pas lui répondre. J'étais incapable de parler, noyée dans mes larmes.

— Alycia ! Alycia, ouvre-moi... dit-elle en continuant à frapper. Alycia, je comprends si tu ne veux pas aller plus loin, j'ai compris que tu allais mal en ce moment, je ne t'en veux pas, ouvre-moi...

Elle se tut, frappa, arrêta. Je croyais qu'elle était partie quand j'entendis de nouveau sa voix.

— Alycia, laisse-moi t'aider... Je ne vais rien faire, je ne vais rien tenter, je te promets, mais je suis sûre que tu as besoin d'aide. Laisse-moi essayer de te consoler... Alycia, s'il te plaît...

Elle avait l'air si sincère. Et je venais tout juste de jouer avec ses sentiments. Je lui devais bien ça. Puis elle avait raison, j'avais besoin de parler à quelqu'un. Je reniflai un grand coup, me redressai du mieux que je pus, en titubant, et ouvris la porte. Mercedes fut surprise et se jeta dans mes bras. Elle me serra fort contre elle. Mine de rien, ce geste de douceur eut pour effet de détendre mes muscles. Je me sentis un peu mieux. Elle finit par me lâcher et ferma la porte. Je lui fis signe d'entrer et allai m'asseoir sur le bord du lit. Elle se dirigera dans la salle de bain et en ressortit avec de quoi me moucher. Je lui souris quand elle me le tendit, me mouchai.

— Merci... Je suis désolée... dis-je d'une petite voix.

— Pourquoi tu t'excuses ?

— J'avais compris depuis longtemps que tu t'intéressais à moi et j'ai joué avec toi en t'embrassant ce soir... Je ne voulais pas te faire du mal...

— Si y a que ça, je finirais bien par te pardonner ne t'en fais pas. Si tu as fait ça sans en avoir envie c'est parce que quelque chose ne pas dans ta vie, mmh ? En plus de l'alcool je veux dire... J'ai bien compris quand tu es venue me demander si tu voulais qu'on sorte ce soir que tu faisais ça pour oublier tes tracas du quotidien. J'ai bien vu que ça faisait une semaine, un peu plus, que tu allais mal...

— Et je pense que c'est pour ça que je me suis jetée sur toi. Je veux dire, ta façon de te préoccuper de moi, de me comprendre, ça t'a rendue très désirable, et ma tristesse combinée à mon ivresse a fait que... voilà.

— Je ne t'en veux pas, je comprends. Mais dis-moi ce qui ne va pas, je peux peut-être t'aider.

J'hésitai un peu avant de commencer. Je ne voulais pas lui faire encore plus de mal. Mais je finis par tout lui raconter. Ma relation avec Eliza, ses possibles mensonges, la photo sur Instagram, mon intarissable tristesse, et comment j'en étais arrivée à cette soirée. Elle me laissa parler sans m'interrompre. Cela faisait un bien fou de dire tout à voix haute. Lorsqu'elle sentit que j'avais fini, Mercedes prit la parole.

— Tu sais, pour la photo Instagram, peut-être qu'elle est réellement avec sa famille, qu'il s'est passé quelque chose d'assez grave, d'assez important, pour qu'elle ne puisse pas te contacter, mais qu'elle s'est permis un écart une soirée avec ses amies pour décompresser, pour s'échapper de la réalité, comme toi ce soir.

Until Our Final Journey To The GroundDes histoires addictives. Découvrez maintenant