Près de trois semaines s'étaient écoulés, depuis la petite soirée que j'avais passée au côté de l'homme que j'aimais par-dessus tout. Trois semaines compliquées, qui ont été marquées par les allés retours à l'hôpital, une fatigue extrême. Mais pour moi, il était temps de retourner à New-York, car les cours commençaient dans trois jours. Ma valise ouverte, gisant sur le sol, je commençais à la remplir de tout ce dont j'avais besoin.
D'un côté, j'étais content de partir. J'étais content de reprendre en main ma future vie professionnelle, mais surtout, de retrouver la ville. New-York avait un paysage que j'appréciais beaucoup, et qui m'avait manqué quand j'étais retourné à Seattle. Mais d'un autre côté, j'allais devoir dire au revoir aux êtres qui comptaient le plus dans ma vie. Même si j'allais les revoir dans quatre mois, ça allait être long.
Ces deux mois à Seattle avaient été mouvementés. J'avais appris pour ma maladie, j'ai retrouvé Jordan et James. Ma chimiothérapie ne c'était pas super bien passé. Beaucoup d'événements, pour un homme malade. Ça faisait beaucoup. Mais j'avais eu la chance de retrouver James, l'homme que je n'avais cessé d'aimer, l'homme qui n'avait jamais cesser de m'aimer.
Le bruit de mon téléphone me sortit de mes pensées. Je le pris dans mes mains, pour voir le nom de James écrit sur mon écran. Je décrochai, des papillons dans le ventre.
- Je suis devant chez-toi. Ouvre moi.
Il raccrocha. Il était sec. Il était bizarre. J'ouvris grands les yeux, et jetai mon téléphone sur mon lit. J'ouvris la porte de ma chambre, pour descendre les escaliers deux à deux, avant d'ouvrir la porte d'entrée. James était déjà là, son téléphone entre les mains. Il n'était pas souriant. Il n'avait pas la joie de vivre. Malgré ça, il posa ses lèvres sur les miennes, avant de rentrer dans la maison.
- Super ta joie de vivre.
- Adam... Faut que tu vois ça.
Je levai un sourcil, alors qu'il c'était déjà rendu dans le salon. Je le rejoignis, et ce dernier était assis sur le canapé, se rongeant les ongles. Il avait l'air stressé. Il n'avait pas l'air bien. Pourquoi ? Je m'assis à ses côtés, posai ma main sur sa cuisse, à la recherche d'une éventuelle réponse.
- Je... Dans tous les cas, tu devais le savoir.
Il prit la télécommande, alluma la télé, et reposa son dos sur le dossier du canapé. Je ne comprenais vraiment pas ce qui se passa. Je tournai mon regard vers la télévision, et vis marqué en gros "Breaking News".
- "Il y a quelques mois, Jason Melton, le mari de Catherine Melton, c'était donné la mort dans la prison de haute sécurité de Seattle. C'est avec effroi que les gardes pénitenciers ont trouvé, ce matin, le corps sans vie de Catherine Melton, pendu dans sa cellule, à l'aide de ses draps de couchages".
Ces mots, les mots que les présentateurs prononçaient. Mes yeux restaient rivés sur la télévision, alors que j'entendais des pas derrière moi. Je savais qu'il s'agissait de mes parents : ils étaient tous les deux dans leur chambre, en train de regarder une émission. La nouvelle a dû interrompre toutes les chaînes. Leurs crimes avaient fait le tour du pays, ainsi que le tour du monde. Ils étaient même surnommés : le couple de l'horreur.
- "Rappelez-vous. Ce couple avait été accusé, il y a maintenant deux ans de cela, des meurtres de plus de dix jeunes adolescents, pour leurs orientations sexuels. L'un d'entre eux à eu la chance d'échapper à leurs griffes, Adam Pearson."
Je vis mon image défilé à la télé, et mon cœur loupa un battement. Encore une fois, tout le pays allait voir ma tête aux informations. Mais là, cela ne m'importait peu. C'était pour une bonne cause. Elle n'était plus de ce monde. Je ne me réjouissais de la mort de personne, normalement. Mais elle et son mari l'avaient mérité. Ils avaient ôté la vie à plusieurs adolescents, qui n'avaient rien fait. Ils étaient des monstres.
-"L'ancienne psychiatre, alors âgée de quarante ans, a écrit une lettre avant de se suicider, que nous ne pourrons divulguer. Nous avons simplement l'information suivante : elle s'est suicidée, pour continuer ce qu'elle avait à faire, dans un autre monde".
Je pris la télécommande, et éteignis la télévision. Je pouvais sentir le regard de mes parents sur moi, ainsi que celui de James. Ils pouvaient peut-être penser que je n'allais pas bien, mais en fait, tout allait pour le mieux. Elle n'était plus là. Je n'allais plus du tout vivre dans la peur, dans la crainte qu'elle pourrait échapper à la prison. Elle était morte. Pour de bons.
- Qu'est-ce que vous avez à me regarder comme ça ?
- Adam...
Ma mère s'approcha de moi, et vint s'asseoir à mes côtés. Mon père restait derrière le canapé, muet.
- C'est normal si ça te fait quelque chose... Après ce que tu as vécu...
- Je ne ressens rien, sauf de la joie. Elle le méritait. Tout comme son mari.
Ma mère acquiesça légèrement, et me prit dans ses bras. Je savais que j'avais raison. Je ne souhaitais du mal à personne, d'habitude. Je n'étais pas ce genre de personne. Mais là, c'était différent. Ils avaient failli me ôter la vie. Dieu m'avait protégé, et m'avait vengé.
- Si ça ne vous dérange pas, je vais finir mes valises.
- Très bien chéri.
Ma mère me sourit légèrement, et je pris la main de James dans la mienne, pour l'emmener avec moi en haut. Pourquoi était-il si froid ? À cause de cette histoire ? Ce n'était pas de sa faute, ni de la mienne. Il ne devait pas réagir comme ça. Au contraire, c'était encore mieux pour nous, qu'elle ne soit plus là. Loin de nous deux.
- Ça ne va pas ?
Il s'assit sur mon lit, et je fermai la porte de ma chambre. Cette dernière ressemblait à un champ de bataille. Des tee-shirts traînaient pas terre, des jeans, des pulls... Je n'avais pas la tête à ranger, sachant que je devais faire ma valise. Dans tous les cas, j'avais un autre problème à régler : James.
- C'est juste que... Ça m'a fait bizarre, d'apprendre la nouvelle.
Je m'assis à mon tour sur le lit, et je sentis ses bras musclés m'entourer. Je posai ma tête sur ses pectoraux, avant de répondre.
- C'est normal. C'est vrai que pour moi aussi, c'est bizarre. Mais c'est mieux ainsi. Elle pourra nous laisser tranquille, désormais.
- Il n'y aura pas de meilleures façons, c'est sûr.
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Reste Avec Moi. [BXB]
RomansaCe livre correspond à la suite de "Garde du Corps". Je vous conseille donc de le lire en premier, pour connaître toute l'histoire, et ne pas être perdu ! Un an et demie. Cela fait un an et demie que tout est terminé pour Adam, qui a maintenant 19 an...
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