(T) "MD"

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Je trottine devant mes deux amis, faisant le moins de bruit possible. Ma barre en fer devant moi, je marche doucement le long d'un mur. Ça sent la fumée d'un feu, ça me fait légèrement sourire. J'entends des voix dont celle qui me fait monter les larmes aux yeux : celle du Commandant. Je me retourne vers mes deux coéquipiers, le sourire aux lèvres et leur chuchote "c'est lui". Ils sourient avant qu'on trottine jusqu'au campement. Les hommes ont le même réflexe, ils braquent leurs armes sur nous. Nous levons les mains en l'air.

Thomas : Lieu-Lieutenant Itturalde, Unité 46.
Commandant : Baissez vos armes.

Il sort de derrière le campement, les hommes lui obéissent.

Commandant : Lieutenant Thomas ?

Je souris en baissant mes mains.

Thomas : Oui Commandant.

Il rigole un peu avant de me faire une accolade. Je reconnais ensuite les hommes présents.

Commandant : Comment ça se fait que vous êtes pas à Paris ?

On se lâche, Hugo et Valentin viennent à notre hauteur. Hugo tend sa main vers le Commandant.

Hugo : Hugo, enchanté.

Il lui sert la main et Valentin fait de même.

Commandant : Vous venez d'où ?
Valentin : Paris.
Commandant : Venez dans le campement, à l'abris des cendres.

Nous nous installons donc dans une tente avec une croix rouge sur trois lits blancs où deux hommes commencent à nous examiner. Le Commandant revient avec Robin, un de mes vieux amis. Ils entrent avec trois bols de soupe. Nous nous jetons dessus dès qu'on les a dans les mains. Je commence donc à tout raconter, de Paris à Tours. Le Commandant a fini par partir pour nous laisser nous reposer dans nos lits.

Hugo : Je me sens enfin en sécurité...

Je ricane un peu avant que je plonge dans un sommeil incontrôlé. C'est vrai, on est enfin en sécurité.

UN AN PLUS TARD.

Je tire sur l'amas de cendre qui se trouve devant nous, cette ville est peuplée que de ça. Chartres n'est que cadavres et monstres. Valentin me couvre avant qu'on entre dans une nouvelle pièce où nous trouvons deux enfants quasiment décomposés. Cette vision ne me fait plus rien.
Une fois cette maison nettoyée nous retournons à la base où le Commandant attend notre rapport de la partie nord-est de cette ville fantôme. Nous faisons maintenant partie des Lieutenants officiels de cette base militaire, partant seuls nettoyer des zones fragiles et cherchant des survivants. On nous appelle les MD.
On a dû en un an tué pas mal de monde. Nous sommes redoutés pour notre sang froid exemplaire et aux exécutions rapides. Nous avons qu'une seule mission : tuer les mauvaises personnes.
J'ai l'impression d'avoir vrillé dans une partie sombre de moi même. Nous ne sommes plus sous la responsabilité du Commandant mais sous celle de son sous chef : Christophe Arnier.
Nous assurons donc la protection des deux-cents survivants de notre base avec une vingtaine d'autres tueurs.

Christophe : Alors ?
Thomas : Cette ville n'est peuplée que de sang, on est pas en danger pour l'instant.
Hugo : Les cendres viennent cependant du sud, faut qu'on se prépare.

Valentin part directement dans sa chambre, prenant une nouvelle paire de bottes en cuir.

Christophe : Il a quoi ?
Hugo : Rien, il a juste été en deuxième ligne aujourd'hui.
Christophe : D'accord, vous pouvez disposer.

Nous partons donc dans nos quartiers. Je croise ma belle Chloé avant de l'emporter avec moi dans ma chambre. Ses belles lèvres au goût sucré embaume et détruit mon cœur. J'enroule une de ses mèches blonde autour de mon doigt avant d'attraper ma bouteille de vodka et en boire un peu. S'en suit une nouvelle belle nuit dans ses bras, redécouvrant le plaisir d'occuper le corps de cette fille encore une fois.

Le lendemain je croise au petit déjeuner Valentin qui traverse comme une balle le réfectoire sans manger. Je me lève aussi et vais à sa poursuite. Les seuls personnes qui comptent réellement pour moi aujourd'hui sont Hugo et Valentin. Les autres viennent que loin derrière eux dans ma liste de priorités. Même ma charmante Chloé.

Thomas : Val.

L'intéressé ne m'écoute pas et traverse la cour principale où des personnes lavent des vêtements dans de gros bacs d'eau.

Thomas : Valentin...

J'arrive à attraper son bras avant qu'il se retourne violemment vers moi.

Valentin : Quoi ? Pourquoi tu m'colles ?!
Thomas : Qu'est-ce que t'as ?!

Il me regarde de haut en bas avant de se libérer de ma prise.

Valentin : Tu trouves qu'on est bien ici ?! C'est notre place ?! Où est passé ceux qu'on aimait vraiment hein ?! Et puis, qui est cette pute de Chloé ?!

Je fronce les sourcils.

Thomas : Ceux qu'on aimait sont morts putain Valentin ! Oui j'ai Chloé dans ma vie et puis même, en quoi ça te regarde sérieux ?!

Il souffle.

Valentin : T'as oublié Damien ?!!

Je me fige avant de serrer les dents.

Thomas : Da-Damien est mort putain !
Valentin : Tu as même oublier d'où vient notre nom ! T'es au courant que à chaque fois qu'on va quelque part on nous appel "MD" ? Ça vient de "Maxime" et "Damien" putain Thomas je te reconnais plus là !

Il recule. Il hurle ces mots qui me transpercent le cœur.

Thomas : Ça...Ça fait un an que Maxime est mort, tourne la page.
Valentin : Et il est mort à cause de qui hein ?

Il se rapproche de moi.

Valentin : Et qui a tué Damien hein ?? Tu oublies Hella ? Et les connards qui nous ont jetés dehors ? Tu te rappelles de Félix, Ernest, Benoit ?!

Il me crache ces mots.

Valentin : T'as oublié qu'on devait remonter sur Paris pour défoncé la gueule à ceux qui ont tuer le monde ?!

Cette fois c'est moi qui recule.

Thomas : Arrête de parler d'eux.
Valentin : Non ! Non j'arrêterais pas ! Je voulais enterré Damien ok ? C'était mon putain de pote !

Il commence à pleurer.

Valentin : On devait pas rester longtemps dans ce camp. On devait retourner à Tours putain !

Il frappe dans un panier de linge qui s'écrase au sol.

Valentin : Oublie pas d'où tu viens et avec qui, repense à Damien quand tu baises ta salope de Chloé.

Et sur ces mots il s'en va s'enfermer dans sa chambre, me laissant là les larmes aux yeux.

@Consciencesse.

_yo
•partez pas c'est loin d'être finit.

Stone {Terminé}Où les histoires vivent. Découvrez maintenant