Plus le temps passait et plus notre temps ensemble était extraordinaire, il savait comment ce comporter pour que tous soit toujours parfait entre nous. J'aimais tellement le voir, le toucher, l'embrasser que ça en devenait une vraie maladie. À combien de reprise, j'avais réussi à l'embrasser par surprise, subtilement, des dizaines, voir des centaines de fois sans vouloir me vanter. Il était si beau que ça devenait indécent rien que de le regarder trop longtemps.
Des jours étaient passés entre disputes et silence, je n'étais serein que lorsque ses bras se refermaient sur moi, enfermé là, dans ses bras, je pouvais respirer et ne pas penser au fait que ma mère se préparait doucement à notre départ. Je l'aimais plus que tous mais parfois j'aurais aimé qu'elle est un peu plus de caractère et qu'elle leur dise d'aller se faire voir en Irlande. Mais elle s'était contentait de baisser la tête. Et abdiquer. Mon père s'était réfugié dans le travail à la place de penser. C'était d'ailleurs avec lui que j'étais.
Liam n'avait pas pu se libérer pour la mâtinée, j'étais donc avec mon père à la boutique entrain de trier des cartons, parler à quelques clients, sifflotter un air qui passait et repassé dans ma tête, la fameuse chanson d'Elvis Presley qui passait dans la voiture de Liam le jour de la tempête. J'avais l'impression de le revoir à chaque fois, magnifique, des gouttelettes qui lui coulaient sur le visage tandis que ses cheveux en batailles trempés retombaient dans tous le sens. J'avais sursauté en me rendant compte que je regardais le mur, depuis environ cinq minutes. J'ai repris ma besogne sous le rire de mon père qui avait aussi remarqué que j'étais un peu ailleurs quelques minutes.
- Tu peux rentrer si tu veux ?
- Et déprimer avec les O'connel pendant des heures à parler de combien l'Irlande va plaire à toute la famille. Je suis encore persuadé que c'est du kidnapping ce qu'ils font.
Mon père s'était mit à rire franchement, le visage pourtant fatigué, un peu triste.
- Les Brighton ne se laisseront pas faire !, me dit-il avec sérieux.
- Bien dit papa !
Et je le pensais. Il était hors de question que je me laisse emmener de force pour un pays qui n'était que des origines lointaine pour moi, quelques choses de vague dans le tableau qu'était ma vie. Ce n'était pas seulement pour ne pas laisser Liam, même si son nom était noté en rouge et en capitale dans la liste des "pour rester", ma vie, mes amis, mes habitudes, mes connaissances, mon héritage étaient à Jolyport et il était hors de questions que deux petits vieux aigrie d'irlandais viennent me les arracher.
- Tu sais, commença-t-il. Il est hors de question que je quitte cette île.
Il avait dit ça sans me regarder comme avec appréhension. Et puis j'ai percuté.
- J'aime ta mère de toute mon âme, continua-t-il. Mais il est hors de question que je quitte cette île, même si je dois vivre sans elle.
Il était prêt à demander le divorce, s'il le fallait. Je l'ai déduit à la façon dont ses mains tremblaient sur les boîtes qu'il s'obstinait à ranger sans me regarder.
- Elle n'a pas envie de quitter la maison non plus, m'avoua-t-il. Mais tu sais comment elle est, elle leur tiendra tête seulement s'il en va de quelques choses de grave. Ça pourrait être son déclique.
Il avait haussé les épaules, comme si ce n'était rien. J'ai regardé mes propres boîtes.
- Je suis amoureux d'un garçon, lâchais-je.
Parce que j'en avais besoin, parce que c'était mon père, parce que j'avais peur de quitter Liam et tout le monde, parce qu'il me manquait mon Áilleacht.
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Áilleacht
RomanceC'est temps-ci, pour sa famille du moins, Gus était morose, triste, dans les nuages. En réalité, il s'ennuyait. Sa vie lui semblait sans grand intérêt et cet été là ne ferait pas exception, surtout que ses amis partaient. C'est temps-ci, pour ses p...
