Ilona est morte.
Du moins, c'est ce que je pensais jusqu'à ce qu'on me jette en prison à perpétuité pour meurtres en série. Il se trouve qu'Ilona est vivante et qu'elle crie tout au fond de... Moi.
Je ne lui ferai pas le plaisir de l'écouter, non...
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Il y a tant de silences... Mais celui-ci était sourd, je ne le connaissais que trop bien et je le détestais. Cet atmosphère me donnait l'impression de flotter mais ce n'était qu'une feinte. La dernière fois que j'ai ressenti ça, ce fut la descente aux enfers.
L'hôpital.
Dernière étape avant la cave, je m'en rappelle comme si c'était hier. Je sortais d'un coma de huit semaines et mon cerveau n'était plus le même qu'avant. La première chose que j'ai vu en ouvrant les yeux, c'est le regard déçu de ma mère. Je me suis dit: comment oses-tu ressentir ça après ce que tu as fait... Mais les mots ne sont jamais sortis de ma bouche. Ils m'ont regardée plusieurs minutes sans rien dire puis on les a fait sortir, et je ne les ai jamais revus depuis. J'imagine qu'ils avaient eu droit à quelques minutes avec moi, mais ils ont décidé de ne pas faire de commentaire sur quoi que ce soit. Peut-être que c'était mieux comme ça... Dans tous les cas, je ne comprend pas pourquoi je me retrouve ici à nouveau, deux ans plus tard.
Le plafond était si clair, si blanc, qu'il me fit mal aux yeux. Je n'avais plus l'habitude de la lumière, plus l'habitude de ces draps doux sur ma peau pâle, plus l'habitude de vivre ailleurs que dans cette cellule répugnante. J'inspire un coup et en voulant changer de position je sens deux lanières en cuir enlacer mes poignets pour m'empêcher de bouger. C'était trop beau pour être vrai...
Le bip sonore de l'électrocardiogramme me berçait, j'étais persuadée que je l'entendais dans mes rêves mais c'était bien la réalité, ou alors tout ceci n'est qu'un horrible et frauduleux cauchemar. Mais dans ma tête, le tambourinement incessant avait disparu, comme par magie. Je finis par réussir à bouger mon crâne pour observer autour de moi, mais la pièce était complètement vide. Quel honneur, une chambre pour moi toute seule, je ne savais pas qu'on offrait ce genre de choses aux criminels.
La porte d'entrée s'ouvre doucement et une infirmière entre timidement suivie d'un homme en blouse blanche. Elle m'observe de ses grands yeux bruns, ses mains tremblaient et le docteur pose sa main sur son épaule pour la rassurer.
-Ça ira, je vais m'occuper d'elle, retournez dans votre secteur.
-B-Bien monsieur...
Elle repart comme elle était venue et je fixe le type sur mes gardes. Pourquoi il veut me voir seule? Qu'est-ce que ça veut dire "Je vais m'occuper d'elle" ? Serait-ce un détraqué sexuel?
-Bonjour Ilona. Comment te sens-tu?
Je fais les yeux ronds, peu sûre d'avoir compris la question. En fait, je n'étais plus habituée à de telles banalités. Ces derniers temps, quand je me levais le matin j'avais droit à une insulte et des gestes obscènes. Si ça se trouve il essaie de me mener en bateau en faisant mine de s'intéresser à moi, pour ensuite sortir des instruments de torture si je ne répond pas à ses questions.
-Comment je me sens...
Je ris amère, je ne sais pas exactement ce que je devrais ressentir dans une telle situation. C'est logique en même temps, je me suis endormie sur le caillou qui me servait de lit en prison et je me réveille dans un hôpital. Vu comme ça, c'est comme si j'étais directement passée de l'enfer au paradis. Oh... Si ça se trouve... Ça y est! Je suis enfin morte?! Non, ce serait trop beau...