Chapitre 6

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Éblouie par les rayons du soleil qui passent à travers les fins rideaux accrochés aux fenêtres de ma chambre à coucher. Sachant que je ne vais pas me rendormir, j'ouvre les yeux et sors de mon lit. Je plonge mes pieds à l'intérieur de mes chaussons en fourrures. J'enfile un gilet et vais prendre mon petit déjeuner. Deux tartines de beurre et une tasse de café feront parfaitement l'affaire. Tout en mangeant avec appétit mon repas matinal, je repense à l'agréable soirée que j'ai passé hier en compagnie de monsieur Black -agréable si l'on oublie son début. Je n'en ai d'ailleurs touché aucun mot à Clémence, Coraline ou encore les autres, sachant pertinemment qu'ils me poseront des milliers de questions. Et puis, ce n'était qu'un dîner entre voisins, et il a voulu se montrer gentil avec moi suite à mon léger accident. Je finis mon café, pose la tasse dans le lave-vaisselle et retourne à ma chambre. J'ouvre ma penderie, me demandant quoi mettre en ce dimanche frais mais cependant ensoleillé. Je craque pour un tailleur-pantalon vert pomme, accompagné d'une chemise blanche et de petites baskets basses blanches, également. Je ne possède que des tailleurs-pantalons ou tailleurs-jupes dans ma garde robe, et je porte très rarement du sombre, étant une fan incontestée de la couleur. Étant, de plus, brune, grande et de corpulence convenable -il me semble-, les couleurs et ensembles de ce style me vont à merveilles, pour mon plus grand bonheur. Mes yeux bleus se marient avec, à peu près, toutes les couleurs, ce qui me permet de m'éclater sur mon style vestimentaire très "classique", d'après mes amis. Mes habits posés soigneusement sur mon lit, je me dirige dans la salle de bains, où je déshabille. Je me glisse sous la douche rapidement. Une fois ma toilette finit, je m'enroule dans une serviette et retourne à ma chambre. J'enfile de nouveaux sous-vêtements avant de m'habiller. Je brosse mes courts cheveux, sans rien de plus. Adepte du naturel, je ne me maquille pas, comme à mon habitude. J'entre-ouvre la fenêtre de ma chambre, et fais de même avec toutes celles de l'appartement. Je fourre dans mon sac à main mon portable, mes cigarettes, ma carte de crédit, ainsi que mes clés. Mes lunettes de soleil posées sur le bout de mon nez, je pars acheter quelques commissions à l'épicerie du coin. Je dévale les escaliers à vive allure et m'engage dans la rue. Je déambule, envoûtée par la fraîcheur du vent, mais aussi par la chaleur du soleil. J'arrive rapidement à destination. Je me stoppe, voyant la petite supérette fermée. J'aurais dû me renseigner avant. Je viens d'emménager dans le quartier, alors je ne connais pas les habitudes des boutiques du coin. Bredouille, je fais demi-tour, retournant chez moi. Je n'ai aucune envie de me rendre, en voiture, dans un grand centre commercial, alors j'abandonne l'idée de faire des courses. J'irai demain, en rentrant de l'université. En tournant au coin de la rue, je rentre malencontreusement dans quelque chose. Or, le bruit que produit la "chose" me dit que ce n'est pas "quelque chose", mais plutôt quelqu'un. Je relève la tête et m'excuse au près de la personne. Un rire m'échappe lorsque je reconnais Peter Black. En entendant mon rire, il s'attarde plus sur moi et il finit même par se joindre à moi.

"Je ne m'attendais pas à percuter l'homme le plus célèbre du pays en ce dimanche matin.
-Et je ne m'attendais pas à percuter la femme la plus charmante du pays en ce dimanche matin.
-Que faites-vous debout d'aussi bonne heure?
-J'ai une bricole à régler au studio. Et vous?
-Je voulais faire quelques courses, mais la supérette est fermée.
-Le dimanche, la plupart des commerçants du coin ferment pour être en famille.
-J'éviterai les courses le dimanche à l'avenir.
-Êtes-vous libres mademoiselle John?
-Quand donc?
-Tout de suite.
-Euh... oui, je suis libre.
-Voudriez-vous m'accompagner au studio?
-Si vous voulez, j'ai toute ma journée.
-Ça tombe bien, moi aussi. Suivez-moi."

Nous marchons une centaine de mètres à peine avant de rejoindre sa belle voiture de ville noire. Je peux voir parfaitement mon visage grâce aux reflets, c'est impressionnant. Il m'ouvre poliment la portière côté passager. Je m'engouffre dans l'habitacle et attache ma ceinture de sécurité. Peter Black fait de même. Un frisson me parcourt le corps et la chaire de poule me gagne lorsqu'il fait rugir et hurler le moteur de son sublime véhicule. Nous roulons durant une dizaine de minutes, puis Peter se gare devant ce qui ressemble à une usine désaffectée ou à un vieil entrepôt. Il me fait signe de ne pas bouger alors qu'il sort de la voiture. Il en fait le tour et m'ouvre ma portière. Je me détache, sors du véhicule.

"Si mademoiselle veut bien me suivre.
-Elle le veut bien."

Il me dévisage en souriant. Il me tend son bras, et je l'accepte. C'est alors bras dessus, bras dessous, que nous rentrons dans la bâtisse. Nous longeons un large couloir sombre, qui débouche finalement sur un grand casse. Sur les murs, des cardes sont accrochés.

"Qu'est-ce que c'est?
-Des disques d'or.
-Ne m'en voulait pas monsieur, mais je ne sais pas ce que c'est.
-Une récompense lorsqu'un album dépasse un certains nombre de ventes physiques.
-Il y en a autant que ça!?
-Apparemment, oui. Bon, je vous explique. Dans la pièce à côté, il y a les autres membres du groupe, ainsi que notre garde du corps, et deux créateurs de prod. Ils m'ont demandé de venir, mais je n'ai aucune autre information. J'espère ne pas en avoir pour longtemps. 
-Je ne bougerai pas, je vous le promets.
-Je ne vous demande pas de faire la statut, je vous informe pour ne pas que vous soyez perdue.
-Merci."

Il me sourit tendrement, puis ouvre la seule porte qui se trouve ici. Nous tombons sur une pièce assez spacieuse, où une longue banquette en cuire rouge orne le long mur face à une vitre qui cache derrière elle une seconde pièce avec des instruments, des micros et la même mousse sur les murs que celle chez Peter. Deux hommes sont assis derrière une sorte de comptoir avec beaucoup trop de boutons pour moi. Trois autres sont installés sur la banquette, à discuter. Peter s'avance, m'entraînant avec lui. Il sert la main au deux hommes assis face à la vitre, et je les salue aussi. Ce doit être les producteurs. Il m'emmène vers les trois autres hommes, qu'il sert dans ses bras un par un. Deux d'entre-eux finissent par me fixer, me mettant quelque peu mal à l'aise.

Pari risquéOù les histoires vivent. Découvrez maintenant