Chapitre 9

68 4 0
                                        

Je marche en direction de la boutique de l'amie à Monsieur Garton. Je l'ai eu il y a trois jours au téléphone et elle m'a donné rendez-vous aujourd'hui, jeudi, à dix-huit heures. Elle se trouve en périphérie du centre-ville, à une dizaine de minutes de ma salle de boxe. Ce qui sera très pratique si je travaille jusqu'à tard le mardi après-midi. J'arrive enfin devant la devanture bleu et jaune du magasin. Je rentre et la clochette au-dessus de la porte donne le signale que quelqu'un est là. La vendeuse derrière la caisse relève la tête en abordant un grand sourire.

"Bonjour mademoiselle.
-Bonjour. J'ai rendez-vous avec Maria Londa.
-Margaret Martin?
-Oui, c'est moi.
-Je suis Kim, la seule vendeuse de la boutique.
-Enchantée, alors.

Je lui tends la main, qu'elle serre dans la sienne.

-Donc Maria est dans son bureau à l'arrière boutique. C'est la porte tout au fond.
-Merci beaucoup.
-J'espère que tu auras le poste, ça me fera de la compagnie, et moins de travail.
-J'espère aussi."

Je lui adresse un léger sourire et continue mon chemin en prenant la porte menant au couloir de l'arrière boutique. Je m'arrête devant la porte du fond et toque. Lorsque Maria m'autorise à entrer, je m'exécute. Dans ce bureau simpliste et envahit par la paperasse, se trouve une femme d'une quarantaine d'année, blonde, lunette ronde, très légèrement ridée.

"Bonjour Madame.
-Oh! Ma belle, appelles moi Maria. Pas de Madame entre nous.
-D'accord, d'accord.

Je m'avance vers son bureau et lui tends une main qu'elle serre.

-Enchantée jeune fille. Marc ma beaucoup parlé de toi, et que en bien!
-Je penserais à le remercier.
-Installe toi, je t'en pris.
-Merci.

Je m'assois sur une chaise, face au bureau. Elle me sourit, chaleureuse.

-Donc, tu cherches un travail?
-Effectivement. Ce serait pour avoir une indépendance vis-à-vis de mes parents. Et puis, je sais à peu près tout faire, je ne demande qu'à apprendre, qu'à pratiquer.
-Je n'en doute pas! Et je t'avoue que je cherche désespérément quelqu'un depuis trop longtemps. J'avais deux vendeuses il y a encore un mois, mais une d'elles est partie sans demander son reste, enceinte.
-J'ai rencontré Kim.
-La pauvre! Elle est toute seule, et débordée de travail.
-Alors prenez moi!
-Tu es déterminée, j'apprécie. Quels seraient tes horaires?
-Le mardi après-midi, après mes cours à quatorze heures, le jeudi après dix-sept heures. Je peux venir le samedi, et le dimanche pour le ménage.
-Je ne t'en demande pas autant ma belle!
-Je peux, réellement.
-La boutique ferme à vingt-et-une heures tous les jours. Je voudrais soulager Kim un peu. Tu m'as dit le mardi, le jeudi et le dimanche?
-Oui. Le mardi j'ai entraînement de boxe, mais je peux arriver en retard.
-De la boxe? Que veux-tu faire plus tard jeune fille?
-Sportive de haut-niveau.
-C'est prometteur! Bon, je ne vais pas te faire attendre plus longtemps, je vais te prendre, j'ai besoin de petites mains au plus vite. Je vais te donner la paperasse tout de suite, tu repassera quand tu auras fini.
-Samedi?
-Parfait!
-Je viendrai vers treize heures.

Elle place une petite pile de papiers dans une pochette et me la tend.

-J'ai été ravie mademoiselle. J'ai hâte de vous revoir et de vous voir en oeuvre.
-Merci. Le plaisir était partagé.
-Au revoir."

Je lui serre la main, et sors ensuite du bureau. Je retourne à la boutique où je retrouve Kim. Elle me sourit aimablement.

"Alors? me demande-t-elle.
-Elle m'a pris.
-Génial!

Elle me prend dans ses bras, plus qu'amicale. Je pense que je vais aimer être ici.

-Je repasse samedi pour déposer les papiers.
-Je serais là! J'ai si hâte! Je serais moins seule.
-Bonne journée.
-À toi aussi."

Je quitte la boutique le sourire aux lèvres. Je marche un peu, et prends mon portable. J'appelle ma mère, heureuse de lui dire la bonne nouvelle.

《Dolores Martin, je ne suis pas disponible pour le moment, laissez un message ou rappelez-moi.》

Je ne vais pas perdre mon temps. Je raccroche et décide d'aller me balader un peu avant de rentrer chez moi. Je peux peut-être passer prendre quelque chose au café pour mon frère. Donut ou... Je sursaute lorsque j'entends le klaxon d'une voiture à à peine un mètre de moi. Je tourne la tête et soupire de soulagement en voyant Noah. Il me fait signe de monter avec lui. J'hésite un instant mais accepte finalement. Je monte, et m'attache.

"Je te dépose quelque part?
-Chez moi, s'il te plaît.

Il me sourit. Nous restons un moment en silence.

-Ça va?
-Euh... Oui, pourquoi dis-tu ça?
-Je demande juste. Tu semble fatiguée. Arone m'a fait la remarque...
-Il ne peut pas se mêler de ses affaires?
-C'est Arone. Tu es son attraction préférée.
-Je ne veux pas parler de lui. Parle-moi plutôt de Stella. J'ai cru comprendre que tu l'avais invité samedi pour déjeuner.
-Oui. Elle n'a pas beaucoup trop refusé.
-Elle ne mord pas Noah! N'ais pas peur d'elle.
-Elle doit sûrement tuer des gens les week-ends.
-Possible. Mais c'est pour ça qu'on l'aime.
-C'est ça le pire."

The Best EnemiesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant